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Drogues et médicaments

Drogues, médicaments et fatigue 14 min de lecture Vérifié le 30/10/2026

Leçon 36 / 48

En Belgique, vous ne pouvez pas conduire si une analyse de salive ou de sang détecte du cannabis, de la cocaïne, de l'ecstasy, de l'amphétamine ou de la morphine/héroïne dans votre organisme, même si vous vous sentez en forme (loi du 16 mars 1968, art. 37bis). Pour les médicaments, c'est l'effet qui compte : un médicament, même prescrit, qui vous met dans un état comparable à l'ivresse ou vous empêche d'être en état de conduire vous interdit le volant. Ne pas être en état de conduire (Code de la route, art. 8.3) est une faute grave à l'examen (−5).

Dans cette leçon, vous allez apprendre à :

  • Distinguer les trois règles du chapitre : la présence d'une drogue (art. 37bis), l'état analogue à l'ivresse (art. 35) et l'obligation d'être en état de conduire (art. 8.3).
  • Connaître les substances visées par la loi et comprendre pourquoi leurs seuils ne sont pas une « dose autorisée ».
  • Savoir comment se déroule un contrôle drogues et ce qui se passe en cas de test positif ou de refus.
  • Adopter les bons réflexes avec un médicament : notice, médecin ou pharmacien, pas de mélange avec l'alcool.
  • Repérer ce qui est une faute grave à l'examen (−5) dans ce chapitre, et ce qui ne l'est pas.

Conduire après avoir consommé de la drogue est interdit en Belgique, sans « petite dose » tolérée. Il suffit qu’une analyse de salive ou de sang détecte l’une des substances visées par la loi, même si vous vous sentez parfaitement en forme. Pour les médicaments, la logique est différente : ce n’est pas la présence du produit qui compte, mais son effet sur vous. Si un médicament, même prescrit, vous met dans un état comparable à l’ivresse, ou si vous n’êtes plus en état de conduire, vous ne prenez pas le volant. Ces règles sont nationales : elles s’appliquent de la même façon à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre.

L’essentiel en sept points

  • Drogues : la présence dans l’organisme de THC (cannabis), d’amphétamine, de MDMA (ecstasy), de morphine ou de 6-acétylmorphine (héroïne), ou de cocaïne suffit pour être en infraction (loi du 16 mars 1968, art. 37bis).
  • Les seuils fixés par la loi sont des seuils de détection, pas une quantité autorisée.
  • Conduire dans un état analogue à l’ivresse dû à des drogues ou à des médicaments est puni, sans exception pour une prescription (art. 35).
  • Tout conducteur doit être en état de conduire (Code de la route, art. 8.3) : infraction du 3e degré, donc faute grave à l’examen (−5).
  • Test salivaire positif ou refusé : 12 heures d’interdiction de conduire, et retrait immédiat du permis possible (art. 61ter et 55).
  • Le cannabis peut rester détectable 14 heures ou plus, la cocaïne 1 à 3 jours (Bruxelles Mobilité).
  • Prêter votre voiture à une personne visiblement sous influence est aussi une infraction (art. 37bis).

Trois règles à ne pas confondre

Ce chapitre repose sur trois textes différents. Les distinguer vous évitera la plupart des pièges, sur la route comme à l’examen.

Drogues : la présence suffit

L’article 37bis de la loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière punit la personne qui conduit un véhicule ou une monture dans un lieu public alors qu’une analyse de salive ou de sang révèle la présence d’au moins une substance qui influence la capacité de conduite. La liste est fermée : THC, amphétamine, MDMA, morphine ou 6-acétylmorphine, cocaïne ou benzoylecgonine (une substance issue de la dégradation de la cocaïne).

Le point clé : la loi ne demande pas de prouver que vous conduisiez mal. Peu importe que vous vous sentiez lucide, que vous ayez consommé « il y a longtemps » ou « très peu ». C’est pour cela que Vias institute parle de tolérance zéro.

