En roulant, vous ne pouvez ni utiliser, ni tenir en main, ni manipuler un GSM ou tout autre appareil électronique mobile à écran, sauf s'il est fixé dans un support prévu à cet effet ou si votre véhicule est à l'arrêt ou en stationnement. Vous devez aussi être en état de conduire et garder constamment le contrôle du véhicule : la fatigue et les distractions vous en empêchent. Ces deux règles sont des infractions du 3e degré, donc des fautes graves à l'examen théorique (−5 points).
Dans cette leçon, vous allez apprendre à :
- Connaître les trois interdictions de l'art. 8.4 (utiliser, tenir en main, manipuler) et ses deux seules exceptions.
- Distinguer un véhicule à l'arrêt ou en stationnement d'un véhicule simplement immobilisé dans la circulation.
- Comprendre pourquoi quelques secondes d'inattention suffisent à provoquer un accident.
- Savoir réagir face à la fatigue, y compris sur l'autoroute, sans commettre une autre infraction.
- Repérer les questions qui comptent comme fautes graves à l'examen théorique.
Au volant, votre attention est votre premier équipement de sécurité. La règle belge est simple. En roulant, vous ne pouvez ni utiliser, ni tenir en main, ni manipuler un GSM ou tout autre appareil électronique mobile doté d’un écran. Il n’y a que deux exceptions : l’appareil est fixé dans un support prévu à cet effet, ou votre véhicule est à l’arrêt ou en stationnement (Code de la route, art. 8.4). Plus largement, vous devez être en état de conduire et garder constamment le contrôle de votre véhicule (art. 8.3). Un conducteur qui lutte contre le sommeil ou qui fixe un écran ne remplit plus cette condition.
L’essentiel en cinq points
- GSM, tablette, GPS portable : ni en main, ni manipulé en roulant, même pour un simple coup d’œil.
- Exceptions : appareil fixé dans un support, ou véhicule à l’arrêt ou en stationnement.
- Attendre à un feu rouge ou dans un bouchon n’est ni un arrêt ni un stationnement au sens du Code.
- Fatigué ? Vous n’êtes plus en état de conduire : arrêtez-vous dans un endroit sûr et autorisé.
- GSM au volant et conduite sans être en état de conduire : infractions du 3e degré, donc fautes graves à l’examen.
Pourquoi ces règles existent
Conduire demande de voir, de comprendre et de réagir, sans interruption. Une distraction coupe ce fil. Une distraction peut être visuelle (vos yeux quittent la route), physique (une main quitte le volant) ou cognitive (votre esprit est ailleurs), et ces formes se combinent souvent. Bruxelles Mobilité prend l’exemple du message : le recevoir, c’est déjà une distraction visuelle et cognitive ; y répondre ajoute une distraction physique.
Les chiffres officiels sont parlants :
- un conducteur attentif réagit en environ 1 seconde ; recevoir un message, c’est déjà environ 3 secondes d’inattention (Bruxelles Mobilité) ;
- la distraction est un facteur clé dans 5 à 25 % des accidents de la route (Bruxelles Mobilité) ;
- le risque d’accident est estimé 3 à 23 fois plus élevé quand le téléphone est utilisé au volant, même en mains libres, et un appel allonge le temps de réaction de 20 à 40 % en moyenne (Bruxelles Mobilité) ;
- taper « je suis là dans 10 minutes » sur l’autoroute, c’est parcourir 684 m sans regarder la route (SPF Mobilité et Transports).
