La nuit, et chaque fois que vous ne voyez plus distinctement à environ 200 m, vous roulez avec les feux de croisement (ou de route) à l'avant et les feux rouges à l'arrière. Les feux de route s'éteignent dès qu'ils risquent d'éblouir quelqu'un, et les feux de brouillard ne servent que par brouillard, neige ou forte pluie. Oublier d'allumer ses feux la nuit ou par mauvaise visibilité est une faute grave à l'examen théorique (−5 points).
Dans cette leçon, vous allez apprendre à :
- Savoir quels feux allumer la nuit et quand la visibilité tombe sous environ 200 m, et pourquoi les feux de position et les feux de jour ne suffisent pas.
- Connaître les quatre situations où les feux de route doivent être remplacés par les feux de croisement.
- Distinguer les règles des feux de brouillard avant et du feu de brouillard arrière (seuil d'environ 100 m).
- Signaler correctement un véhicule à l'arrêt ou en stationnement la nuit, et utiliser les feux de détresse dans les seuls cas permis.
- Repérer les erreurs sur les feux qui comptent comme fautes graves à l'examen.
Vos feux ont deux missions : vous permettre de voir et permettre aux autres de vous voir. La règle centrale tient en une phrase : entre la tombée et le lever du jour, et chaque fois que vous ne voyez plus distinctement jusqu’à environ 200 m, vous roulez avec les feux de croisement ou de route à l’avant et les feux rouges à l’arrière (Code de la route, art. 30). Tout le reste précise quand passer d’un feu à l’autre. Ne pas allumer ces feux est une infraction du 3e degré, donc une faute grave à l’examen théorique.
L’essentiel en cinq points
- Nuit ou visibilité inférieure à environ 200 m : feux de croisement ou de route + feux rouges arrière (art. 30.1).
- Les feux de position et les feux de jour ne suffisent pas pour rouler la nuit.
- Feux de route : à remplacer par les feux de croisement face à un usager qui arrive, quand vous suivez un véhicule à moins de 50 m, et quand l’éclairage public, continu, permet de voir à environ 100 m.
- Feux de brouillard avant : seulement par brouillard, neige ou forte pluie. Feu de brouillard arrière : brouillard ou neige avec visibilité sous environ 100 m, ou forte pluie.
- Feux de détresse : seulement en panne ou chargement tombé, pour un bus scolaire, ou face à un risque d’accident imminent (art. 32bis).
Les feux de votre voiture et leur rôle
| Feu | Rôle | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| Feux de croisement | Éclairer la route sans éblouir ceux d’en face | La nuit et par visibilité inférieure à environ 200 m (art. 30.1) |
| Feux de route | Éclairer loin | Même circonstances, sauf quand ils peuvent éblouir (art. 30.1, a à d) |
| Feux rouges arrière | Être vu par ceux qui vous suivent | Toujours avec les feux de croisement ou de route |
| Feux de position | Signaler un véhicule à l’arrêt ou en stationnement | À l’arrêt ou en stationnement, la nuit ou par mauvaise visibilité (art. 31) |
| Feux de brouillard avant | Éclairer large et bas | Uniquement par brouillard, chute de neige ou forte pluie |
| Feu de brouillard arrière | Être repéré de loin par l’arrière | Brouillard ou neige avec visibilité sous environ 100 m, ou forte pluie |
La règle de base : la nuit et sous 200 m de visibilité
Ce que dit le Code
L’article 30 vise deux situations, qui déclenchent exactement la même obligation :
- entre la tombée et le lever du jour, en agglomération comme en dehors, même dans une rue très bien éclairée ;
- chaque fois que vous ne voyez plus distinctement jusqu’à environ 200 m, même en plein jour : brouillard, averse violente, chute de neige, fumée.