Ivresse ou « état analogue » : l’état suffit

L’article 35 de la même loi punit la conduite en état d’ivresse ou dans un état analogue « résultant notamment de l’emploi de drogues ou de médicaments ». Ici, aucun taux n’est fixé : c’est votre état qui compte. Cette infraction peut donc viser n’importe quel produit, y compris un médicament prescrit ou une substance qui ne figure pas dans la liste de l’article 37bis. La sanction est lourde : le juge doit prononcer une déchéance du droit de conduire d’1 mois à 5 ans, ou définitive.

Être en état de conduire : la règle de base du Code de la route

L’article 8.3 du Code de la route impose à tout conducteur d’être en état de conduire et de présenter les qualités physiques requises. Il doit aussi être constamment en mesure d’effectuer les manœuvres nécessaires et garder le contrôle de son véhicule. Un médicament qui vous rend somnolent, ou les suites d’une consommation de la veille, peuvent vous mettre en défaut, même sans aucun test positif.

Faute grave à l’examen Depuis le 3 mars 2022, ne pas être en état de conduire est une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 2°/1). À l’examen théorique, une erreur sur une question qui porte sur cette obligation coûte 5 points au lieu d’1. Deux fautes graves suffisent pour échouer. Voir la liste des fautes graves.

Drogues et médicaments : trois règles, trois logiques
RègleCe qui est puniCe qui doit être établiTexte
Drogues (liste fermée)Conduire avec une substance de la liste dans l’organismeUn résultat d’analyse de salive ou de sang au moins égal au seuil légalLoi du 16/03/1968, art. 37bis
Ivresse ou état analogueConduire dans un état comparable à l’ivresse (alcool, drogues, médicaments)L’état de la personne, sans aucun tauxLoi du 16/03/1968, art. 35
Être en état de conduireConduire sans être en état de le faire ou sans garder le contrôle du véhiculeLe manque d’aptitude au moment de conduireCode de la route, art. 8.3 (3e degré, faute grave à l’examen)

Pourquoi la loi est-elle si stricte ?

Les drogues et certains médicaments agissent sur le cerveau. Selon le produit, ils peuvent ralentir les réflexes, diminuer la vigilance ou donner une confiance excessive. Le conducteur concerné est souvent le dernier à s’en rendre compte : on peut se sentir « normal » alors que les réactions sont déjà altérées.

Bruxelles Mobilité rappelle que l’alcool, les drogues et certains médicaments forment un « cocktail » dangereux sur la route : leur combinaison diminue les réflexes, le jugement et la vigilance. En Région de Bruxelles-Capitale, l’alcool et/ou les drogues sont impliqués dans 11 % des accidents avec tués ou blessés graves.

Un calcul simple montre l’enjeu. À 50 km/h, une voiture parcourt environ 14 mètres par seconde. Si un produit retarde votre réaction d’une seule seconde, vous roulez 14 mètres de plus avant même de toucher la pédale de frein. Devant un passage pour piétons, c’est souvent toute la différence. La leçon Distance de réaction, de freinage et d’arrêt détaille ce mécanisme.

Un piéton (1) s'engage sur le passage : avec une seconde de réaction en plus, vous parcourez environ 14 m de plus à 50 km/h avant de freiner.
Un piéton (1) s'engage sur le passage : avec une seconde de réaction en plus, vous parcourez environ 14 m de plus à 50 km/h avant de freiner.

Pour les drogues, la loi a donc fait un choix clair. Plutôt que de mesurer au bord de la route un « degré d’influence » difficile à établir, elle interdit simplement de conduire avec ces substances dans l’organisme.

Les substances visées et les seuils de la loi

Pour chaque substance, la loi fixe un seuil en nanogrammes par millilitre (ng/ml). Sous ce seuil, le résultat n’est pas pris en considération. Il existe trois niveaux de mesure : le test salivaire fait sur place (un dépistage), l’analyse de salive en laboratoire et, à défaut, l’analyse de sang.

