Un véhicule automoteur ne peut circuler que s'il est couvert par une assurance de responsabilité civile, que le propriétaire doit conclure. Elle suit le véhicule : elle indemnise les dommages causés aux autres, quel que soit le conducteur, mais pas les dégâts de votre propre voiture. Les piétons, cyclistes et passagers blessés sont indemnisés sans devoir prouver une faute, et le Fonds commun de garantie paie quand le véhicule n'est pas assuré ou pas identifié.
Dans cette leçon, vous allez apprendre à :
- Savoir qui doit assurer un véhicule et ce que signifie « l'assurance suit le véhicule ».
- Distinguer ce que la RC auto couvre (les tiers) de ce qu'elle peut exclure (votre propre véhicule).
- Comprendre l'indemnisation automatique des piétons, cyclistes et passagers (article 29bis) et ses limites.
- Connaître le rôle du Fonds commun de garantie et les risques de rouler sans assurance.
- Savoir comment l'assurance intervient après un accrochage : constatations, identité, constat.
En Belgique, une voiture ne peut pas rouler sans assurance de responsabilité civile, la « RC auto ». C’est le propriétaire du véhicule qui doit la conclure (loi du 21 novembre 1989, art. 2). Cette assurance paie les dommages que le véhicule cause aux autres : piétons, cyclistes, passagers, autres conducteurs, biens. Elle suit le véhicule, et non le conducteur : si vous prêtez votre voiture, l’ami qui la conduit est couvert. Elle ne paie pas, en revanche, la réparation de votre propre voiture quand vous êtes en tort.
L’essentiel en six points
- L’assurance RC auto est obligatoire pour circuler sur la voie publique et sur les terrains ouverts au public (art. 2).
- L’obligation pèse sur le propriétaire. Le conducteur qui roule en sachant que le véhicule n’est pas assuré est aussi punissable (art. 22).
- Elle couvre le propriétaire, tout détenteur, tout conducteur, les passagers et les personnes civilement responsables, mais jamais le voleur (art. 3).
- Dommages corporels : garantie illimitée. Dégâts matériels : au moins 100 millions d’euros par sinistre, montant indexé (art. 3).
- Piétons, cyclistes et passagers blessés sont indemnisés sans devoir prouver une faute du conducteur (art. 29bis). Le conducteur, lui, n’en profite pas.
- Véhicule non assuré, volé ou en fuite : la victime est indemnisée par le Fonds commun de garantie (art. 19bis-11).
Ce que dit la loi : l’assurance RC est obligatoire
La règle ne se trouve pas dans le Code de la route, mais dans une loi spécifique : la loi du 21 novembre 1989 relative à l’assurance obligatoire de la responsabilité en matière de véhicules automoteurs. Son article 2 pose le principe : les véhicules automoteurs ne sont admis à la circulation que si la responsabilité civile à laquelle ils peuvent donner lieu est couverte par un contrat d’assurance conforme à la loi, et dont les effets ne sont pas suspendus.
Retenez les trois éléments de cette phrase. Il faut un contrat. Ce contrat doit être conforme à la loi. Et il doit être en cours : une assurance suspendue, par exemple parce que la prime n’a pas été payée et que l’assureur a suspendu la garantie, ne suffit pas.
Quels véhicules sont concernés ?
Tous les véhicules automoteurs : voitures, camionnettes, motos, cyclomoteurs, camions, tracteurs… La loi prévoit seulement quelques exemptions très limitées (art. 2bis) :
- les engins limités à 6 km/h et d’une masse de 100 kg au plus, batterie comprise ;
- les engins limités à 25 km/h et d’une masse de 25 kg au plus ;
- les fauteuils roulants motorisés destinés exclusivement aux personnes ayant un handicap physique.
L’exemption ne vaut pas si l’engin sert aussi à autre chose qu’au simple déplacement.
Où l’obligation s’applique-t-elle ?
Sur la voie publique, bien sûr, mais aussi sur les terrains ouverts au public, comme le parking d’un supermarché à Namur ou d’une gare à Bruxelles. Un accrochage sur le parking d’un centre commercial est donc bien couvert par l’assurance RC.