Dans ces deux cas, un véhicule à moteur qui circule allume à l’avant ses feux de croisement ou ses feux de route (les deux peuvent être allumés ensemble), et à l’arrière ses feux rouges. Exemple : vous quittez le parking d’un supermarché de Liège à 18 h en novembre. Il fait noir : vous allumez vos feux de croisement avant de vous engager, même si les réverbères éclairent la rue.
Pourquoi environ 200 m ?
Le chiffre est volontairement approximatif : personne ne mesure la visibilité au mètre près. L’idée est simple : si vous ne distinguez plus nettement une voiture ou un cycliste à cette distance, les autres ne vous voient pas mieux. Une voiture grise sans feux, sous la pluie, se fond dans le décor.
Les feux de position ne suffisent pas
Les feux de position, parfois appelés « veilleuses », servent à signaler une voiture à l’arrêt ou en stationnement (art. 31). Ils n’éclairent pas la route et sont peu visibles de loin. Pour rouler, l’article 30.1 exige les feux de croisement ou de route. Circuler la nuit en feux de position revient donc à ne pas allumer les feux prescrits.
Le piège des feux de jour
La plupart des voitures récentes ont des feux de circulation diurne (feux de jour) qui s’allument au démarrage. Le règlement technique les définit comme des feux avant destinés à rendre le véhicule plus visible en conduite de jour. Il précise aussi que, lorsqu’ils sont allumés, les feux de position avant et arrière et l’éclairage de la plaque arrière ne s’allument pas (AR du 15 mars 1968, art. 28). Résultat : de nuit, une voiture en feux de jour semble éclairée de face, mais elle est sombre à l’arrière. Le conducteur qui la suit la découvre trop tard.
Le réflexe à prendre : à la tombée du jour, vérifiez que le témoin des feux de croisement est allumé.
Faute grave à l’examen Ne pas allumer les feux de croisement ou de route et les feux rouges arrière la nuit, ou quand on ne voit plus distinctement à environ 200 m, est une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 19°). Rouler en feux de position seuls ou en feux de jour revient au même. Une erreur sur ce point coûte 5 points.
Et dans un tunnel ?
Les articles 30 et 31 ne contiennent pas de règle propre aux tunnels : c’est la règle des 200 m qui s’applique. Le signal F8 annonce un tunnel de plus de 500 m (art. 71.2). En entrant, vous passez souvent de la pleine lumière à un éclairage plus faible : par prudence, allumez vos feux de croisement avant d’entrer.
Feux de route : quand passer en feux de croisement
Les feux de route éclairent loin, mais ils éblouissent. Un conducteur ébloui ne voit plus rien pendant quelques secondes : il roule à l’aveugle. Le Code impose donc de les remplacer par les feux de croisement dans quatre situations (art. 30.1, 1°).
| Situation | Quand passer en croisement | Article |
|---|---|---|
| Un usager arrive en sens inverse (voiture, cycliste, piéton…) | À une distance qui lui permet de continuer aisément et sans danger ; en tout cas dès qu’il vous fait un appel de phares | 30.1, 1°, a |
| Un tram ou un bateau arrive, et son conducteur risque d’être ébloui | À l’approche, dans les mêmes conditions | 30.1, 1°, b |
| Vous suivez un autre véhicule | À moins de 50 m, sauf pendant un dépassement | 30.1, 1°, c |
| La route est éclairée | Quand l’éclairage est continu et permet de voir distinctement à environ 100 m | 30.1, 1°, d |
Le premier cas vise tout usager : un cycliste ou un piéton ébloui peut faire un écart. Le deuxième surprend souvent : sur une route qui longe un canal, dans le Hainaut par exemple, vos feux peuvent éblouir le conducteur d’un bateau. Le troisième protège celui qui roule devant vous, car vos feux se reflètent dans ses rétroviseurs. Pendant un dépassement, vous pouvez garder les feux de route.
L’appel de phares du conducteur ébloui
Si le conducteur d’en face allume et éteint rapidement ses feux de route, il vous signale qu’il est ébloui. Vous devez alors passer immédiatement en feux de croisement (art. 30.1, 1°, a). Ne répondez jamais par un appel de phares : vous l’éblouiriez davantage.