Seuils fixés par la loi du 16 mars 1968 (en ng/ml)
SubstanceTest salivaire sur place (art. 61bis)Analyse de salive (art. 62ter)Analyse de sang (art. 63)
THC (cannabis)25101
Amphétamine502525
MDMA (ecstasy)502525
Morphine ou 6-acétylmorphine (héroïne)10510 (morphine libre)
Cocaïne ou benzoylecgonine201025

Attention à l’examen Ces seuils sont très bas. Ils garantissent une détection fiable ; ils n’autorisent pas une « petite consommation ». Une réponse qui suggère qu’un joint « léger » est permis tant qu’on reste sous un seuil est fausse : personne ne peut savoir à l’avance ce que l’analyse révélera.

Vous n’avez pas à retenir ces chiffres par cœur. Retenez la logique : pour les drogues de la liste, il n’existe aucune quantité « sûre » avant de conduire.

Combien de temps une drogue reste-t-elle détectable ?

L’effet ressenti disparaît souvent bien avant que la substance ne quitte l’organisme. Bruxelles Mobilité publie les ordres de grandeur suivants. Ils varient selon la consommation, et surtout selon sa fréquence : de quelques heures à parfois plusieurs mois.

Durées de détection indicatives (Bruxelles Mobilité)
ProduitPeut être détecté
Cannabis (THC)Jusqu’à 14 heures ou plus
AmphétaminesDe 10 minutes à plusieurs jours
Cocaïne, crackDe 1 à 3 jours
Ecstasy (MDMA)Jusqu’à 12 heures
Héroïne, morphineJusqu’à quelques jours

Exemple : vous fumez un joint lors d’une soirée à Liège le samedi. Le dimanche matin, vous reprenez la voiture pour rentrer à Namur. Vous vous sentez bien. Pourtant, en cas de contrôle, l’analyse peut encore détecter du THC : vous êtes en infraction.

Erreur fréquente Croire que « se sentir en forme » suffit. Pour les drogues, l’infraction repose sur la présence de la substance, pas sur ce que vous ressentez (art. 37bis). Si vous avez consommé, ne prévoyez pas de conduire.

Le contrôle drogues, étape par étape

La police peut contrôler la personne qui conduit, celle qui s’apprête à conduire, le guide qui accompagne un apprenti, ainsi que l’auteur présumé d’un accident et toute personne qui a pu contribuer à le provoquer, même si elle en est la victime (art. 61bis).

  1. La check-list. Lors d’un contrôle en dehors d’un accident, le policier remplit d’abord une check-list standardisée. Elle sert à repérer des signes d’usage récent d’une drogue.
  2. Le test salivaire. Si la check-list révèle de tels signes, un test salivaire est fait sur place. Après un accident, la police peut y passer directement.
  3. L’analyse. Si le test est positif, un échantillon de salive est prélevé et analysé en laboratoire (art. 62ter). Si ce n’est pas possible, un médecin fait une prise de sang (art. 63).

Le test salivaire est un dépistage. C’est l’analyse de salive ou de sang qui établit l’infraction.

Contrôle de nuit : la police (P) vous fait ranger ; l'agent (A) remplit d'abord la check-list, puis fait un test salivaire s'il relève des signes d'usage récent.
Contrôle de nuit : la police (P) vous fait ranger ; l'agent (A) remplit d'abord la check-list, puis fait un test salivaire s'il relève des signes d'usage récent.

Et si vous refusez ?

Refuser sans motif légitime le test salivaire, l’analyse de salive ou la prise de sang est une infraction à part entière (art. 37bis, § 1er, 5°). Vous recevez en plus une interdiction de conduire de 12 heures (art. 61ter). Si vous invoquez un motif légitime, un médecin est requis pour l’apprécier. Refuser n’est donc jamais une échappatoire.

Test positif : ce qui vous attend

Sur place : 12 heures sans conduire

La police vous interdit de conduire pendant 12 heures à partir de la constatation. C’est le cas si le test salivaire est positif, si vous le refusez sans motif légitime, si le test est impossible alors que la check-list a révélé des signes d’usage récent, ou si le test est négatif mais que vous semblez dans un état comparable à l’ivresse (art. 61ter, § 1er).