Qui doit assurer : le propriétaire
L’obligation de conclure l’assurance incombe au propriétaire du véhicule (art. 2). Si vous empruntez la voiture d’un parent pour aller travailler à Liège, ce n’est pas à vous de l’assurer. Mais vous n’êtes pas indifférent pour autant : le conducteur qui sait que le véhicule n’est pas assuré et le conduit quand même commet aussi une infraction (art. 22). Avant de prendre le volant d’une voiture qui n’est pas la vôtre, posez la question.
Pourquoi cette obligation existe
Un accident de la route peut coûter des sommes énormes : soins, rééducation, perte de revenus d’une personne blessée à vie, réparation d’une façade ou d’un bus. Très peu de conducteurs pourraient payer cela eux-mêmes. Sans assurance obligatoire, beaucoup de victimes ne seraient jamais indemnisées.
Toute la loi est construite autour de cette idée : protéger la victime. C’est pour cela que la garantie est illimitée pour les dommages corporels, que l’assureur ne peut pas refuser d’indemniser la victime en invoquant une faute de son client, et qu’un Fonds commun de garantie intervient quand aucun assureur ne doit payer. Gardez ce fil rouge en tête à l’examen.
Ce que couvre l’assurance RC auto
Les personnes couvertes
L’assurance doit indemniser les personnes lésées chaque fois qu’est engagée la responsabilité civile du propriétaire, de tout détenteur, de tout conducteur du véhicule assuré, de toute personne transportée et des personnes civilement responsables de celles-ci (art. 3, § 1er). Une seule exception : ceux qui se sont rendus maîtres du véhicule par vol, violence ou recel.
| Personne | Couverte ? | Exemple |
|---|---|---|
| Le propriétaire | Oui | Vous conduisez votre propre voiture et heurtez un scooter. |
| Un conducteur à qui vous prêtez la voiture | Oui | Votre sœur emprunte votre voiture et endommage une barrière. |
| Un détenteur (par exemple un garagiste) | Oui | Le garagiste essaie la voiture après réparation et accroche un rétroviseur. |
| Un passager | Oui | Un passager ouvre sa portière sans regarder et fait chuter un cycliste. |
| Les personnes civilement responsables | Oui | Les parents d’un passager mineur responsable d’un dommage. |
| Le voleur du véhicule | Non | Les victimes d’un véhicule volé sont indemnisées par le Fonds commun de garantie. |
Les montants garantis
Pour les dommages résultant de lésions corporelles, la garantie est illimitée (art. 3, § 2). Pour les dégâts matériels, le contrat peut prévoir un plafond, mais il ne peut pas être inférieur à 100 millions d’euros par sinistre. Ces montants sont adaptés d’office tous les cinq ans à l’indice des prix à la consommation (art. 3, § 4).
Ce que l’assurance RC peut exclure
La RC auto indemnise les tiers, c’est-à-dire les autres. La loi permet donc au contrat d’exclure certains dommages (art. 3, § 1er, et art. 4, § 2) :
| Dommage | Exclusion possible ? | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Les dégâts au véhicule assuré lui-même | Oui | Pour réparer votre propre voiture quand vous êtes en tort, il faut une garantie facultative, souvent appelée « omnium » dans le commerce. |
| Les biens transportés à titre professionnel et payant | Oui | Les vêtements et bagages personnels des passagers restent couverts. |
| Les dommages liés à une course ou un concours de vitesse, de régularité ou d’adresse autorisé | Oui | Ces épreuves relèvent d’un régime particulier (art. 8 de la loi). |
| Les blessures d’un piéton, d’un cycliste ou d’un passager | Non | Garantie illimitée ; régime automatique de l’article 29bis. |
Erreur fréquente Croire que « être assuré » veut dire que tout sera remboursé. Si vous reculez contre un poteau sur un parking, la RC auto ne paie rien pour votre pare-chocs : aucun tiers n’a subi de dommage. Seule une garantie facultative couvrirait ce dégât.
Dans cette situation, les dégâts de la voiture P sont pris en charge par votre assurance RC, puisque c’est votre véhicule qui les a causés. Et comme son conducteur est absent, le Code de la route vous oblige à laisser si possible vos nom et adresse sur place et, en tout cas, à les communiquer au plus tôt, directement ou par la police (art. 52.2). Repartir sans rien laisser n’est pas permis. Voir la leçon En cas d’accident.