Rue éclairée : feux de croisement, jamais « sans feux »
Le quatrième cas est souvent mal compris. Une rue bien éclairée vous oblige à éteindre les feux de route, pas à éteindre vos feux. Les feux de croisement restent obligatoires pour rouler la nuit.
Attention à l’examen Garder ses feux de route face à un usager qui arrive, ou derrière un véhicule à moins de 50 m, est une infraction du 2e degré : ce n’est pas une faute grave, une erreur coûte 1 point. En revanche, rouler la nuit sans feux de croisement ou de route est une faute grave (−5). Ne confondez pas les deux.
Brouillard, neige, forte pluie : les feux de brouillard
Les feux de brouillard avant et le feu de brouillard arrière ne suivent pas la même règle. C’est l’un des pièges les plus classiques de l’examen.
| Feux de brouillard avant | Feu de brouillard arrière | |
|---|---|---|
| Quand ? | Brouillard, chute de neige ou forte pluie | Brouillard ou chute de neige réduisant la visibilité à moins d’environ 100 m ; forte pluie |
| Seuil de visibilité | Aucun chiffre | Environ 100 m (brouillard et neige) |
| Obligatoire ? | Non, permis | Oui, si le véhicule en est équipé |
| Interdit | En dehors de ces trois circonstances | En dehors de ces circonstances |
| Avec les autres feux | Peuvent remplacer les feux de croisement ou de route, ou s’y ajouter | S’ajoute aux feux rouges arrière |
| Article | 30.1, 1° | 30.1, 2° |
Pourquoi ces différences ? Le feu de brouillard arrière est très puissant. Dans un brouillard épais, il permet à celui qui vous suit de vous repérer à temps. Par temps clair, il l’éblouit et se confond avec un feu-stop.
Exemple : brouillard matinal sur la E42 près de Namur, visibilité d’environ 150 m. Feux de croisement obligatoires (moins de 200 m), feux de brouillard avant permis, feu de brouillard arrière interdit (plus de 100 m). Si vous ne voyez plus qu’à 60 m, le feu de brouillard arrière devient obligatoire.
Erreur fréquente Oublier d’éteindre le feu de brouillard arrière quand le brouillard se lève. Il devient alors interdit et éblouit ceux qui vous suivent.
À l’arrêt et en stationnement
La nuit, ou quand on ne voit plus à environ 200 m, une voiture à l’arrêt ou en stationnement sur la voie publique est signalée par un ou deux feux de position (blancs ou jaunes) à l’avant et un ou deux feux rouges à l’arrière (art. 31.1.1). Par brouillard, neige ou forte pluie, vous pouvez aussi utiliser les feux de croisement, les feux de brouillard avant et le feu de brouillard arrière.
Le feu de stationnement, en agglomération seulement
En agglomération, vous pouvez remplacer ces feux par le feu de stationnement, qui ne s’allume que d’un côté. Trois conditions : vous êtes en agglomération, la voiture est rangée parallèlement à l’axe de la chaussée, et aucune remorque n’est attelée. Seul le feu situé du côté de l’axe de la chaussée, celui qui fait face à la circulation, peut être allumé. Exemple : garé le long du trottoir de droite à Charleroi, vous allumez le feu de stationnement gauche.
L’agglomération commence au signal F1 et se termine au signal F3. Hors agglomération, le feu de stationnement n’est pas permis : ce sont les feux de position avant et les feux rouges arrière.