Avant de repartir, un nouveau test salivaire vous est imposé. S’il est encore positif, ou si vous refusez, l’interdiction est renouvelée pour 12 heures (art. 61ter, § 2). Pendant ce temps, vous remettez votre permis à la police si elle vous le demande. Si ce n’est pas possible tout de suite, votre véhicule est retenu à vos frais, risques et périls (art. 61quater). Conduire malgré l’interdiction est une nouvelle infraction.

Le retrait immédiat du permis

Dans ces mêmes cas, le procureur du Roi ou un officier de police judiciaire peut retirer immédiatement votre permis (art. 55). Selon Vias institute, toute personne contrôlée sous influence de drogues reçoit en pratique un retrait de 15 jours. Le tribunal de police peut le prolonger à la demande du procureur.

Devant le tribunal de police

La conduite sous influence de drogues ne se règle pas par une simple perception immédiate : le conducteur est cité devant le tribunal de police. L’article 37bis prévoit le même niveau de peine que l’alcool à partir de 0,8 g/l. Le juge peut aussi prononcer une déchéance du droit de conduire (art. 38).

  • Si vous avez votre permis B depuis moins de 2 ans, la déchéance est obligatoire. Pour récupérer le droit de conduire, vous devrez en principe réussir l’examen théorique ou pratique ; une formation imposée par le juge peut compléter ces examens ou, selon la Région, les remplacer (art. 38, § 5).
  • En cas de récidive dans les 3 ans (drogues, ivresse, ou alcool à partir de 0,8 g/l), la déchéance est d’au moins 3 mois. La réintégration dépend en principe de 4 examens : théorique, pratique, médical et psychologique (art. 36 et 38, § 6).
Drogues au volant : mesures et sanctions
MomentMesureQui décideTexte
Au contrôleInterdiction de conduire de 12 heures, renouvelable si le nouveau test est positifLa policeArt. 61ter
Au contrôleRetrait immédiat du permis (15 jours en pratique, selon Vias institute)Procureur du Roi ou officier de police judiciaireArt. 55
Plus tardAmende pénale et déchéance possibleTribunal de policeArt. 37bis et 38
Permis B depuis moins de 2 ansDéchéance obligatoire et, en principe, examen théorique ou pratique à repasser (une formation peut le compléter ou, selon la Région, le remplacer)Tribunal de policeArt. 38, § 5
Récidive dans les 3 ansDéchéance d’au moins 3 mois et, en principe, 4 examensTribunal de policeArt. 36 et 38, § 6

Bon à savoir Ne confondez pas retrait immédiat et déchéance. Le retrait est une mesure prise juste après le contrôle, avant tout jugement. La déchéance est une peine prononcée par le juge.

Médicaments : prescrit ne veut pas dire « sans risque au volant »

Un médicament soigne, mais il peut aussi agir sur votre conduite. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) rappelle que de nombreux médicaments peuvent diminuer la vigilance. Elle conseille de s’informer de leur influence éventuelle sur l’aptitude à conduire. Ce qui compte, ce n’est pas la boîte : c’est l’effet du médicament sur vous, aujourd’hui.

Ce que dit la loi

  • Une prescription ne protège pas. L’article 35 punit l’état analogue à l’ivresse résultant notamment de l’emploi de médicaments. Le texte ne prévoit aucune exception pour un traitement prescrit.
  • Vous devez être en état de conduire. Si un médicament vous rend somnolent ou ralentit vos réactions, vous ne l’êtes plus (Code de la route, art. 8.3).
  • La morphine figure dans la liste de l’article 37bis. Le texte consolidé ne prévoit pas d’exception pour un traitement prescrit. Si vous suivez un traitement de ce type, parlez-en à votre médecin avant de conduire.
  • Un médicament détourné devient une drogue. Consommé à des fins récréatives, en dehors de son usage médical, il est considéré comme une drogue (Bruxelles Mobilité).