L’assurance suit le véhicule, pas le conducteur
C’est le point le plus important à comprendre. En Belgique, on n’assure pas une personne, on assure la responsabilité liée à un véhicule. Concrètement :
- Vous prêtez votre voiture à un collègue pour un déménagement à Mons. Il accroche une camionnette : c’est l’assurance de votre voiture qui indemnise le propriétaire de la camionnette.
- Vous conduisez la voiture de votre père et renversez un cycliste : c’est l’assurance de la voiture de votre père qui intervient.
- Votre voiture est volée et le voleur cause un accident : le voleur n’est pas couvert, mais ses victimes sont indemnisées par le Fonds commun de garantie (art. 3, § 1er, et art. 19bis-11).
Prêter son véhicule engage donc son propriétaire : le sinistre causé par l’emprunteur est réglé par le contrat du propriétaire. Les conséquences éventuelles sur la prime dépendent de ce contrat, pas de la loi.
Le certificat d’assurance et l’immatriculation
L’assurance est liée à la plaque. L’immatriculation d’un véhicule est subordonnée à une couverture d’assurance RC conforme à la loi (art. 6) : sans assurance, pas de plaque. L’assureur délivre ensuite au preneur d’assurance un certificat d’assurance qui prouve l’existence du contrat (art. 7, § 1er).
Ce certificat peut prendre plusieurs formes. Pour le contrôle technique, la Région de Bruxelles-Capitale accepte la carte verte, la carte d’assurance imprimée en noir sur fond blanc ou une version électronique. La loi prévoit par ailleurs que le conducteur trouvé sur la voie publique sans être muni du certificat est punissable, sauf dans les conditions de dispense fixées par le Roi (art. 23).
Bon à savoir Une modification de l’article 23 a été adoptée par une loi du 25 septembre 2022 ; au 30 octobre 2026, le texte consolidé (Justel) indique que sa date d’entrée en vigueur reste « à déterminer ». Le plus sûr reste de garder votre certificat d’assurance, sur papier ou sous forme électronique, avec les autres documents du véhicule. La liste complète se trouve dans la leçon Permis et documents de bord.
En cas d’accident : comment l’assurance intervient
Accident avec seulement des dégâts matériels
Le Code de la route ne vous impose pas d’appeler la police pour un accrochage sans blessé. Il vous impose de rester sur place et de faire les constatations avec les autres personnes impliquées ; si vous n’êtes pas d’accord, vous devez permettre à un agent qualifié de les faire (art. 52.2). Toute personne impliquée de plus de 15 ans doit présenter sa carte d’identité à celles qui la demandent.
En pratique, ces constatations se font avec le constat européen d’accident (souvent appelé « constat amiable »), que les assureurs utilisent pour régler le sinistre. Le Code ne cite pas ce document : il n’est pas obligatoire en soi, mais c’est l’outil le plus simple pour faire les constatations exigées.
Dans cet exemple, vous avez heurté la voiture A qui vous précédait. Les dégâts de la voiture A seront payés par votre assurance RC. Les dégâts de votre propre voiture ne seront pas payés par votre RC : seule une garantie facultative pourrait les couvrir. Comme personne n’est blessé, rangez ensuite les véhicules comme s’ils étaient en stationnement, pour ne pas gêner la circulation, tout en restant sur place pour les constatations (Code de la route, art. 52.1 et 51.1).
Piétons, cyclistes, passagers : l’article 29bis
La loi accorde une protection particulière aux victimes qui ne conduisent pas un véhicule automoteur. Quand un accident implique un véhicule automoteur, tous les dommages résultant de lésions corporelles ou du décès de ces victimes sont indemnisés par l’assureur du véhicule impliqué, sans qu’il faille rechercher qui est en tort (art. 29bis, § 1er). On parle souvent d’indemnisation automatique des « usagers faibles ».