Sous un bon éclairage public : pas d’obligation
Ces feux ne sont obligatoires que si l’éclairage public ne permet pas de voir distinctement le véhicule à environ 100 m (art. 31.2). Sur une route de campagne sans réverbère, ils restent donc obligatoires. Attention : cette dispense vaut à l’arrêt et en stationnement, jamais pour rouler.
| Distance | Ce qu’elle déclenche | Article |
|---|---|---|
| Environ 200 m | Visibilité en dessous de laquelle les feux sont obligatoires, en circulation comme à l’arrêt | 30 et 31.1 |
| Environ 100 m (éclairage public, en roulant) | Les feux de route sont remplacés par les feux de croisement | 30.1, 1°, d |
| Environ 100 m (éclairage public, garé) | Les feux de stationnement ne sont plus obligatoires | 31.2 |
| Environ 100 m (brouillard, neige) | Le feu de brouillard arrière devient obligatoire | 30.1, 2° |
| 50 m | Derrière un véhicule plus proche, feux de croisement obligatoires (sauf dépassement) | 30.1, 1°, c |
Les feux qui parlent aux autres
Les indicateurs de direction
Avant de tourner, de changer de bande, de quitter une place de stationnement ou de dépasser, vous annoncez votre intention suffisamment à temps avec vos indicateurs de direction, et vous les coupez une fois le mouvement terminé (art. 13). Voir la leçon Changer de direction.
Les feux-stop
Le conducteur qui veut ralentir de façon notable doit l’indiquer avec ses feux-stop (art. 10.2), qui s’allument quand vous appuyez sur la pédale de frein. Au frein moteur seul, ils restent en général éteints : en cas de fort ralentissement, effleurez la pédale. L’oubli est une infraction du 2e degré.
Les feux de détresse : trois cas seulement
Faire clignoter tous les indicateurs de direction en même temps n’est permis que dans trois cas (art. 32bis) :
- véhicule en panne ou chargement tombé sur la voie publique (art. 51) ;
- véhicule de transport scolaire à l’arrêt pour faire monter ou descendre des enfants (art. 39bis) ;
- risque d’accident imminent : par exemple, vous arrivez sur la fin d’un bouchon sur la E40 et vous avertissez brièvement ceux qui vous suivent.
Ils ne servent pas à « s’excuser » d’un arrêt en double file : cet usage est interdit.
En cas de panne, les feux de détresse restent facultatifs dans le Code actuel (art. 51). Le triangle de danger et ses distances sont expliqués dans la leçon Équipements obligatoires et entretien.
Faute grave à l’examen Si vous voyez un véhicule de transport scolaire signalé dont tous les indicateurs de direction clignotent, des enfants montent ou descendent. Vous devez redoubler de prudence, ralentir fortement et, au besoin, vous arrêter. Ne pas le faire est une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 22°). Voir la leçon Enfants, personnes âgées et personnes à mobilité réduite.
L’appel de phares à la place du klaxon
Entre la tombée et le lever du jour, sauf danger imminent, l’avertisseur sonore est remplacé par un emploi court et alterné des feux de route et des feux de croisement (art. 33.3), par exemple pour prévenir un conducteur que vous allez le dépasser hors agglomération.
Motos, remorques, véhicules larges
- Motos et cyclomoteurs à deux roues : le feu de croisement et le feu rouge arrière restent allumés en permanence, même en plein jour, et le feu de route est alors interdit (art. 30bis). Rien de tel pour une voiture. Voir la leçon Motos et cyclomoteurs.
- Remorque : la nuit ou par visibilité réduite, elle allume deux feux blancs à l’avant et ses feux rouges à l’arrière, si elle doit en être munie (art. 30.3, 2°). Ne pas les allumer est une faute grave à l’examen (3e degré). Voir la leçon Chargement, dimensions et remorque.
- Véhicule de plus de 2,50 m de large : il ajoute des feux d’encombrement, blancs vers l’avant et rouges vers l’arrière (art. 30.4). Cela concerne surtout les camions et les engins agricoles, mais l’oubli est aussi une faute grave (3e degré).
Feux interdits ou réservés
Seuls les feux prévus par le Code de la route ou par les règlements techniques sont permis (art. 29) : bandes LED décoratives ou rampes de phares non homologuées sont interdites, comme tout feu rouge vers l’avant. Les feux de marche arrière ne peuvent pas gêner les autres conducteurs (art. 32.1).
