Le Code de la route vous oblige à garder, compte tenu de votre vitesse, une distance de sécurité suffisante avec le véhicule qui vous précède, sans fixer de chiffre pour les voitures. En pratique, gardez au moins 2 secondes d'intervalle sur route sèche, 3 secondes sous la pluie et 4 secondes sur la neige ou le verglas. Hors agglomération, les véhicules de plus de 7,5 t ou de plus de 7 m doivent garder au moins 50 m entre eux.
Dans cette leçon, vous allez apprendre à :
- Connaître l'obligation de l'article 10.1, 2°, et savoir pourquoi le Code parle d'une distance « suffisante » plutôt que de mètres.
- Mesurer un intervalle de 2 secondes avec un repère fixe et le convertir en mètres selon la vitesse.
- Adapter l'intervalle à la pluie, à la neige, au verglas, à la fatigue et à la visibilité.
- Appliquer les intervalles chiffrés de l'article 18 : 50 m pour les véhicules lourds ou longs et les convois, 15 m sur les ponts.
- Distinguer la distance insuffisante (erreur ordinaire à l'examen) de l'incitation à la vitesse excessive et du refus de se laisser dépasser (fautes graves).
La distance de sécurité est l’espace que vous laissez entre votre véhicule et celui qui roule devant vous. Le Code de la route vous oblige à la garder suffisante, compte tenu de votre vitesse (art. 10.1, 2°). Il ne donne pas de chiffre pour les voitures. En pratique, la règle à appliquer est simple : au moins 2 secondes d’intervalle sur route sèche, 3 secondes sous la pluie et 4 secondes sur la neige ou le verglas. Les seules distances chiffrées du Code visent les poids lourds, les longs véhicules et les convois : au moins 50 m entre eux hors agglomération.
L’essentiel en quatre points
- Garder une distance « suffisante » selon votre vitesse est une obligation (art. 10.1, 2°).
- Repère pratique : 2 secondes sur route sèche, 3 secondes sur route mouillée, 4 secondes sur neige ou verglas.
- Plus de 7,5 t ou plus de 7 m de long : au moins 50 m entre eux hors agglomération (art. 18.2).
- Coller un conducteur pour le pousser à accélérer peut constituer une incitation à la vitesse excessive, infraction du 4e degré : une faute grave à l’examen (art. 10.4).
Ce que dit exactement le Code de la route
L’article 10.1, 2°, est court : le conducteur doit, « compte tenu de sa vitesse, maintenir entre son véhicule et celui qui le précède une distance de sécurité suffisante ». Le texte ne parle ni de mètres ni de secondes. L’Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR) le rappelle : pour les voitures, le Code n’impose pas de distance minimale explicite.
Le mot « suffisante » fixe un objectif. Votre distance doit vous permettre de ne pas heurter le véhicule de devant s’il freine brusquement. Elle dépend donc de votre vitesse : plus vous roulez vite, plus elle doit être grande.
Deux autres obligations du même article vont dans le même sens :
- vous réglez votre vitesse selon la circulation, la visibilité, la météo, l’état de la route et celui de votre véhicule (art. 10.1, 1°) ;
- vous devez en toute circonstance pouvoir vous arrêter devant un obstacle prévisible (art. 10.1, 3°).
Une voiture qui ralentit devant vous, une file à l’arrêt au bout d’une bretelle du ring de Bruxelles : ce sont des obstacles prévisibles. Les heurter montre que la distance, la vitesse, ou les deux, n’étaient pas adaptées. La mécanique de l’arrêt est détaillée dans la leçon Distance de réaction, de freinage et d’arrêt.
Pourquoi garder de l’espace : le temps de réaction
Quand le véhicule de devant freine, vous ne freinez pas au même instant. Vous devez d’abord voir ses feux-stop, comprendre la situation, puis déplacer le pied vers la pédale. Selon l’AWSR, même un conducteur attentif met près d’une seconde à réagir. Selon l’institut Vias, face à un événement totalement imprévu, le temps de réaction moyen est d’environ 1,5 seconde. Pendant ce temps, votre voiture roule toujours à la même vitesse.