Les bons réflexes avant de prendre le volant

  • Lisez attentivement la notice et les mentions de l’emballage (AFMPS).
  • En cas de doute, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien si le médicament peut influencer votre aptitude à conduire.
  • Ne mélangez pas médicaments et alcool : Bruxelles Mobilité parle d’un cocktail dangereux.
  • Si vous vous sentez somnolent, étourdi ou ralenti, ne conduisez pas. Faites-vous conduire par une personne de confiance sobre, ou prenez les transports en commun ou un taxi.

Exemple : votre médecin vous prescrit un traitement contre une douleur au dos. La notice signale un risque de somnolence. Le lendemain, vous devez aller travailler à Bruxelles. Le choix prudent : demander conseil à votre pharmacien et, tant que vous ne savez pas comment vous réagissez, prendre le train ou vous faire conduire.

Vous vous sentez mal en route

Si une somnolence ou un malaise apparaît pendant le trajet, arrêtez-vous dès que possible à un endroit sûr et autorisé. Sur l’autoroute, l’arrêt et le stationnement ne sont permis que sur les aires signalées par le panneau E9a (Code de la route, art. 21.4). La bande d’arrêt d’urgence n’est pas un endroit pour faire une pause : rejoignez la prochaine aire ou quittez l’autoroute. La leçon Fatigue, distraction et GSM détaille ces réflexes.

E9a — Stationnement autorisé
Somnolent après la prise d'un médicament : vous empruntez la sortie vers l'aire signalée par le panneau E9a, et non la bande d'arrêt d'urgence.
Somnolent après la prise d'un médicament : vous empruntez la sortie vers l'aire signalée par le panneau E9a, et non la bande d'arrêt d'urgence.

Vous n’êtes pas au volant ? Vous êtes quand même concerné

Le guide d’un apprenti

Si vous accompagnez un candidat en filière libre, vous êtes soumis aux mêmes interdictions que lui : pas de drogue, pas d’état analogue à l’ivresse (art. 35 et 37bis). La police peut vous soumettre à la check-list et au test salivaire, comme le conducteur.

La personne qui prête ses clés

Inciter à conduire une personne qui montre des signes évidents d’influence de drogues, ou lui confier délibérément votre véhicule, est puni (art. 37bis, § 1er, 2° et 3°). Exemple : à la fin d’un festival en Wallonie, un ami visiblement sous l’effet d’une drogue vous demande les clés. Refusez, même s’il insiste : vous seriez vous-même en infraction. Proposez plutôt un conducteur sobre, un taxi ou les transports en commun.

Le cycliste

L’article 37bis vise quiconque conduit un véhicule ou une monture dans un lieu public. Un vélo est un véhicule au sens du Code de la route. Rentrer à vélo après avoir consommé n’est donc pas une solution. Voir aussi la leçon Cyclistes, speed pedelecs et trottinettes.

Ce qui compte à l’examen théorique

L’examen théorique compte 50 questions et il faut au moins 41/50. Une erreur ordinaire coûte 1 point ; une erreur sur une question « faute grave » en coûte 5. Avec deux fautes graves, vous ne pouvez plus atteindre 41 : c’est l’échec. Ce régime est le même dans les trois régions.

Les fautes graves sont les infractions des 3e et 4e degrés (AR du 30 septembre 2005) et tout dépassement de la vitesse maximale autorisée. Dans ce chapitre :

  • Faute grave (−5) : ne pas être en état de conduire ou ne pas garder constamment le contrôle de son véhicule (Code de la route, art. 8.3, 3e degré). Une question où un médicament ou une consommation vous rend inapte à conduire peut relever de cette règle.
  • En principe −1 : les infractions de drogue et d’ivresse de la loi du 16 mars 1968 (art. 35 et 37bis). Elles sont prévues par la loi elle-même et ne sont pas classées par degré. Selon les textes, elles ne figurent donc pas parmi les fautes graves. Aucune source officielle ne le précise toutefois expressément.

Attention à l’examen Ne jouez pas avec ces nuances. Une infraction comptée « seulement » −1 à l’examen peut, sur la route, entraîner un retrait de permis et un passage au tribunal. Répondez toujours en suivant la règle : drogue consommée ou aptitude douteuse, vous ne conduisez pas.