Les feux jaune-orange clignotants sont réservés aux véhicules qui accomplissent réellement la tâche qui les justifie, comme une dépanneuse pendant le dépannage (art. 32.2). Les feux bleus sont traités dans la leçon Les véhicules prioritaires.
Les feux et la note de l’examen
À l’examen, il faut au moins 41/50. Une erreur ordinaire coûte 1 point ; une erreur sur une infraction du 3e ou du 4e degré, ou sur le dépassement de la vitesse maximale autorisée, coûte 5 points, et deux fautes graves entraînent l’échec, dans les trois régions.
| Infraction | Article | Degré | À l’examen |
|---|---|---|---|
| Rouler la nuit ou sous 200 m de visibilité sans feux de croisement ou de route et feux arrière (y compris en feux de position ou feux de jour seuls) | 30.1 | 3e | Faute grave (−5) |
| Remorque sans ses feux la nuit | 30.3, 2° | 3e | Faute grave (−5) |
| Véhicule de plus de 2,50 m sans feux d’encombrement | 30.4 | 3e | Faute grave (−5) |
| Ne pas ralentir près d’un bus scolaire dont tous les clignotants fonctionnent | 39bis | 3e | Faute grave (−5) |
| Garder les feux de route face à un usager, un tram ou un bateau, ou à moins de 50 m derrière un véhicule | 30.1, 1°, a à c | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
| Ne pas allumer le feu de brouillard arrière quand il est obligatoire | 30.1, 2° | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
| Ne pas signaler un fort ralentissement par les feux-stop | 10.2 | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
| Feux de brouillard utilisés sans raison, feux de détresse abusifs, clignotant oublié, feux de stationnement manquants | 30.1, 32bis, 13, 31 | 1er | Erreur ordinaire (−1) |
La liste complète des infractions qui comptent comme fautes graves est expliquée sur la page Fautes graves au permis théorique.
La méthode en quatre questions
- Est-ce que je roule ou est-ce que je suis garé ? En roulant, l’article 30 ; garé, l’article 31.
- Fait-il nuit, ou est-ce que je vois moins d’environ 200 m ? Si oui, feux de croisement ou de route + feux arrière, sans exception.
- Mes feux de route peuvent-ils éblouir quelqu’un ? Usager en face, tram ou bateau, véhicule à moins de 50 m devant moi, rue éclairée : je passe en croisement.
- Y a-t-il du brouillard, de la neige ou une forte pluie ? Brouillard avant permis ; brouillard arrière obligatoire sous environ 100 m (ou par forte pluie), interdit sinon.
Poursuivez avec la leçon Le croisement, puis La distance de sécurité.
Définitions utiles
- Feux de croisement
- Feux avant qui éclairent la route sans éblouir les usagers venant en face. Avec les feux de route, ils sont obligatoires pour rouler la nuit et par visibilité inférieure à environ 200 m (Code de la route, art. 30.1).
- Feux de route
- Feux avant qui éclairent loin. Ils doivent être remplacés par les feux de croisement dès qu'ils risquent d'éblouir quelqu'un (art. 30.1, 1°, a à d).
- Feux de position
- Petits feux blancs ou jaunes à l'avant et rouges à l'arrière, destinés à signaler un véhicule à l'arrêt ou en stationnement (art. 31). Ils ne suffisent pas pour rouler la nuit.
- Feu de stationnement
- Feu qui ne s'allume que d'un côté du véhicule. Permis seulement en agglomération, pour un véhicule rangé parallèlement à l'axe de la chaussée et sans remorque ; seul le côté de l'axe de la chaussée est allumé (art. 31.1.1).
- Feux de circulation diurne
- Feux avant destinés à rendre le véhicule plus visible en conduite de jour (AR du 15 mars 1968, art. 28). Quand ils sont allumés, les feux de position et l'éclairage de la plaque ne s'allument pas : ils ne remplacent jamais les feux de croisement la nuit.