Faites le calcul. À 90 km/h, vous parcourez 25 m par seconde (90 ÷ 3,6). Si vous ne laissez qu’une seconde d’écart, vous consommez tout cet espace avant même d’avoir commencé à freiner. La fatigue, l’alcool, les drogues et la distraction allongent encore ce temps : un regard sur votre GSM suffit à vous faire perdre plusieurs dizaines de mètres. Voir aussi la leçon Fatigue, distraction et GSM.
Le conducteur de devant peut aussi s’arrêter plus vite que prévu. S’il heurte un obstacle, son véhicule s’immobilise presque sur place. C’est pourquoi l’intervalle doit couvrir au moins votre temps de réaction, avec une marge. C’est aussi pourquoi vous regardez loin devant, au-delà du véhicule qui vous précède : vous voyez venir le ralentissement plus tôt.
Les collisions par l’arrière en chiffres
Selon une mesure de l’institut Vias publiée fin 2023, sur les autoroutes belges et en dehors des files :
- parmi les voitures qui suivaient un autre véhicule à 5 secondes ou moins, 58 % le suivaient à moins de 2 secondes ;
- dans ce même groupe, 27 % le suivaient à moins d’une seconde ;
- sur l’ensemble des voitures, 42 % roulaient à moins de 2 secondes du véhicule précédent, et près de 1 sur 5 à moins d’une seconde ;
- 1 accident avec tué ou blessé sur 3 sur autoroute est une collision par l’arrière, et environ 70 % de ces collisions sont attribuées à une distance insuffisante.
En Wallonie, selon l’AWSR, plus de 15 % des accidents corporels sont des collisions par l’arrière. Ce n’est donc pas un risque théorique : c’est l’un des accidents les plus fréquents.
La règle des 2 secondes
Compter en secondes plutôt qu’en mètres a un grand avantage : l’intervalle s’adapte tout seul à votre vitesse. À 50 km/h, 2 secondes représentent peu de mètres ; à 120 km/h, beaucoup plus. L’institut Vias et l’AWSR recommandent au moins 2 secondes dans de bonnes conditions. C’est aussi la valeur retenue par le futur Code de la voie publique (voir plus bas).
Comment mesurer vos 2 secondes
- Choisissez un repère fixe au bord de la route : un poteau, un panneau, un pont, l’ombre d’un arbre sur la chaussée.
- Quand l’arrière du véhicule qui vous précède passe à sa hauteur, comptez : « un crocodile, deux crocodiles ».
- Si l’avant de votre voiture atteint le repère avant la fin du comptage, vous êtes trop près.
- Levez le pied pour laisser l’écart se reformer, sans freiner brusquement. Refaites le test régulièrement.
Deux secondes, combien de mètres ?
Pour passer des secondes aux mètres, divisez la vitesse en km/h par 3,6 : vous obtenez les mètres parcourus en une seconde. Multipliez ensuite par le nombre de secondes.
| Vitesse | Mètres par seconde | 2 secondes (route sèche) | 3 secondes (route mouillée) | 4 secondes (neige, verglas) |
|---|---|---|---|---|
| 30 km/h | environ 8 m | environ 17 m | environ 25 m | environ 33 m |
| 50 km/h | environ 14 m | environ 28 m | environ 42 m | environ 56 m |
| 70 km/h | environ 19 m | environ 39 m | environ 58 m | environ 78 m |
| 90 km/h | 25 m | 50 m | 75 m | 100 m |
| 120 km/h | environ 33 m | environ 67 m | 100 m | environ 133 m |
Toutes ces valeurs sont un simple calcul : vitesse ÷ 3,6 × nombre de secondes. Sur autoroute à 120 km/h, l’AWSR parle d’environ 70 m. Un ordre de grandeur utile : à 90 km/h, 2 secondes font 50 m, soit exactement l’intervalle imposé aux poids lourds hors agglomération.
Bon à savoir Estimer 50 m à l’œil est difficile, surtout sur autoroute. Compter des secondes est plus fiable : c’est la méthode à utiliser au volant. Les tableaux en mètres servent surtout à comprendre, et à répondre aux questions de calcul.
Quand faut-il plus de 2 secondes ?