Pour vous en rendre compte, calculez la distance parcourue « à l’aveugle » pendant 3 secondes. À 50 km/h, une voiture avance d’environ 14 m par seconde.
| Vitesse | Mètres par seconde | Distance en 3 secondes |
|---|---|---|
| 30 km/h | environ 8 m | environ 25 m |
| 50 km/h | environ 14 m | environ 42 m |
| 70 km/h | environ 19 m | environ 58 m |
| 90 km/h | environ 25 m | environ 75 m |
| 120 km/h | environ 33 m | environ 100 m |
Pendant ces mètres, un enfant peut s’engager sur un passage pour piétons, un feu peut passer au rouge, la file devant vous peut s’arrêter net. Et ces 3 secondes s’ajoutent à votre temps de réaction : la distance d’arrêt s’allonge d’autant. Le détail du calcul est dans la leçon Distance de réaction, de freinage et d’arrêt.
La règle du GSM : l’article 8.4 du Code de la route
Le texte est court et précis : « Sauf lorsque son véhicule est à l’arrêt ou en stationnement, le conducteur ne peut utiliser, tenir en main ni manipuler aucun appareil électronique mobile doté d’un écran, à moins qu’il ne soit fixé au véhicule dans un support destiné à cette fin. » Chaque mot compte.
Trois interdictions distinctes
- Utiliser : téléphoner, lire ou écrire un message, regarder une vidéo, consulter une carte.
- Tenir en main : le simple fait d’avoir l’appareil dans la main suffit, même si vous ne téléphonez pas.
- Manipuler : toucher l’écran, faire défiler une playlist, taper une adresse, déverrouiller l’appareil.
Exemple : en traversant Namur, vous prenez votre GSM pour vérifier qui vient de vous écrire. Vous ne répondez pas. C’est quand même une infraction : vous avez tenu l’appareil en main en roulant.
Tous les appareils mobiles à écran
Le texte ne parle pas seulement du téléphone. Il vise tout appareil électronique mobile doté d’un écran : smartphone, tablette, GPS portable, console de jeu, ordinateur portable. Certaines pages d’information citent encore l’ancienne formulation, limitée au « téléphone portable tenu en main ». La règle actuelle est plus large : retenez-la telle quelle.
Exception n° 1 : l’appareil est fixé dans un support
Un smartphone fixé au véhicule dans un support prévu à cet effet peut servir de GPS pendant que vous roulez. Le mot important est fixé. Un GSM posé sur le siège passager, sur vos genoux, dans le porte-gobelet ou coincé contre le pare-brise n’est pas fixé dans un support : y toucher, ou même le tenir un instant, reste interdit.
Le support ne vous dispense pas de l’obligation de garder le contrôle du véhicule (art. 8.3). Programmez votre itinéraire avant de partir. Exemple : sur le parking d’un centre commercial à Charleroi, vous fixez le GSM, vous lancez le GPS, puis vous démarrez.
Exception n° 2 : le véhicule est à l’arrêt ou en stationnement
Ces deux mots ont un sens juridique précis :
- à l’arrêt : véhicule immobilisé pendant le temps nécessaire pour faire monter ou descendre des personnes ou pour charger ou décharger des choses (art. 2.22) ;
- en stationnement : véhicule immobilisé au-delà de ce temps (art. 2.23). Faire le plein ou recharger un véhicule électrique compte aussi comme stationnement.
Le plus simple : garez-vous à un endroit où le stationnement est permis, puis prenez votre GSM. Exemple : vous vous rangez sur une place de parking à Wavre pour répondre à un appel. C’est permis.
Attention : votre arrêt doit lui-même être autorisé. Vous ne pouvez pas vous arrêter n’importe où pour téléphoner, par exemple sur un passage pour piétons, sur une piste cyclable ou là où un signal l’interdit. Les règles sont dans la leçon Arrêt et stationnement.
Au feu rouge ou dans un bouchon : pas d’exception
Quand vous attendez à un feu rouge ou dans une file, votre véhicule est immobile, mais il ne correspond à aucune des deux définitions : vous n’êtes pas immobilisé pour embarquer ou débarquer quelqu’un, ni garé. Vous êtes immobilisé par la circulation, et vous allez repartir d’un instant à l’autre. L’exception de l’art. 8.4 ne s’applique donc pas. L’Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR) le confirme pour les bouchons : y utiliser son téléphone est interdit. L’institut Vias le confirme aussi pour les feux : prendre son téléphone en main quand on est arrêté dans un embouteillage ou à un feu de signalisation est interdit par la loi. Laissez le GSM là où il est, même si le feu vient de passer au rouge.