- Feu de brouillard arrière
- Feu rouge arrière très puissant. Obligatoire, si le véhicule en est équipé, par brouillard ou neige réduisant la visibilité à moins d'environ 100 m et par forte pluie ; interdit dans les autres cas (art. 30.1, 2°).
- Feux d'encombrement
- Feux qui indiquent la largeur d'un véhicule de plus de 2,50 m : blancs vers l'avant, rouges vers l'arrière (art. 30.4).
- Feux de détresse
- Fonctionnement simultané de tous les indicateurs de direction. Permis seulement en cas de panne ou de chargement tombé, pour un véhicule de transport scolaire et en cas de risque d'accident imminent (art. 32bis).
Autorisé ou interdit ?
| Situation | Verdict | Précision |
|---|---|---|
| Rouler la nuit en ville, sous les réverbères, en feux de position | Interdit | Pour rouler, il faut les feux de croisement ou de route (art. 30.1). Faute grave à l'examen. |
| Rouler en plein jour avec les feux de croisement dans une averse qui limite la vue à 150 m | Autorisé | C'est même obligatoire : la visibilité est inférieure à environ 200 m (art. 30). |
| Garder les feux de route en dépassant une voiture la nuit sur une nationale | Autorisé | L'exception du point c vise justement le dépassement, tant qu'aucun usager n'arrive en face (art. 30.1, 1°). |
| Suivre une voiture à 30 m en feux de route | Interdit | À moins de 50 m, feux de croisement obligatoires, sauf pendant un dépassement (art. 30.1, 1°, c). |
| Allumer les feux de brouillard avant la nuit par temps clair | Interdit | Ils ne peuvent servir que par brouillard, chute de neige ou forte pluie (art. 30.1, 1°). |
| Allumer le feu de brouillard arrière par brouillard léger, visibilité 150 m | Interdit | En brouillard ou neige, il n'est permis (et obligatoire) que sous environ 100 m de visibilité (art. 30.1, 2°). |
| Allumer le feu de brouillard arrière sous une très forte pluie | Autorisé | La forte pluie fait partie des cas où il doit être allumé, sans seuil de distance (art. 30.1, 2°). |
| Laisser seul le feu de stationnement gauche allumé, garé à droite dans une rue de Namur | Sous conditions | Permis en agglomération si la voiture est parallèle à la chaussée et sans remorque ; et seulement si l'éclairage public ne la rend pas visible à environ 100 m, sinon aucun feu n'est exigé (art. 31). |
| Allumer les feux de détresse pour un arrêt en double file | Interdit | Les feux de détresse ne sont permis que dans trois cas : panne ou chargement tombé, transport scolaire, risque d'accident imminent (art. 32bis). |
| Allumer brièvement les feux de détresse en arrivant sur la fin d'un bouchon sur autoroute | Autorisé | C'est un risque d'accident imminent pour ceux qui vous suivent (art. 32bis). |
| Klaxonner la nuit pour prévenir d'un dépassement hors agglomération | Interdit | La nuit, sauf danger imminent, l'avertisseur est remplacé par un appel de phares court et alterné (art. 33.3). |
À retenir
- Nuit ou visibilité inférieure à environ 200 m : feux de croisement ou de route à l'avant, feux rouges à l'arrière, même en ville sous les réverbères.
- Les feux de position et les feux de jour ne permettent pas de rouler la nuit : l'arrière d'une voiture en feux de jour reste éteint.
- Feux de route remplacés par les feux de croisement : usager, tram ou bateau en face, véhicule suivi à moins de 50 m (sauf dépassement), éclairage public permettant de voir à environ 100 m.
- Feux de brouillard avant : brouillard, neige ou forte pluie, sans seuil chiffré. Feu de brouillard arrière : obligatoire sous environ 100 m de visibilité en brouillard ou neige, et par forte pluie ; interdit sinon.