Deux secondes sont un minimum pour une route sèche, une bonne visibilité et un conducteur en forme. Le Code vous impose d’adapter votre conduite aux conditions climatiques, au champ de visibilité, à l’état de la route et à l’état et au chargement de votre véhicule (art. 10.1, 1°). Quand les conditions se dégradent, ce qui est « suffisant » augmente.
| Conditions | Intervalle minimal conseillé | Pourquoi | Source |
|---|---|---|---|
| Route sèche, bonne visibilité | 2 secondes | Couvre le temps de réaction avec une marge | Vias, AWSR |
| Route mouillée | 3 secondes | Les pneus adhèrent moins : le freinage est plus long | AWSR |
| Neige ou verglas | 4 secondes | Adhérence très faible | AWSR |
| Fatigue, chaussée glissante | Plus de 2 secondes | Réaction plus lente ou freinage plus long | Art. 10.1, 1° et 2° |
| Brouillard, nuit, éblouissement | Réduire la vitesse et augmenter l’intervalle | Vous voyez le danger plus tard | Art. 10.1, 1° |
Sur route mouillée, la différence est nette. Selon l’AWSR, à 70 km/h sur route humide, il faut près de 25 m de plus pour s’arrêter que sur route sèche. Votre temps de réaction, lui, ne change pas : c’est le freinage qui s’allonge.
Erreur fréquente Garder 2 secondes sous une averse sur l’E40 « parce que c’est la règle ». Les 2 secondes valent pour une route sèche. Sous la pluie, comptez au moins 3 secondes, et réduisez aussi votre vitesse.
Les situations du quotidien
Un véhicule se rabat juste devant vous
Sur l’E411 ou sur le ring, une voiture change de bande et se glisse dans l’espace que vous aviez laissé. Changer de bande est une manœuvre : celui qui la fait doit céder le passage aux autres usagers (art. 12.4). Mais une fois qu’il est devant vous, votre distance a fondu. Levez le pied pour recréer vos 2 secondes. Ne freinez pas brusquement sans nécessité : un freinage soudain non exigé par la sécurité est interdit (art. 10.2) et surprend celui qui vous suit.
Vous dépassez, puis vous vous rabattez
Avant de dépasser, vous devez vous assurer que vous pourrez reprendre votre place à droite sans gêner les autres conducteurs (art. 16.4, 1°, c). Vous rabattre juste devant le véhicule que vous venez de dépasser lui retire sa distance de sécurité. Avec un camion, c’est encore plus important : selon l’AWSR, à 90 km/h, un camion a besoin de 10 à 20 m de plus qu’une voiture pour s’arrêter. Ne coupez pas la route d’un poids lourd, par exemple pour attraper une sortie d’autoroute au dernier moment. Les règles complètes sont dans la leçon Le dépassement.
À l’insertion et quand la circulation ralentit
Sur une bande d’accélération, vous vous insérez dans un intervalle suffisant, pas dans le premier petit trou venu (voir la leçon L’autoroute). Lors d’un rétrécissement, la tirette ne dispense pas de garder de l’espace.
Si vous devez ralentir de façon notable, vous l’indiquez au moyen de vos feux-stop (art. 10.2). Ralentir seulement en levant le pied ou en rétrogradant ne les allume pas. À l’approche d’une file, freinez tôt et progressivement : celui qui vous suit est prévenu plus tôt et garde, lui aussi, sa distance.
Quelqu’un vous suit de trop près
Vous ne contrôlez pas la distance du conducteur qui vous suit. Vous pouvez en revanche réduire le risque :
- gardez une allure régulière. Freiner brusquement pour « lui donner une leçon » est interdit (art. 10.2) et peut provoquer la collision ;
- augmentez l’espace devant vous. Si vous devez ralentir, vous pourrez le faire plus tôt et plus doucement ;
- freinez tôt et progressivement, pour que vos feux-stop le préviennent à temps ;
- s’il vous dépasse, serrez à droite et n’accélérez pas (art. 16.7).
Faute grave à l’examen Ne pas serrer à droite, ou accélérer, quand un conducteur vous dépasse par la gauche est une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 8°). Une erreur sur cette question coûte 5 points.
Coller pour pousser à accélérer : une incitation à la vitesse excessive
On dit qu’un conducteur talonne, ou « colle », quand il suit le véhicule précédent à moins d’une seconde. C’est la définition utilisée par l’institut Vias. À moins d’une seconde, la collision devient presque inévitable si le véhicule de devant freine : vous n’avez même pas le temps de réagir.