Et le kit mains libres ?
Un appareil fixé dans son support et commandé à la voix n’est ni tenu en main ni manipulé : l’art. 8.4 ne l’interdit pas. Le site codedelaroute.be indique aussi que téléphoner avec des oreillettes est autorisé, à condition de ne pas tenir le GSM en main. Téléphoner en haut-parleur avec le GSM en main reste en revanche interdit. La solution la plus simple reste le support. Mais retenez surtout ceci : le danger ne vient pas seulement des mains. Une conversation occupe votre esprit, et le risque d’accident reste élevé même en mains libres. Si l’appel est important, garez-vous. Si votre interlocuteur vous dit qu’il conduit, proposez-lui de le rappeler plus tard.
Vélo, trottinette, cyclomoteur : la même règle
L’art. 8.4 vise « le conducteur », et un cycliste est le conducteur d’un véhicule. Tenir son GSM en main en roulant à vélo, à speed pedelec ou à cyclomoteur est donc interdit, sauf s’il est fixé dans un support. Une trottinette, électrique ou non, est un engin de déplacement, donc aussi un véhicule (art. 2.15.2) : même règle. Les écouteurs ne sont pas interdits à vélo, mais Bruxelles Mobilité les déconseille fortement, car ils peuvent réduire votre attention et compromettre votre sécurité. Voir la leçon Cyclistes, speed pedelecs et trottinettes.
Les sanctions
Utiliser, tenir en main ou manipuler un appareil à écran en roulant est une infraction du 3e degré depuis le 3 mars 2022.
| Étape | Ce qui est prévu |
|---|---|
| Perception immédiate | 191 € depuis le 1er juillet 2026, plus une redevance administrative de 10,67 € (taux 2026) |
| Retrait immédiat du permis | Selon l’AWSR, depuis février 2026 : retrait immédiat pendant 15 jours, sur tout le territoire, en cas de manipulation du GSM au volant (procédure de l’art. 55 de la loi du 16 mars 1968) |
| Devant le tribunal de police | Amende de 300 à 5 000 €, hors frais |
| Déchéance du droit de conduire | Possible, de 8 jours à 5 ans |
| Permis B depuis moins de 2 ans | Si le tribunal vous condamne : déchéance obligatoire ; pour récupérer le permis, il faut en principe réussir un examen théorique ou pratique (une formation imposée par le juge peut les compléter, ou même les remplacer selon la région) |
Les montants changent : la perception immédiate a été augmentée le 1er juillet 2026, et la redevance administrative est indexée chaque année. Retenez surtout le degré de l’infraction, pas le chiffre exact.
Faute grave à l’examen Une question sur le GSM ou sur un autre appareil à écran au volant porte sur une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 2°/2). Une mauvaise réponse coûte 5 points au lieu d’un. Deux fautes graves entraînent l’échec, quel que soit le reste de votre score. Voir la liste des fautes graves.
Les autres distractions : garder constamment le contrôle
Le GSM n’est pas la seule source de distraction. L’art. 8.3 exige que vous soyez constamment en mesure d’effectuer toutes les manœuvres qui vous incombent et que vous ayez constamment le contrôle de votre véhicule. Le texte n’énumère pas de gestes interdits. C’est la perte de contrôle qui compte. Quelques situations où vous la risquez :
- chercher un objet tombé sous le siège en roulant ;
- vous retourner longuement vers les enfants à l’arrière ;
- manger un repas complet au volant ;
- chercher longuement un menu ou une station dans l’écran du tableau de bord ;
- vous laisser absorber par une discussion animée avec un passager.