- Garé la nuit : feux de position avant et feux rouges arrière, ou feu de stationnement côté chaussée en agglomération ; pas obligatoires si l'éclairage public rend le véhicule visible à environ 100 m.
- Feux de détresse : panne ou chargement tombé, transport scolaire, risque d'accident imminent. Rien d'autre.
- La nuit, l'appel de phares remplace le klaxon, sauf danger imminent.
- Oublier ses feux la nuit ou par mauvaise visibilité (voiture, remorque, véhicule large) : faute grave à l'examen (−5). Éblouir avec ses feux de route : erreur ordinaire (−1).
Attention à l’examen
- Attention à l'examen : une rue très bien éclairée vous oblige à éteindre les feux de route, pas à éteindre vos feux. Les feux de croisement restent obligatoires la nuit.
- Attention à l'examen : le seuil d'environ 100 m vaut pour le feu de brouillard ARRIÈRE (brouillard et neige). Les feux de brouillard avant n'ont aucun seuil chiffré.
- Attention à l'examen : par forte pluie, le feu de brouillard arrière doit être allumé, même si vous voyez à plus de 100 m.
- Attention à l'examen : 200 m (allumer les feux), 100 m (éclairage public et brouillard arrière), 50 m (véhicule suivi). Chaque chiffre a son usage.
- Attention à l'examen : garder les feux de route face à un usager est du 2e degré (−1), mais rouler sans feux de croisement la nuit est du 3e degré (faute grave, −5).
- Attention à l'examen : pendant un dépassement, les feux de route restent permis même si vous êtes à moins de 50 m du véhicule dépassé.
Erreur fréquente
- Erreur fréquente : rouler en ville la nuit avec les seuls feux de jour, parce que le tableau de bord s'illumine et que la rue est éclairée.
- Erreur fréquente : laisser le feu de brouillard arrière allumé après la fin du brouillard, ce qui éblouit le conducteur suivant et masque vos feux-stop.
- Erreur fréquente : garder les feux de route dans un virage de nuit et éblouir un cycliste qui arrive en face, en pensant que la règle ne vise que les voitures.
- Erreur fréquente : utiliser les feux de détresse pour se garer en double file « juste une minute ».
Cas particuliers
Dépassement de nuit
Pendant que vous dépassez, vous pouvez garder les feux de route même à moins de 50 m du véhicule dépassé (art. 30.1, 1°, c). Mais si un usager arrive en face, le point a s'applique : vous passez en feux de croisement. Les règles du dépassement sont détaillées dans la leçon Le dépassement.
Véhicule en panne la nuit
Une voiture en panne doit être rangée, si possible, comme pour un stationnement (art. 51). La nuit, elle reste soumise aux règles des feux de stationnement (art. 31). Vous pouvez en plus allumer les feux de détresse. Si ses feux ne fonctionnent pas et qu'on ne la voit pas à environ 100 m, elle doit être signalée avec le triangle de danger.
Tracteur ou dépanneuse avec un feu orange clignotant
Le feu jaune-orange clignotant signale un véhicule lent ou en intervention (art. 32.2). Il ne donne aucune priorité, mais il annonce un danger : ralentissez, gardez vos distances et préparez-vous à vous arrêter.
Feux automatiques
Les capteurs de lumière allument les feux quand il fait sombre, mais pas toujours par brouillard ou sous la pluie en journée. La loi ne connaît pas l'excuse « la voiture ne les a pas allumés » : c'est au conducteur de vérifier.