Il faut distinguer deux situations :
- une distance insuffisante par négligence : c’est une infraction à l’article 10.1, 2°. Elle n’est classée dans aucun degré supérieur par l’AR du 30 septembre 2005 : c’est une infraction du 1er degré ;
- coller volontairement un conducteur pour le pousser à accélérer : cela peut constituer le fait d’inciter ou provoquer un conducteur à rouler à une vitesse excessive, interdit par l’article 10.4. Cette infraction est du 4e degré, la catégorie la plus grave. L’AWSR cite expressément cet exemple.
Faute grave à l’examen Inciter ou provoquer un conducteur à rouler à une vitesse excessive, par exemple en le collant pour qu’il accélère, est une infraction du 4e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 4, 2°). À l’examen, une erreur sur cette question coûte 5 points.
Les distances chiffrées : poids lourds, longs véhicules et convois
L’article 18 du Code de la route est le seul à fixer des intervalles en mètres. Il ne vise pas les voitures ordinaires, mais vous devez le connaître.
| Qui ? | Où ? | Intervalle minimal entre eux | Article |
|---|---|---|---|
| Véhicules et trains de véhicules de plus de 7,5 t (masse maximale autorisée) | Sur les ponts | 15 m | Art. 18.1 |
| Véhicules et trains de véhicules de plus de 7,5 t (masse maximale autorisée) ou de plus de 7 m de long | Hors agglomération | 50 m | Art. 18.2 |
| Véhicules automobiles qui circulent en convoi pour faire un trajet ensemble | Hors agglomération | 50 m | Art. 18.3 |
« Hors agglomération » commence au signal F3 (fin d’agglomération) et se termine au signal F1 (début d’agglomération). Ce sont ces panneaux, et non la présence de maisons, qui comptent.
Ces 50 m laissent aux poids lourds la place de freiner, et permettent à un véhicule qui les dépasse de se rabattre entre eux. Ils concernent l’intervalle entre ces véhicules : un camion qui suit un autre camion, une voiture tractant une longue caravane qui suit un camion. Une voiture avec une caravane peut en effet dépasser 7 m de long : la règle s’applique alors à elle aussi.
Le convoi vise par exemple plusieurs voitures d’un cortège de mariage ou d’un groupe d’amis qui roulent ensemble vers Durbuy. Hors agglomération, elles ne peuvent pas se coller pour « ne pas se perdre » : au moins 50 m entre chaque voiture. Les autres usagers peuvent ainsi s’insérer et dépasser.
Attention à l’examen Le seuil de l’article 18.2 est 7,5 t ou 7 m, pas 3,5 t. Et l’intervalle de 50 m vaut hors agglomération uniquement. En agglomération, c’est la règle générale de la distance suffisante qui s’applique.
Les règles de chargement et de remorque sont détaillées dans la leçon Chargement, dimensions et remorque.
Distance de sécurité et note de l’examen
À l’examen théorique, vous partez de 50 points. Une erreur ordinaire coûte 1 point. Une erreur sur une question qui porte sur une infraction du 3e ou du 4e degré, ou sur le dépassement de la vitesse maximale autorisée, coûte 5 points. Il faut au moins 41/50, et deux fautes graves entraînent l’échec. Ce barème est le même à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre.
| Infraction | Article | Degré | À l’examen |
|---|---|---|---|
| Ne pas garder une distance de sécurité suffisante | Art. 10.1, 2° | 1er | Erreur ordinaire (−1) |
| Freinage soudain non exigé par la sécurité | Art. 10.2, 1re phrase | 1er | Erreur ordinaire (−1) |
| Ne pas signaler un ralentissement notable par les feux-stop | Art. 10.2, 2e phrase | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
| Plus de 7,5 t ou plus de 7 m : moins de 50 m entre eux hors agglomération | Art. 18.2 | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
| Convoi hors agglomération : moins de 50 m | Art. 18.3 | 1er | Erreur ordinaire (−1) |
| Ne pas serrer à droite, ou accélérer, quand on vous dépasse | Art. 16.7 | 3e | Faute grave (−5) |
| Inciter un conducteur à rouler à une vitesse excessive | Art. 10.4 | 4e | Faute grave (−5) |
Une question de distance peut aussi contenir une vitesse. Si la bonne réponse suppose de ne pas dépasser une vitesse maximale autorisée, l’erreur compte comme faute grave, quel que soit l’excès. Les limites sont expliquées dans la leçon Les limitations de vitesse, et la liste complète des fautes graves sur la page Fautes graves au permis théorique.