Le bon réflexe est toujours le même : réglez tout avant de partir (siège, rétroviseurs, GPS, musique), et si quelque chose ne peut pas attendre, arrêtez-vous à un endroit autorisé. Ne pas garder le contrôle de son véhicule est, comme le GSM, une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 2°/1).
Bon à savoir L’interdiction de l’art. 8.4 vise le conducteur, pas les passagers. Si vous devez changer d’itinéraire, demandez à votre passager de régler le GPS ou de répondre au téléphone à votre place.
La fatigue : vous devez être en état de conduire
L’art. 8.3 commence ainsi : tout conducteur doit être en état de conduire et présenter les qualités physiques requises. Le texte ne cite pas la fatigue. Mais un conducteur qui lutte contre le sommeil n’est plus en état de conduire : ses réactions sont plus lentes, son attention baisse, et il risque de s’endormir au volant. À 120 km/h, une voiture parcourt environ 33 m par seconde : un assoupissement de 3 secondes, c’est environ 100 m parcourus sans personne aux commandes.
La même obligation vaut quand vous êtes malade ou qu’un médicament vous rend somnolent (voir la leçon Drogues et médicaments). Si vous avez bu, les effets de l’alcool s’ajoutent à ceux de la fatigue (voir Alcool au volant).
Reconnaître les signes
La somnolence affaiblit vos facultés de conduite sans que vous vous en rendiez compte (AWSR). Prenez donc au sérieux les signes cités par l’AWSR et l’institut Vias :
- vous bâillez souvent et vos paupières deviennent lourdes ;
- vos yeux sont fatigués et vous avez du mal à fixer votre regard ;
- vous avez du mal à garder votre trajectoire ;
- votre concentration baisse et vos réactions ralentissent.
Que faire ?
Arrêtez-vous dès les premiers signes, dans un endroit sûr et autorisé. Pour l’AWSR, s’arrêter et faire une pause est la seule solution efficace : elle conseille par exemple un arrêt de 30 minutes avec une micro-sieste de 15 minutes. Si un passager reposé peut conduire, changez de conducteur. Ouvrir la fenêtre, baisser la température, monter le son ou boire une boisson énergisante n’a qu’un effet de très courte durée : cela ne vous rend pas en état de conduire.
Sur l’autoroute : sortez vers une aire
Sur l’autoroute, l’arrêt et le stationnement ne sont permis que sur les aires indiquées par le signal E9a (art. 21.4, 4°). La bande d’arrêt d’urgence sert à s’arrêter en cas de panne ou d’accident (AWSR) : ce n’est pas un endroit pour faire une pause, dormir ou téléphoner. Dès les premiers signes de fatigue sur l’E411 ou l’E19, repérez la prochaine aire, ou quittez l’autoroute. Les détails sont dans la leçon L’autoroute.
Avant un long trajet
La meilleure décision se prend avant de partir. Dormez suffisamment la nuit précédente. Évitez si possible de conduire la nuit : l’AWSR range le milieu de la nuit et le début de l’après-midi parmi les moments les plus à risque. Rentrer d’un mariage à 3 h du matin est donc un trajet à haut risque. Faites une pause toutes les 2 heures plutôt que de « tenir » jusqu’à destination (AWSR, institut Vias). Si plusieurs occupants peuvent conduire, changez régulièrement de conducteur (institut Vias). Pour un départ en vacances depuis Bruxelles vers le sud, repérez les aires de repos sur votre itinéraire avant de démarrer.