Pour aller plus loin

Définitions utiles

Substances visées (art. 37bis)
Liste fermée de la loi du 16 mars 1968 : THC (cannabis), amphétamine, MDMA (ecstasy), morphine ou 6-acétylmorphine (héroïne), cocaïne ou benzoylecgonine. Leur présence au-delà du seuil légal suffit pour l'infraction.
Check-list standardisée
Liste de signes d'usage récent de drogues que la police remplit avant le test salivaire lors d'un contrôle en dehors d'un accident (art. 61bis).
Test salivaire
Dépistage fait sur place avec un peu de salive. S'il est positif, il entraîne une interdiction de conduire de 12 heures et une analyse ; il n'établit pas à lui seul l'infraction.
Analyse de salive
Analyse en laboratoire d'un échantillon de salive, avec des seuils légaux plus bas que ceux du test (art. 62ter). C'est elle, ou à défaut l'analyse de sang (art. 63), qui établit l'infraction.
État analogue à l'ivresse
État comparable à l'ivresse, causé notamment par des drogues ou des médicaments. Il est puni sans aucun taux, d'après l'état de la personne (art. 35).
Être en état de conduire
Obligation de tout conducteur de présenter les qualités physiques requises et de garder constamment le contrôle de son véhicule (Code de la route, art. 8.3). Infraction du 3e degré.
Retrait immédiat du permis
Mesure décidée juste après le contrôle par le procureur du Roi ou un officier de police judiciaire, avant tout jugement (art. 55). En pratique 15 jours pour les drogues, selon Vias institute.
Déchéance du droit de conduire
Peine prononcée par le tribunal de police, qui vous interdit de conduire pendant une durée fixée par le juge (art. 38).

Autorisé ou interdit ?

Situations autorisées et interdites
SituationVerdictPrécision
Conduire le lendemain matin d'un joint fumé en soirée, en se sentant en formeInterditLe THC peut rester détectable 14 heures ou plus. Si l'analyse le détecte, vous êtes en infraction (art. 37bis).
Conduire sous un médicament prescrit qui vous rend somnolentInterditVous n'êtes pas en état de conduire (art. 8.3, faute grave à l'examen) ; un état analogue à l'ivresse est aussi puni (art. 35).
Conduire sous un traitement prescrit, après avoir lu la notice et sans ressentir aucun effetSous conditionsPossible si vous êtes pleinement en état de conduire (art. 8.3). En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien (AFMPS).
Refuser le test salivaire « parce qu'on n'a rien pris »InterditLe refus sans motif légitime est une infraction (art. 37bis, § 1er, 5°) et entraîne 12 heures d'interdiction de conduire (art. 61ter).
Reprendre le volant dès la fin des 12 heures, sans nouveau testInterditUn nouveau test salivaire est imposé avant de repartir ; s'il est positif, l'interdiction est renouvelée (art. 61ter, § 2).
Accompagner un apprenti en filière libre après avoir consommé du cannabisInterditLe guide est soumis aux mêmes interdictions que le conducteur (art. 37bis et 35).
Prêter votre voiture à un ami qui montre des signes évidents d'influence de droguesInterditConfier délibérément un véhicule à une telle personne est puni (art. 37bis, § 1er, 3°).
Rentrer à vélo après avoir consommé de la cocaïneInterditL'interdiction vise quiconque conduit un véhicule, et un vélo est un véhicule.
Vous arrêter sur une aire signalée par le panneau E9a parce qu'un médicament vous rend somnolentAutoriséSur autoroute, l'arrêt est permis sur ces aires (art. 21.4). C'est le bon réflexe.
Vous arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence pour faire une siesteInterditL'arrêt sur autoroute n'est permis que sur les aires E9a (art. 21.4, 4°). La bande d'arrêt d'urgence sert en cas de nécessité, comme une panne, pas pour une pause.