Ce qui va changer avec le Code de la voie publique
Le Code de la route de 1975 reste applicable jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau Code de la voie publique, prévue le 1er juin 2027. Le texte publié (arrêté royal du 3 juin 2024, art. 10, § 3) reprend l’obligation de garder une distance de sécurité suffisante. Il ajoute un chiffre : sur les voies publiques où la limitation de vitesse est supérieure à 50 km/h, cette distance correspond à au moins deux secondes.
Jusqu’à cette date, les 2 secondes restent une recommandation, et c’est le Code de 1975 que vous devez connaître pour l’examen. Le nouveau texte peut encore être modifié avant son entrée en vigueur : cette leçon sera mise à jour.
La méthode en quatre réflexes
- Comptez régulièrement vos 2 secondes avec un repère fixe.
- Ajoutez des secondes dès que la route est mouillée (3 s), enneigée ou verglacée (4 s), ou que vous êtes fatigué.
- Recréez l’écart en levant le pied quand quelqu’un se rabat devant vous, sans freinage brusque.
- Ne répondez pas à celui qui vous colle : allure régulière, plus d’espace devant, et vous serrez à droite s’il dépasse.
Pour comprendre pourquoi chaque km/h compte dans la distance d’arrêt, poursuivez avec la leçon Distance de réaction, de freinage et d’arrêt.
Définitions utiles
- Distance de sécurité
- Espace entre votre véhicule et celui qui vous précède. Le Code de la route l'exige « suffisante » compte tenu de votre vitesse, sans fixer de chiffre pour les voitures (art. 10.1, 2°).
- Intervalle en secondes
- Temps qui sépare le passage du véhicule de devant et le vôtre au même point fixe. Au moins 2 secondes sur route sèche selon Vias et l'AWSR.
- Temps de réaction
- Temps entre la perception d'un danger et le début de votre action, par exemple le freinage. Près d'une seconde pour un conducteur attentif (AWSR), environ 1,5 seconde face à un imprévu total (Vias).
- Talonner
- Suivre le véhicule précédent à moins d'une seconde. Définition utilisée par l'institut Vias ; ce n'est pas une notion du Code de la route.
- Convoi
- Groupe de véhicules automobiles qui roulent ensemble pour faire un trajet de conserve. Hors agglomération, ils gardent au moins 50 m entre eux (art. 18.3).
- Train de véhicules
- Véhicule tracteur et ce qu'il tire, par exemple une voiture et sa caravane. Pour l'article 18, on regarde la masse maximale autorisée et la longueur de l'ensemble.
- Masse maximale autorisée
- Masse maximale admise pour le véhicule, inscrite dans ses documents. C'est elle qui compte pour le seuil de 7,5 t, pas le poids réel au moment où il passe.
Autorisé ou interdit ?
| Situation | Verdict | Précision |
|---|---|---|
| Suivre une voiture à 2 secondes sur une autoroute sèche, de jour | Autorisé | C'est le minimum recommandé dans de bonnes conditions (Vias, AWSR). |
| Garder 2 secondes seulement sous une forte pluie | Interdit | La distance doit rester suffisante compte tenu des conditions (art. 10.1, 1° et 2°) : l'AWSR recommande au moins 3 secondes sur route mouillée. |
| Coller une voiture sur la bande de gauche pour qu'elle accélère ou se range | Interdit | Inciter un conducteur à rouler à une vitesse excessive est une infraction du 4e degré (art. 10.4). Faute grave. |
| Freiner brusquement pour avertir le conducteur qui vous colle | Interdit | Un freinage soudain non exigé par des raisons de sécurité est interdit (art. 10.2). |
| Freiner fort parce qu'un enfant surgit devant vous | Autorisé | Le freinage est alors exigé par la sécurité (art. 10.2). |
| Accélérer quand une voiture vous dépasse par la gauche | Interdit | Vous serrez à droite et vous n'accélérez pas (art. 16.7). Faute grave. |
| Vous rabattre juste devant le camion que vous venez de dépasser | Interdit | Vous devez pouvoir reprendre votre place à droite sans gêner les autres conducteurs (art. 16.4, 1°, c). |
| Deux camions de plus de 7,5 t à 30 m l'un de l'autre sur une nationale hors agglomération | Interdit | Hors agglomération, au moins 50 m entre eux (art. 18.2). |
| Cortège de voitures qui se suivent à 10 m sur une route de campagne | Interdit | Les véhicules automobiles en convoi gardent au moins 50 m entre eux hors agglomération (art. 18.3). |
| Deux camions de plus de 7,5 t à 20 m l'un de l'autre dans une rue de Charleroi | Sous conditions | L'intervalle de 50 m ne vaut que hors agglomération. En agglomération, la distance doit rester suffisante compte tenu de la vitesse (art. 10.1, 2°). |
À retenir
- Le Code vous oblige à garder une distance de sécurité suffisante compte tenu de votre vitesse (art. 10.1, 2°), sans chiffre pour les voitures.