Ce qui est une faute grave à l’examen, et ce qui ne l’est pas
À l’examen théorique, une faute grave est une mauvaise réponse à une question qui porte sur une infraction du 3e ou du 4e degré, ou sur le dépassement de la vitesse maximale autorisée. Dans ce chapitre, la distinction est importante.
| Comportement | Règle | Degré | À l’examen |
|---|---|---|---|
| GSM ou appareil à écran utilisé, tenu en main ou manipulé en roulant | art. 8.4 | 3e | Faute grave (−5) |
| Conduire sans être en état de conduire ou sans garder le contrôle du véhicule | art. 8.3 | 3e | Faute grave (−5) |
| Circuler sur la bande d’arrêt d’urgence (hors exceptions) | art. 9.7 | 3e | Faute grave (−5) |
| S’arrêter sur l’autoroute en dehors d’une aire E9a | art. 21.4, 4° | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
La liste complète est sur la page Fautes graves au permis théorique.
Situations concrètes
Le message « juste un coup d’œil »
Sur le boulevard, à Liège, votre GSM vibre dans le porte-gobelet. Vous le prenez pour lire le message, sans répondre. Interdit : l’appareil n’est pas fixé dans un support et vous le tenez en main en roulant.
Le GPS sur les genoux
Vous suivez l’itinéraire sur votre smartphone posé sur vos genoux. Interdit : posé n’est pas fixé. Achetez un support, ou confiez le guidage à un passager.
L’appel urgent
Votre employeur vous appelle pendant que vous roulez en ville. Vous laissez sonner, vous cherchez une place où le stationnement est permis, vous vous garez, puis vous rappelez. Correct : votre véhicule est en stationnement.
Le retour de nuit
Vous rentrez de Liège vers Bruxelles par l’E40 après une longue journée. Vous bâillez sans arrêt et vous avez du mal à garder votre trajectoire. Continuer en montant le son serait une erreur : vous n’êtes plus en état de conduire. La bonne réaction : sortir vers la prochaine aire de stationnement et vous reposer.
Attention à l’examen Lisez bien la situation décrite. Si le véhicule roule, ou attend dans la circulation, le GSM en main est interdit. S’il est garé à un endroit autorisé, il est permis. Le mot « fixé dans un support » fait aussi toute la différence entre une réponse juste et une faute grave.
Définitions utiles
- Appareil électronique mobile doté d'un écran
- Tout appareil portable muni d'un écran : smartphone, tablette, GPS portable, console de jeu… L'art. 8.4 du Code de la route interdit au conducteur de l'utiliser, de le tenir en main ou de le manipuler, sauf exceptions.
- Support destiné à cette fin
- Dispositif qui fixe l'appareil au véhicule. Un GSM posé sur un siège, sur les genoux ou dans un porte-gobelet n'est pas fixé dans un support (art. 8.4).
- Véhicule à l'arrêt
- Véhicule immobilisé pendant le temps requis pour l'embarquement ou le débarquement de personnes ou de choses (art. 2.22).
- Véhicule en stationnement
- Véhicule immobilisé au-delà du temps requis pour l'embarquement ou le débarquement de personnes ou de choses. Faire le plein ou recharger un véhicule électrique est aussi considéré comme du stationnement (art. 2.23).
- Être en état de conduire
- Obligation de tout conducteur, y compris le cycliste : être apte à conduire, présenter les qualités physiques requises et posséder les connaissances et l'habileté nécessaires (art. 8.3, al. 1er).
- Distraction
- Tout ce qui détourne votre attention de la conduite : distraction visuelle (les yeux quittent la route), physique (les mains quittent le volant) ou cognitive (l'esprit est ailleurs).
- Faute grave (examen théorique)
- Mauvaise réponse à une question qui porte sur une infraction du 3e ou du 4e degré, ou sur le dépassement de la vitesse maximale autorisée. Elle coûte 5 points ; deux fautes graves entraînent l'échec.