Cette situation est aussi un piège de l’examen pour une autre raison : en changeant de direction, vous devez céder le passage aux cyclistes qui circulent tout droit sur la piste cyclable de la même voie publique. Ne pas le faire est une infraction du 3e degré, donc une faute grave à l’examen (−5 points). Voir la leçon Changer de direction.
| Victime | Indemnisation automatique ? | Précision |
|---|---|---|
| Piéton | Oui | Même s’il a traversé hors d’un passage pour piétons. |
| Cycliste | Oui | Ses blessures, pas son vélo : les dégâts matériels suivent les règles ordinaires. |
| Passager d’une voiture | Oui | Y compris le passager de la voiture responsable. |
| Enfant de 14 ans ou moins | Oui, toujours | Même s’il a voulu l’accident. |
| Victime de plus de 14 ans qui a voulu l’accident et ses conséquences | Non | Seule exception prévue pour les non-conducteurs. |
| Conducteur d’un véhicule automoteur impliqué | Non | Il relève des règles ordinaires de la responsabilité. |
Deux nuances sont essentielles. D’abord, l’article 29bis vise les dommages corporels (et le décès) ; il exclut les dégâts matériels, comme le vélo abîmé. Ensuite, il ne profite pas au conducteur d’un véhicule automoteur impliqué : si vous êtes blessé au volant de votre voiture, vous ne pouvez pas l’invoquer pour vous-même.
Pour aller plus loin sur la protection des usagers les plus exposés, voir les leçons Enfants, personnes âgées et personnes à mobilité réduite et Les piétons.
La victime d’abord, le conducteur fautif ensuite
L’assureur ne peut opposer à la personne lésée aucune nullité, exception, franchise ou déchéance tirée de la loi ou du contrat (art. 16). Autrement dit, il indemnise la victime même si son client a commis une faute grave envers lui. Il peut ensuite se retourner contre le preneur d’assurance dans les cas prévus par la loi. L’article 16bis permet ce recours si, au moment de l’accident, le véhicule était conduit :
- par une personne qui n’avait pas l’âge minimum légalement requis ;
- par une personne sans permis valable pour ce véhicule ;
- par une personne qui ne respectait pas les restrictions de son permis ;
- par une personne sous le coup d’une déchéance du droit de conduire.
Le recours est notamment exclu si le preneur prouve que la faute a été commise contre ses instructions ou à son insu, ou s’il s’agit d’une simple formalité administrative. Le message est clair : prêter sa voiture à quelqu’un qui n’a pas de permis valable, c’est risquer de devoir rembourser soi-même toute l’indemnisation de la victime.
Rouler sans assurance : ce que vous risquez
Le propriétaire ou le détenteur qui met en circulation un véhicule non assuré, ainsi que le conducteur, commettent une infraction pénale (art. 22, § 1er). Le détenteur et le conducteur ne sont punissables que s’ils savaient que le véhicule n’était pas assuré. En plus de la peine principale, le tribunal peut prononcer une déchéance du droit de conduire et ordonner la confiscation du véhicule (art. 24).
Les conséquences financières sont souvent les plus lourdes. Si un véhicule non assuré cause un accident, la victime est indemnisée par le Fonds commun de garantie (art. 19bis-11, § 1er). Mais le Fonds dispose ensuite d’un droit de recours contre le propriétaire du véhicule, à concurrence de l’indemnité payée (art. 19bis-14). Avec une garantie illimitée pour les blessés, la somme réclamée peut peser sur toute une vie.
Faute grave à l’examen ? À l’examen théorique, une faute grave coûte −5 points, et deux fautes graves entraînent l’échec. La définition réglementaire vise les infractions du 3e et du 4e degré (AR du 30 septembre 2005) et tout dépassement de la vitesse maximale autorisée. Le défaut d’assurance est puni par la loi du 21 novembre 1989 et n’est pas classé par degré : une erreur sur une question d’assurance coûte donc en principe 1 point. Dans la vie réelle, c’est pourtant l’une des infractions aux conséquences les plus lourdes. Voir la liste des fautes graves.
Le Fonds commun de garantie : le filet de sécurité des victimes
Le Fonds commun de garantie indemnise la personne lésée quand aucun assureur ne doit le faire ou ne peut le faire. Les principaux cas prévus par l’article 19bis-11, § 1er :
| Situation | Exemple |
|---|---|
| Le véhicule responsable n’est pas identifié | Un automobiliste renverse un piéton à Charleroi et prend la fuite sans être retrouvé. |
| Le véhicule n’était pas assuré | Le propriétaire a laissé circuler une voiture sans contrat RC. |
| Le véhicule a été obtenu par vol, violence ou recel | Un voleur cause un accident avec la voiture volée. |
| L’assureur est en faillite ou en liquidation | L’assureur du responsable ne peut plus payer. |
| Un cas fortuit exonère le conducteur | Aucun assureur ne doit payer, alors qu’il y a une victime. |
| L’assureur ne donne pas de réponse motivée dans les 3 mois | La victime a introduit une demande d’indemnisation restée sans réponse. |
Une nuance : quand le véhicule responsable n’est pas identifié, l’indemnisation des dégâts matériels peut être limitée, par exemple aux accidents qui ont aussi causé des blessures graves, avec une franchise possible (art. 19bis-13, § 3). Les dommages corporels restent la priorité du Fonds.