À retenir

  • Drogues : la présence de THC, amphétamine, MDMA, morphine/6-acétylmorphine ou cocaïne au-delà du seuil légal suffit, quel que soit votre ressenti (loi du 16 mars 1968, art. 37bis).
  • Les seuils légaux sont des seuils de détection, pas une dose autorisée : tolérance zéro.
  • Médicaments : un état analogue à l'ivresse est puni même avec une prescription (art. 35), avec une déchéance obligatoire d'1 mois à 5 ans, ou définitive.
  • Tout conducteur doit être en état de conduire (Code de la route, art. 8.3) : 3e degré, faute grave à l'examen (−5).
  • Contrôle : check-list, test salivaire, puis analyse de salive ou de sang. Le refus est puni et entraîne 12 heures d'interdiction.
  • Test positif : 12 heures sans conduire, renouvelables, retrait immédiat possible (15 jours en pratique selon Vias), puis tribunal de police.
  • Le guide d'un apprenti, le cycliste et la personne qui prête son véhicule à quelqu'un de visiblement sous influence sont aussi concernés.

Attention à l’examen

  • Attention à l'examen : se sentir en forme ne change rien pour les drogues. L'infraction repose sur la présence de la substance, pas sur le comportement.
  • Attention à l'examen : une prescription médicale n'autorise pas à conduire si le médicament vous rend inapte. L'art. 35 ne prévoit aucune exception.
  • Attention à l'examen : un test salivaire négatif n'est pas un « feu vert ». Si vous semblez dans un état comparable à l'ivresse, l'interdiction de 12 heures s'applique quand même (art. 61ter).
  • Attention à l'examen : ne confondez pas le retrait immédiat (mesure prise juste après le contrôle) et la déchéance (peine prononcée par le juge).
  • Attention à l'examen : ne pas être en état de conduire (art. 8.3) est une faute grave (−5). Deux fautes graves, et l'examen est perdu.

Erreur fréquente

  • Erreur fréquente : penser qu'une drogue consommée la veille n'a plus d'importance le lendemain matin. Le cannabis peut rester détectable 14 heures ou plus.
  • Erreur fréquente : croire qu'un médicament prescrit est forcément compatible avec la conduite, sans lire la notice ni demander conseil.
  • Erreur fréquente : mélanger un médicament et « juste un verre ». Bruxelles Mobilité parle d'un cocktail dangereux.
  • Erreur fréquente : prêter ses clés à un ami visiblement sous influence « pour rendre service ». Vous êtes vous-même en infraction.

Cas particuliers

Après un accident

L'auteur présumé d'un accident et toute personne qui a pu contribuer à le provoquer, même si elle en est la victime, peuvent être soumis au test salivaire. Après un accident, la police peut passer directement au test, sans check-list préalable (art. 61bis). Si ni le test ni l'analyse de salive ne sont possibles, un médecin requis fait une prise de sang (art. 63). Voir la leçon En cas d'accident.

Test négatif, mais signes d'influence

Un test salivaire négatif ne vous met pas à l'abri. Si vous semblez dans un état comparable à l'ivresse, la police vous interdit quand même de conduire pendant 12 heures (art. 61ter, § 1er). Des poursuites pour état analogue à l'ivresse restent possibles (art. 35), par exemple pour un médicament ou une substance hors de la liste.

Traitement prescrit contenant de la morphine

La morphine figure dans la liste de l'article 37bis, et le texte consolidé ne prévoit pas d'exception pour un traitement prescrit. Nous ne pouvons pas vous dire comment un tel cas serait apprécié par la police ou le juge. Avant de conduire, parlez-en à votre médecin.

Permis provisoire et jeunes conducteurs

Les règles sur les drogues sont les mêmes pour tous les conducteurs, avec ou sans permis définitif. Mais si vous avez votre permis B depuis moins de 2 ans et que le tribunal vous condamne, la déchéance est obligatoire, et vous devrez en principe repasser l'examen théorique ou pratique ; une formation imposée par le juge peut compléter ces examens ou, selon la Région, les remplacer (art. 38, § 5).