Autorisé ou interdit ?
| Situation | Verdict | Précision |
|---|---|---|
| Lire un message en roulant, GSM en main | Interdit | Art. 8.4. Infraction du 3e degré : faute grave à l'examen. |
| Tenir le GSM en main en roulant, sans téléphoner ni lire | Interdit | Le simple fait de tenir l'appareil en main est interdit (art. 8.4). |
| Suivre le GPS d'un smartphone fixé dans un support | Autorisé | Exception prévue par l'art. 8.4. Programmez l'itinéraire avant de partir (art. 8.3). |
| Suivre le GPS d'un GSM posé sur le siège passager ou sur les genoux | Interdit | Posé n'est pas fixé dans un support : y toucher ou le tenir est interdit. |
| Téléphoner GSM en main, garé sur une place de stationnement autorisée | Autorisé | Le véhicule est en stationnement (art. 2.23) : l'art. 8.4 ne s'applique pas. |
| Prendre le GSM en main en attendant à un feu rouge ou dans un bouchon | Interdit | Le véhicule immobilisé par la circulation n'est ni à l'arrêt ni en stationnement au sens des art. 2.22 et 2.23. |
| Téléphoner par commande vocale, GSM fixé dans un support | Sous conditions | Pas interdit par l'art. 8.4, mais une conversation distrait : restez bref ou garez-vous (art. 8.3). |
| Le passager règle le GPS sur son téléphone | Autorisé | L'art. 8.4 vise uniquement le conducteur. |
| Lire un message en roulant à vélo | Interdit | Le cycliste est un conducteur : l'art. 8.4 s'applique aussi à lui. |
| Continuer à rouler en luttant contre le sommeil | Interdit | Vous n'êtes plus en état de conduire, ce qu'exige l'art. 8.3 (obligation dont le non-respect est une infraction du 3e degré, faute grave à l'examen). |
| S'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence pour dormir ou téléphoner | Interdit | Sur autoroute, l'arrêt n'est permis que sur les aires E9a (art. 21.4, 4°). Infraction du 2e degré. |
À retenir
- En roulant : ni utiliser, ni tenir en main, ni manipuler un appareil électronique mobile à écran (art. 8.4).
- Deux exceptions seulement : appareil fixé dans un support prévu à cet effet, ou véhicule à l'arrêt ou en stationnement.
- Un véhicule qui attend à un feu rouge ou dans un bouchon n'est ni à l'arrêt ni en stationnement : GSM interdit en main.
- La règle vaut aussi pour les cyclistes ; elle ne vise pas les passagers.
- Tout conducteur doit être en état de conduire et garder constamment le contrôle de son véhicule (art. 8.3) : la fatigue et les distractions vous en empêchent.
- Fatigué sur l'autoroute : sortez vers une aire E9a, jamais vers la bande d'arrêt d'urgence.
- GSM au volant et conduite sans être en état de conduire : infractions du 3e degré, fautes graves à l'examen (−5).
Attention à l’examen
- Attention à l'examen : une question sur le GSM au volant est une faute grave. Une mauvaise réponse coûte 5 points, et deux fautes graves entraînent l'échec.
- Attention à l'examen : il n'est pas nécessaire de téléphoner pour être en infraction. Tenir l'appareil en main suffit.
- Attention à l'examen : « à l'arrêt » a un sens juridique précis. Attendre au feu rouge ou dans un bouchon n'est pas un arrêt au sens du Code.
- Attention à l'examen : un GSM posé sur le siège ou dans le porte-gobelet n'est pas « fixé dans un support ».
- Attention à l'examen : la règle ne concerne pas que le téléphone. Une tablette ou un GPS portable sont aussi des appareils électroniques mobiles à écran.
Erreur fréquente
- Erreur fréquente : croire qu'un coup d'œil rapide au feu rouge est permis parce que la voiture ne bouge pas.
- Erreur fréquente : poser le GSM sur les genoux pour suivre le GPS, en pensant que ce n'est pas « tenir en main ».
- Erreur fréquente : ouvrir la fenêtre ou monter le son pour lutter contre le sommeil au lieu de s'arrêter.
- Erreur fréquente : s'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence pour faire une pause ou passer un appel.