L’attestation de sinistres : votre historique d’assuré
Quand vous changez d’assureur, le nouvel assureur voudra connaître votre passé. Sur demande du preneur, et à la fin du contrat, l’assureur doit délivrer dans les 15 jours une attestation des sinistres, ou de leur absence, qui couvre au moins les 5 dernières années (art. 7, § 2).
Comment bien appliquer ces règles au quotidien
- Avant d’acheter une voiture : prévoyez l’assurance RC avant l’immatriculation. Sans elle, pas de plaque.
- Avant d’emprunter une voiture : vérifiez qu’elle est assurée et que le certificat d’assurance est disponible.
- Avant de prêter votre voiture : vérifiez que la personne a l’âge requis et un permis valable pour ce véhicule.
- Après un accrochage : restez sur place, sécurisez les lieux, faites les constatations (constat), échangez vos identités, puis informez votre assureur.
- En cas de blessé : portez secours aux blessés et prévenez les services de secours et la police. L’indemnisation des blessés non conducteurs sera réglée par l’assurance, sans débat sur la faute.
Nouveau Code de la voie publique Le Code de la route de 1975 reste applicable jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau Code de la voie publique, prévue le 1er juin 2027. Les obligations après un accident (aujourd’hui à l’article 52 du Code de la route) pourraient alors changer de numéro ou de formulation. La loi du 21 novembre 1989 sur l’assurance obligatoire est un texte distinct du Code de la route.
Définitions utiles
- Responsabilité civile (RC)
- Obligation de réparer le dommage que l'on cause à autrui. L'assurance RC auto prend en charge cette réparation lorsque le dommage est causé par le véhicule assuré (loi du 21/11/1989, art. 2 et 3).
- Preneur d'assurance
- Personne qui conclut le contrat avec l'assureur et paie la prime. C'est à lui que l'assureur délivre le certificat d'assurance (art. 7, § 1er).
- Personne lésée (tiers)
- Personne qui subit un dommage causé par le véhicule assuré : piéton, cycliste, passager, autre conducteur, propriétaire d'un bien endommagé.
- Certificat d'assurance
- Document délivré par l'assureur qui prouve l'existence du contrat RC (art. 7, § 1er). Il peut se présenter sous forme de carte verte, de carte noir sur blanc ou de version électronique.
- Article 29bis
- Régime d'indemnisation automatique des dommages corporels des victimes non conductrices (piétons, cyclistes, passagers) quand un véhicule automoteur est impliqué, sans recherche de faute.
- Fonds commun de garantie
- Organisme qui indemnise les victimes lorsque aucun assureur ne doit ou ne peut payer : véhicule non identifié, non assuré, volé, assureur en faillite… (art. 19bis-11).
- Droit de recours
- Possibilité, pour l'assureur ou le Fonds commun de garantie qui a indemnisé la victime, de réclamer ensuite les sommes payées à l'assuré ou au propriétaire responsable (art. 16bis et 19bis-14).
- Omnium
- Nom commercial courant d'une garantie facultative qui couvre les dégâts à votre propre véhicule. Ce mot n'apparaît pas dans la loi ; cette garantie n'est pas obligatoire.
Autorisé ou interdit ?