Changements à venir

Le Code de la voie publique remplacera le Code de la route de 1975 le 1er juin 2027. L'obligation d'être en état de conduire changera alors de numéro d'article ; son contenu sera relu à ce moment. Les règles sur les drogues, l'ivresse et les contrôles figurent dans la loi du 16 mars 1968, qui n'est pas remplacée par ce nouveau code mais est régulièrement modifiée (dernière réforme importante en 2026, sur l'alcool). Cette leçon sera mise à jour dès qu'un texte officiel changera.

Questions fréquentes

Combien de temps après un joint puis-je conduire ?

Il n'existe pas de délai « sûr ». Bruxelles Mobilité indique que le THC peut être détecté jusqu'à 14 heures ou plus, et beaucoup plus longtemps chez un consommateur régulier. Comme l'infraction repose sur la présence du THC dans l'organisme (loi du 16 mars 1968, art. 37bis), la seule réponse sûre est de ne pas conduire après avoir consommé.

J'ai un médicament prescrit par mon médecin. Ai-je le droit de conduire ?

Oui, si vous êtes pleinement en état de conduire. Une prescription ne vous protège pas si le médicament vous rend somnolent ou vous met dans un état comparable à l'ivresse (art. 35 de la loi du 16 mars 1968 ; art. 8.3 du Code de la route). Lisez la notice et demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien, comme le recommande l'AFMPS.

Que se passe-t-il si mon test salivaire est positif ?

La police vous interdit de conduire pendant 12 heures et prélève un échantillon de salive pour une analyse en laboratoire, ou fait faire une prise de sang. Votre permis peut être retiré immédiatement ; selon Vias institute, le retrait est de 15 jours en pratique. Vous êtes ensuite cité devant le tribunal de police, qui peut prononcer une amende et une déchéance du droit de conduire.

Puis-je refuser le test salivaire ?

Pas sans motif légitime. Le refus est une infraction à part entière (art. 37bis, § 1er, 5°) et entraîne aussi une interdiction de conduire de 12 heures (art. 61ter). Si vous invoquez un motif légitime, un médecin est requis pour l'apprécier.

Une question sur les drogues est-elle une faute grave à l'examen théorique ?

Une question qui porte sur l'obligation d'être en état de conduire (Code de la route, art. 8.3) est une faute grave : −5. Les infractions de drogue et d'ivresse de la loi du 16 mars 1968 ne sont pas classées par degré ; selon les textes, elles comptent donc −1, même si aucune source officielle ne le précise expressément. Deux fautes graves entraînent l'échec.

Les règles sont-elles différentes à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre ?

Non. La loi du 16 mars 1968 et le Code de la route sont des textes nationaux : les mêmes interdictions, contrôles et sanctions s'appliquent dans tout le pays. La notation de l'examen théorique (41/50, faute grave −5) est aussi la même dans les trois régions.

Sources officielles

Dernière vérification réglementaire : 30/10/2026

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Testez-vous : 4 questions gratuites

Question 1 / 4

Vous avez fumé du cannabis avant de prendre la voiture. Sur quoi repose l'infraction de conduite sous influence de drogue ?

Question 2 / 4

Un conducteur est contrôlé dans un état comparable à l'ivresse à cause d'un médicament que son médecin lui a prescrit. Cette prescription le met-elle à l'abri de poursuites ?

Question 3 / 4

Autoroute à deux bandes avec bande d'arrêt d'urgence et bretelle de sortie à droite. Votre voiture roule sur la bande de droite, clignotant droit allumé, juste avant la sortie ; une camionnette blanche A vous suit et une voiture rouge B roule sur la bande de gauche. Un panneau E9a (P blanc sur fond bleu) est placé à droite, à l'entrée de la sortie.
Sur l'autoroute, une demi-heure après avoir pris un médicament, vous sentez la somnolence arriver. Vous roulez sur la bande de droite, juste avant la sortie vers une aire signalée par le panneau E9a. Que faites-vous ?

Question 4 / 4

Lors d'un contrôle à Mons, vous refusez le test salivaire, sans motif légitime, en expliquant que vous n'avez rien pris. Quelle est la conséquence ?
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