- Au moins 2 secondes sur route sèche, 3 secondes sur route mouillée, 4 secondes sur neige ou verglas.
- Mesurez avec un repère fixe : si vous l'atteignez avant d'avoir compté « deux crocodiles », vous êtes trop près.
- À 90 km/h, 2 secondes font 50 m ; à 120 km/h, environ 67 à 70 m.
- Hors agglomération, plus de 7,5 t ou plus de 7 m : au moins 50 m entre eux ; convois : 50 m ; sur les ponts, plus de 7,5 t : 15 m.
- Quelqu'un se rabat devant vous : levez le pied pour recréer l'écart, sans freinage brusque.
- Distance insuffisante : erreur ordinaire à l'examen (1er degré). Coller pour faire accélérer (4e degré) ou accélérer quand on vous dépasse (3e degré) : fautes graves (−5).
Attention à l’examen
- Attention à l'examen : le Code de la route actuel ne fixe aucune distance en mètres pour les voitures. Une réponse qui cite « 50 m obligatoires pour toutes les voitures » est fausse.
- Attention à l'examen : le seuil de l'intervalle de 50 m est 7,5 t ou 7 m de long, et il ne vaut que hors agglomération.
- Attention à l'examen : une voiture avec une caravane peut dépasser 7 m de long ; l'intervalle de 50 m hors agglomération la concerne alors aussi.
- Attention à l'examen : une distance trop courte par négligence est du 1er degré, mais coller un conducteur pour qu'il accélère peut constituer une incitation à la vitesse excessive, du 4e degré : faute grave.
- Attention à l'examen : les 2 secondes valent pour une route sèche. Sur route mouillée, la bonne réponse est en général au moins 3 secondes.
Erreur fréquente
- Erreur fréquente : se fier à l'impression de distance plutôt que compter les secondes, surtout sur autoroute où les distances sont difficiles à estimer.
- Erreur fréquente : réduire son écart pour empêcher les autres de s'insérer devant soi.
- Erreur fréquente : garder le même intervalle sous la pluie ou par brouillard qu'en temps sec.
- Erreur fréquente : freiner brusquement pour « punir » un conducteur qui colle, au risque de provoquer la collision.
Cas particuliers
Sur les ponts
Les véhicules et trains de véhicules de plus de 7,5 t (masse maximale autorisée) doivent garder au moins 15 m entre eux sur les ponts, en agglomération comme hors agglomération (art. 18.1). Cette règle ne concerne pas les voitures, mais elle explique pourquoi des poids lourds laissent parfois un écart sur un pont.
Convois militaires
L'intervalle de 50 m imposé aux convois ne s'applique pas aux véhicules militaires en convoi entre la tombée et le lever du jour, ni par brouillard intense. Ces convois sont alors signalés : fanion ou feu bleu sur le premier véhicule, fanion ou feu vert sur le dernier, et feux allumés de jour comme de nuit (art. 18.4).
Voiture avec caravane ou remorque
Un ensemble voiture et caravane est un train de véhicules. S'il dépasse 7 m de long, ou 7,5 t de masse maximale autorisée, il doit garder au moins 50 m avec les autres véhicules visés par l'article 18.2, hors agglomération. Avec une remorque, votre distance de freinage s'allonge aussi : prévoyez plus que 2 secondes. Voir la leçon Chargement, dimensions et remorque.