| Situation | Verdict | Précision |
|---|---|---|
| Laisser circuler une voiture dont le contrat RC est suspendu | Interdit | Le contrat doit être en cours et ses effets non suspendus (loi du 21/11/1989, art. 2). |
| Conduire la voiture d'un ami, assurée à son nom | Autorisé | L'assurance couvre tout conducteur du véhicule assuré (art. 3, § 1er). |
| Conduire une voiture empruntée en sachant qu'elle n'est pas assurée | Interdit | Le conducteur qui le sait est punissable, comme le propriétaire (art. 22). |
| Faire immatriculer une voiture avant d'avoir conclu l'assurance RC | Interdit | L'immatriculation est subordonnée à la couverture RC (art. 6). |
| Régler un accrochage sans blessé sans appeler la police | Sous conditions | Permis si les personnes impliquées font ensemble les constatations ; à défaut d'accord, il faut permettre à un agent qualifié de les faire (Code de la route, art. 52.2). |
| Repartir après avoir rayé une voiture garée sans laisser vos coordonnées | Interdit | Laissez si possible vos nom et adresse sur place et communiquez-les au plus tôt, directement ou par la police (art. 52.2). |
| Prêter votre voiture à une personne sans permis valable | Interdit | La victime sera indemnisée, mais l'assureur peut ensuite se retourner contre vous (art. 16bis). |
| Rouler sans omnium | Autorisé | Seule la RC est obligatoire. Les dégâts à votre propre véhicule ne sont alors pas couverts quand vous êtes en tort. |
À retenir
- L'assurance RC auto est obligatoire pour tout véhicule automoteur sur la voie publique et les terrains ouverts au public (loi du 21/11/1989, art. 2).
- C'est le propriétaire qui doit assurer ; le conducteur qui roule en sachant que le véhicule n'est pas assuré est aussi punissable.
- L'assurance suit le véhicule : elle couvre tout conducteur, les passagers et le détenteur, mais jamais le voleur.
- Dommages corporels : garantie illimitée. Dégâts matériels : au moins 100 millions d'euros par sinistre (montant indexé).
- La RC indemnise les autres : les dégâts à votre propre véhicule peuvent être exclus et relèvent d'une garantie facultative.
- Article 29bis : piétons, cyclistes et passagers blessés sont indemnisés sans recherche de faute ; le conducteur d'un véhicule automoteur impliqué en est exclu.
- Pas d'immatriculation sans assurance ; l'assureur délivre un certificat qui prouve le contrat.
- Véhicule non assuré, volé ou non identifié : la victime est indemnisée par le Fonds commun de garantie, qui peut se retourner contre le propriétaire non assuré.
Attention à l’examen
- Attention à l'examen : l'obligation d'assurer pèse sur le propriétaire, pas sur chaque conducteur. Mais celui qui conduit en sachant que le véhicule n'est pas assuré est aussi en infraction.
- Attention à l'examen : la RC auto ne paie pas la réparation de votre propre voiture quand vous êtes en tort. « Être assuré » ne veut pas dire « tout est couvert ».
- Attention à l'examen : l'article 29bis protège les piétons, cyclistes et passagers, pas le conducteur du véhicule automoteur impliqué. Et il vise les blessures, pas le vélo.
- Attention à l'examen : un enfant de 14 ans ou moins est toujours indemnisé pour ses blessures, même s'il a voulu l'accident.
- Attention à l'examen : pour un accident sans blessé, la police n'est pas obligatoire si les personnes impliquées font ensemble les constatations. Partir sans les faire est interdit.
- Attention à l'examen : même si le conducteur n'avait pas de permis, la victime est indemnisée par l'assureur du véhicule ; c'est ensuite l'assuré qui risque de devoir rembourser.
Erreur fréquente
- Erreur fréquente : croire que l'assurance couvre la personne et non le véhicule, et penser qu'un ami qui emprunte votre voiture doit avoir sa propre assurance.
- Erreur fréquente : penser que l'omnium est obligatoire. Seule la RC l'est ; l'omnium est une garantie facultative.
- Erreur fréquente : partir après avoir accroché une voiture garée sans laisser ses coordonnées, en pensant que « l'assurance s'en occupera ».
- Erreur fréquente : croire qu'une victime d'un chauffard en fuite ou d'un véhicule non assuré ne sera jamais indemnisée. Le Fonds commun de garantie intervient.
Cas particuliers
Véhicule volé
Le voleur n'est pas couvert par l'assurance du véhicule (loi du 21/11/1989, art. 3, § 1er). Ses victimes sont indemnisées par le Fonds commun de garantie (art. 19bis-11, § 1er).
Conducteur sans permis ou trop jeune
L'assureur indemnise quand même la victime (art. 16). Il peut ensuite se retourner contre le preneur d'assurance si le conducteur n'avait pas l'âge minimum, n'avait pas de permis valable pour ce véhicule, ne respectait pas les restrictions de son permis ou était déchu du droit de conduire (art. 16bis), sauf notamment si le preneur prouve que cela s'est fait à son insu ou contre ses instructions.