Cas particuliers
L'écran intégré au tableau de bord
L'art. 8.4 vise les appareils électroniques mobiles. Un écran monté dans la planche de bord n'en fait pas partie. L'institut Vias le relève aussi : c'est l'utilisation en main d'un appareil mobile à écran que la loi interdit, pas en tant que telle la manipulation du tableau de bord. Mais l'art. 8.3 vous oblige toujours à garder constamment le contrôle du véhicule : chercher longuement un menu en roulant vous fait quitter la route des yeux. Réglez l'écran avant de partir ou garez-vous. Aucune source officielle consultée ne précise le cas d'un GSM dont l'affichage est reproduit sur l'écran du véhicule : dans le doute, ne le manipulez pas en roulant.
Le passager
L'interdiction vise « le conducteur », c'est-à-dire la personne qui assure la direction du véhicule. Un passager peut téléphoner, lire ses messages ou programmer le GPS. C'est d'ailleurs la meilleure solution pour changer d'itinéraire en route.
Le cycliste et le piéton
Le cycliste est un conducteur : il ne peut pas tenir son GSM en main en roulant. Le piéton n'est pas visé par l'art. 8.4. Selon Bruxelles Mobilité, son usage du GSM peut toutefois être sanctionné s'il crée une situation dangereuse.
Les conducteurs professionnels
Le Code de la route ne fixe pas de durée maximale de conduite pour un automobiliste qui circule à titre privé. Les temps de conduite et de repos des chauffeurs professionnels relèvent d'une autre réglementation, qui ne fait pas partie de l'examen du permis B.
Réforme annoncée au 1er juin 2027
Le Code de la route de 1975 reste applicable jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau Code de la voie publique, prévue le 1er juin 2027. La numérotation des articles cités dans cette leçon changera. Le résumé officiel publié sur codedelaroute.be n'annonce pas de changement sur le GSM ou la fatigue. Cette leçon sera relue à l'entrée en vigueur des nouveaux textes. D'ici là, c'est le Code de 1975 qui s'applique et qui sert de base à l'examen.
Questions fréquentes
Puis-je utiliser mon GSM à un feu rouge ?
Non. Le GSM en main n'est permis que si votre véhicule est à l'arrêt ou en stationnement. Au sens du Code, l'arrêt est l'immobilisation pour faire monter ou descendre des personnes ou des choses (art. 2.22), et le stationnement l'immobilisation au-delà de ce temps (art. 2.23). Un véhicule qui attend au feu rouge ou dans un bouchon n'est ni l'un ni l'autre. Attendez d'être garé.
Le GPS sur smartphone est-il autorisé en roulant ?
Oui, à condition que le smartphone soit fixé au véhicule dans un support prévu à cet effet (art. 8.4). Posé sur le siège ou sur les genoux, il ne l'est pas. Programmez l'itinéraire avant de partir : vous devez garder constamment le contrôle de votre véhicule (art. 8.3).
Téléphoner avec un kit mains libres est-il permis ?
Si le GSM est fixé dans un support et que vous ne le tenez pas en main ni ne le manipulez, l'art. 8.4 ne l'interdit pas. Avec des oreillettes, codedelaroute.be indique que c'est autorisé, à condition de ne pas tenir le GSM en main. Mais le risque d'accident reste estimé 3 à 23 fois plus élevé quand on téléphone au volant, même en mains libres (Bruxelles Mobilité). Pour un appel important, garez-vous.
Quelle est l'amende pour un GSM au volant en Belgique ?
C'est une infraction du 3e degré. Depuis le 1er juillet 2026, la perception immédiate est de 191 €, plus une redevance administrative de 10,67 € (taux 2026). Selon l'AWSR, depuis février 2026, la manipulation du GSM au volant entraîne aussi un retrait immédiat du permis de 15 jours sur tout le territoire. Devant le tribunal de police, l'amende va de 300 à 5 000 € et une déchéance du droit de conduire de 8 jours à 5 ans est possible. Elle est obligatoire si vous avez votre permis B depuis moins de 2 ans ; pour récupérer le permis, il faut alors en principe réussir un examen théorique ou pratique (une formation imposée par le juge peut les compléter, ou même les remplacer selon la région).