Réforme annoncée
Le Code de la route de 1975 reste applicable jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau Code de la voie publique, prévue le 1er juin 2027. Selon le site officiel codedelaroute.be, plusieurs règles sur les feux changeront à ce moment : le seuil chiffré de 50 m derrière un véhicule disparaît au profit de la notion de « suivre de près » ; les feux à l'arrêt ou en stationnement seront liés à une visibilité d'environ 100 m et ne s'appliqueront plus au stationnement en agglomération ; les feux de détresse deviendront obligatoires en cas de panne ou d'accident lorsque c'est possible ; de nouveaux signaux pourront imposer les feux de croisement, par exemple dans les tunnels. Jusqu'au 31 mai 2027, ce sont les règles expliquées dans cette leçon qui s'appliquent, et c'est sur elles que porte l'examen. Cette leçon sera mise à jour.
Questions fréquentes
Dois-je allumer mes feux la nuit dans une rue bien éclairée ?
Oui. Entre la tombée et le lever du jour, les feux de croisement (ou de route) et les feux rouges arrière sont obligatoires pour rouler, partout, même sous les réverbères (art. 30.1). L'éclairage public vous oblige seulement à éteindre les feux de route quand il permet de voir à environ 100 m. Rouler sans ces feux est une faute grave à l'examen.
Les feux de jour de ma voiture suffisent-ils la nuit ?
Non. Les feux de circulation diurne servent à être vu de jour. Quand ils sont allumés, les feux de position arrière et l'éclairage de la plaque ne s'allument pas (AR du 15 mars 1968, art. 28) : votre voiture est sombre à l'arrière. La nuit ou par visibilité inférieure à environ 200 m, vous devez allumer les feux de croisement.
Quand dois-je allumer le feu de brouillard arrière ?
S'il équipe votre véhicule, vous devez l'allumer par brouillard ou chute de neige quand la visibilité tombe sous environ 100 m, et par forte pluie. Dans tous les autres cas, il est interdit (art. 30.1, 2°). Pensez à l'éteindre dès que la visibilité redevient normale.
Faut-il laisser ses feux allumés quand on se gare la nuit ?
La nuit, ou par visibilité inférieure à environ 200 m, une voiture à l'arrêt ou en stationnement sur la voie publique est signalée par ses feux de position avant et ses feux rouges arrière. En agglomération, un seul feu de stationnement côté chaussée peut suffire. Ces feux ne sont pas obligatoires si l'éclairage public permet de voir la voiture à environ 100 m (art. 31).
Quand peut-on utiliser les feux de détresse ?
Dans trois cas seulement : véhicule en panne ou chargement tombé sur la voie publique, véhicule de transport scolaire à l'arrêt pour l'embarquement ou le débarquement d'enfants, et risque d'accident imminent, par exemple à l'approche de la fin d'un bouchon (art. 32bis). Ils ne servent pas à justifier un arrêt en double file.
Oublier ses feux la nuit est-il une faute grave à l'examen ?
Oui. Ne pas allumer les feux de croisement ou de route et les feux rouges arrière la nuit ou par visibilité inférieure à environ 200 m est une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 19°). À l'examen, une erreur coûte 5 points, et deux fautes graves entraînent l'échec. Garder ses feux de route face à un usager qui arrive est du 2e degré : une erreur coûte 1 point.
Sources officielles
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 30 à 33 — Éclairage, signalisation des véhicules et avertisseurs — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), version consolidée : art. 10.2, 13, 29, 39bis et 51 — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- AR du 15 mars 1968 portant règlement technique des véhicules automobiles, art. 28 (feux de circulation diurne, couleurs des feux) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- AR du 30 septembre 2005 désignant les infractions par degré, art. 2, 3 et 4 — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- AR du 23 mars 1998 relatif au permis de conduire, annexe 4 (mode de cotation, versions régionales) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Formation à la conduite et examens pour le permis de conduire B » — Région de Bruxelles-Capitale (be.brussels)
- Mon permis de conduire (Wallonie), « Examen théorique » — SPW / AWSR (Wallonie)
- codedelaroute.be, « Code de la voie publique : quels changements pour les automobilistes ? » — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- SPF Mobilité et Transports, « Code de la voie publique (01/06/2027) » — SPF Mobilité et Transports
Dernière vérification réglementaire : 30/10/2026
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