Petits engins et fauteuils roulants motorisés
Les engins limités à 6 km/h (100 kg au plus) ou à 25 km/h (25 kg au plus) et les fauteuils roulants motorisés destinés exclusivement aux personnes ayant un handicap physique sont exemptés de l'obligation d'assurance (art. 2bis). Si l'un d'eux cause un accident et qu'aucun assureur ne couvre son conducteur, la victime peut s'adresser au Fonds commun de garantie.
Courses et concours autorisés
Les dommages liés à la participation à une course ou à un concours de vitesse, de régularité ou d'adresse autorisé peuvent être exclus du contrat RC ordinaire (art. 4, § 2). Une course non autorisée sur la voie publique est, elle, une infraction du 4e degré, donc une faute grave à l'examen.
Victime de plus de 14 ans qui a voulu l'accident
C'est la seule victime non conductrice exclue de l'indemnisation automatique de l'article 29bis. Une victime de 14 ans ou moins reste toujours indemnisée.
Questions fréquentes
L'assurance auto est-elle obligatoire en Belgique ?
Oui, l'assurance de responsabilité civile (RC auto) est obligatoire pour tout véhicule automoteur qui circule sur la voie publique ou sur un terrain ouvert au public (loi du 21 novembre 1989, art. 2). Les garanties qui couvrent votre propre véhicule, comme l'omnium, restent facultatives.
Si je prête ma voiture à un ami, est-il assuré ?
Oui. L'assurance RC couvre tout conducteur du véhicule assuré (art. 3, § 1er). Si votre ami cause un accident, c'est l'assurance de votre voiture qui indemnise les victimes. Si votre ami n'a pas de permis valable, l'assureur indemnise quand même la victime, mais peut ensuite se retourner contre vous (art. 16bis).
Mon assurance RC paie-t-elle les réparations de ma voiture ?
Non, pas quand vous êtes en tort. La RC auto indemnise les autres. La loi permet d'exclure les dégâts au véhicule assuré (art. 3, § 1er). Pour les couvrir, il faut une garantie facultative, souvent appelée « omnium ». Si c'est un autre conducteur qui est responsable, c'est son assurance RC qui paie vos dégâts.
Un cycliste blessé par ma voiture doit-il prouver que j'étais en tort ?
Non. Grâce à l'article 29bis de la loi du 21 novembre 1989, les dommages corporels d'un cycliste, d'un piéton ou d'un passager sont indemnisés par l'assureur du véhicule automoteur impliqué, sans recherche de faute. Les dégâts au vélo, eux, suivent les règles ordinaires de la responsabilité.
Que se passe-t-il si je suis victime d'un véhicule non assuré ou d'un chauffard en fuite ?
Le Fonds commun de garantie vous indemnise lorsque le véhicule n'était pas assuré, n'a pas pu être identifié, a été volé, ou lorsque l'assureur est en faillite (art. 19bis-11, § 1er). En cas de véhicule non assuré, le Fonds peut ensuite se retourner contre son propriétaire.
Une question sur l'assurance peut-elle être une faute grave à l'examen ?
En principe non. Les fautes graves (−5 points, échec à deux) sont les infractions du 3e et du 4e degré de l'AR du 30 septembre 2005 et tout dépassement de la vitesse maximale autorisée. Le défaut d'assurance relève de la loi du 21 novembre 1989 et n'est pas classé par degré. Une erreur coûte donc en principe 1 point.
Sources officielles
- Loi du 21 novembre 1989 relative à l'assurance obligatoire de la responsabilité en matière de véhicules automoteurs, art. 2, 2bis, 3, 4, 6, 7, 16, 16bis, 19bis-11, 19bis-13, 19bis-14, 22, 23, 24 et 29bis — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 52.2 (accident avec dégâts matériels) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Contrôle technique » (documents à présenter, dont la carte d'assurance) — Région de Bruxelles-Capitale (be.brussels)
- AR du 30 septembre 2005 désignant les infractions par degré aux règlements généraux pris en exécution de la loi relative à la police de la circulation routière, art. 3 et 4 — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- AR du 23 mars 1998 relatif au permis de conduire, annexe 4 (mode de cotation de l'examen théorique) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
Dernière vérification réglementaire : 30/10/2026
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