Le GSM au volant est-il une faute grave à l'examen théorique ?
Oui. Utiliser, tenir en main ou manipuler un appareil à écran en roulant est une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 2°/2). À l'examen, une mauvaise réponse sur ce sujet coûte 5 points, et deux fautes graves entraînent l'échec. Il en va de même pour l'obligation d'être en état de conduire (art. 3, 2°/1).
Je suis fatigué sur l'autoroute : puis-je m'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence ?
Non. Sur l'autoroute, l'arrêt et le stationnement ne sont permis que sur les aires indiquées par le signal E9a (art. 21.4, 4°). La bande d'arrêt d'urgence sert à s'arrêter en cas de panne ou d'accident, pas à faire une pause. Rejoignez la prochaine aire ou quittez l'autoroute pour vous reposer.
Sources officielles
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 8.3 et 8.4 (les conducteurs) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 2.13, 2.22 et 2.23 (conducteur, arrêt, stationnement) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 21.4 (autoroutes : arrêt et stationnement) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- AR du 30 septembre 2005 désignant les infractions par degré, art. 2 et 3 (2°/1 et 2°/2) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- codedelaroute.be, « Infractions par degré » (montants 2026) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière, art. 38, § 5 et art. 55 (retrait immédiat) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Garder la tête froide sur la route » — Région de Bruxelles-Capitale (be.brussels)
- AWSR, « Distraction et sécurité routière » (que dit la loi ? bouchons, sanctions, retrait immédiat depuis février 2026) — Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR)
- Loi du 16 mars 1968, art. 38, § 5 (version générale et version Région flamande : formation en supplément ou en remplacement des examens) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- SPF Mobilité et Transports, « Perceptions immédiates : augmentation des montants au 1er juillet 2026 » — SPF Mobilité et Transports
- codedelaroute.be, « GSM au volant : ce qui est permis, ce qui ne l'est pas » (16/05/2022 : support, oreillettes, haut-parleur) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Vias institute, Dossier thématique Sécurité routière n° 5, « Distraction » (2019), p. 27 : feu rouge et art. 2.22 — Vias institute
- Vias institute, rapport 2023-R-20-FR, « Deuxième mesure nationale de comportement : distraction au volant » (embouteillages, feux, tableau de bord) — Vias institute (pour le SPF Mobilité et Transports)
- AWSR, « Somnolence et sécurité routière » (signes, pause, micro-sieste, pause toutes les 2 heures, heures à risque) — Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR)
- AWSR, « Somnolence au volant, un danger à ne pas sous-estimer » (13/03/2025 : bâillements, paupières lourdes, regard) — Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR)
- Vias institute, « 1 conducteur sur 20 roule en étant somnolent » (sieste, pause toutes les 2 heures, changer de conducteur) — Vias institute
- Vias institute, Dossier thématique Sécurité routière n° 8, « Fatigue et somnolence » (2016) : signes de fatigue, contre-mesures — Vias institute
- AWSR, « Bande d'arrêt d'urgence : dans quels cas peut-on l'utiliser » (23/01/2026) — Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR)
- SPF Mobilité et Transports, fiche de sensibilisation « Au volant, pas de GSM » — SPF Mobilité et Transports
- AR du 23 mars 1998 relatif au permis de conduire, annexe 4 (mode de cotation, versions régionales) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Formation à la conduite et examens pour le permis de conduire B » — Région de Bruxelles-Capitale (be.brussels)
- Mon permis de conduire (Wallonie), « Examen théorique » — SPW / AWSR (Wallonie)
- codedelaroute.be, « Code de la voie publique : bref résumé » — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
Dernière vérification réglementaire : 30/10/2026
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