Après un ralentissement brusque sur autoroute
Quand la circulation ralentit fortement, freinez tôt pour que vos feux-stop préviennent ceux qui vous suivent (art. 10.2). Votre obligation de pouvoir vous arrêter devant un obstacle prévisible reste la même, quelle que soit la limite affichée (art. 10.1, 3°).
Réforme annoncée
Le nouveau Code de la voie publique (arrêté royal du 3 juin 2024), dont l'entrée en vigueur est prévue le 1er juin 2027, prévoit au moins deux secondes d'intervalle sur les voies publiques où la limitation de vitesse dépasse 50 km/h (art. 10, § 3). La numérotation des articles cités dans cette leçon changera aussi. Jusqu'à cette date, le Code de la route de 1975 reste applicable.
Questions fréquentes
Quelle distance dois-je garder derrière une voiture ?
Le Code de la route exige une distance suffisante compte tenu de votre vitesse (art. 10.1, 2°). En pratique, gardez au moins 2 secondes d'intervalle sur route sèche, 3 secondes sur route mouillée et 4 secondes sur neige ou verglas, comme le recommandent l'institut Vias et l'AWSR.
Le Code de la route fixe-t-il une distance en mètres pour les voitures ?
Non. Pour les voitures, le Code actuel parle seulement d'une distance « suffisante ». Les seuls intervalles en mètres visent les véhicules de plus de 7,5 t ou de plus de 7 m et les convois (50 m hors agglomération) et, sur les ponts, les véhicules de plus de 7,5 t (15 m) (art. 18).
Combien de mètres représentent 2 secondes ?
Divisez la vitesse par 3,6, puis multipliez par 2. Cela donne environ 28 m à 50 km/h, 50 m à 90 km/h et environ 67 m à 120 km/h. L'AWSR parle d'environ 70 m sur autoroute à 120 km/h.
Une distance de sécurité insuffisante est-elle une faute grave à l'examen ?
Non : c'est une infraction du 1er degré, une erreur coûte 1 point. En revanche, coller un conducteur pour le pousser à accélérer peut constituer une incitation à la vitesse excessive (art. 10.4), du 4e degré : faute grave, −5 points. Ne pas serrer à droite ou accélérer quand on vous dépasse (art. 16.7) est aussi une faute grave.
Que faire si quelqu'un me suit de trop près ?
Gardez une allure régulière et ne freinez pas brusquement pour le sanctionner : c'est interdit (art. 10.2). Augmentez plutôt l'espace devant vous et freinez tôt et progressivement. S'il vous dépasse, serrez à droite et n'accélérez pas (art. 16.7).
L'intervalle de 50 m s'applique-t-il à ma voiture ?
Seulement dans deux cas, et uniquement hors agglomération : si votre voiture forme avec sa remorque ou sa caravane un ensemble de plus de 7 m de long ou de plus de 7,5 t (art. 18.2), ou si vous roulez en convoi avec d'autres véhicules pour faire un trajet ensemble (art. 18.3).
Sources officielles
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 10 « Vitesse » (10.1, 10.2 et 10.4) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 18 « Intervalle entre les véhicules » — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), version consolidée : art. 2.12, 12.4, 16.4 et 16.7 — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- AR du 30 septembre 2005 désignant les infractions par degré, art. 2, 3 et 4 — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- AR du 30 septembre 2005 désignant les infractions par degré, version consolidée Justel — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- AR du 23 mars 1998 relatif au permis de conduire, annexe 4 (mode de cotation, versions régionales) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Formation à la conduite et examens pour le permis de conduire B » — Région de Bruxelles-Capitale (be.brussels)
- Mon permis de conduire (Wallonie), « Examen théorique » — SPW / AWSR (Wallonie)
- AWSR, « Distances de sécurité sur la route » — Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR)
- Institut Vias, « 6 conducteurs sur 10 ne respectent pas la distance de sécurité sur autoroute » (26/12/2023) — Institut Vias
- Institut Vias, « Mesure de comportement relative aux distances » (rapport 2023-R-30-FR) — Institut Vias
- Arrêté royal du 3 juin 2024 relatif au Code de la voie publique, art. 10, § 3 — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- SPF Mobilité et Transports, « Code de la voie publique (01/06/2027) » — SPF Mobilité et Transports
Dernière vérification réglementaire : 30/10/2026
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