En Belgique, vous ne pouvez pas conduire avec 0,5 g d'alcool ou plus par litre de sang, soit 0,22 mg par litre d'air expiré ; pour les chauffeurs de camion et de bus, la limite est de 0,2 g/l (0,09 mg/l). Dès ce seuil, la police vous interdit de conduire pendant 12 heures et, à partir de 0,8 g/l, votre permis est en pratique retiré pour 15 jours. L'ivresse est punissable quel que soit le taux, et ces règles valent aussi à vélo et pour le guide d'un apprenti.
Dans cette leçon, vous allez apprendre à :
- Connaître la limite légale dans les deux unités : 0,5 g/l de sang et 0,22 mg/l d'air alvéolaire expiré, et le seuil de 0,2 g/l des conducteurs professionnels.
- Comprendre pourquoi l'alcool rend la conduite dangereuse, même sous la limite, et pourquoi compter ses verres ne protège pas.
- Savoir comment se déroule un contrôle et ce que coûte un refus de test.
- Distinguer les sanctions : interdiction de conduire de 12 heures, retrait immédiat, déchéance prononcée par le juge.
- Reconnaître les personnes concernées sans tenir le volant : guide d'un apprenti, cycliste, personne qui prête sa voiture.
En Belgique, vous ne pouvez pas conduire avec 0,5 gramme d’alcool ou plus par litre de sang. Lors d’un contrôle, la police mesure l’alcool dans votre souffle : la même limite s’exprime alors en 0,22 milligramme par litre d’air alvéolaire expiré (mg/l AAE). Pour les chauffeurs de camion et de bus, la limite descend à 0,2 g/l (0,09 mg/l). Dès que vous atteignez la limite, la police vous interdit de conduire pendant 12 heures. À partir de 0,8 g/l (0,35 mg/l), votre permis est en pratique retiré pour 15 jours. Ces règles figurent dans la loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière. Elles sont les mêmes à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre.
L’essentiel en six points
- Limite générale : 0,5 g/l de sang = 0,22 mg/l d’air expiré (loi du 16 mars 1968, art. 34).
- Camions, bus et certains transports de personnes : 0,2 g/l = 0,09 mg/l.
- Pas de taux spécial pour les jeunes conducteurs ni pour le permis provisoire : c’est 0,5 g/l.
- Dès la limite : interdiction de conduire de 12 heures (depuis le 1er juillet 2026).
- Refuser le test est puni comme un taux d’au moins 0,8 g/l.
- L’ivresse est punissable quel que soit le taux mesuré (art. 35).
La limite légale : 0,5 g/l de sang, 0,22 mg/l d’air expiré
L’alcool peut se mesurer de deux façons. La police analyse le plus souvent votre haleine : le résultat s’exprime en milligrammes par litre d’air alvéolaire expiré, c’est-à-dire l’air qui vient du fond des poumons. La prise de sang, plus rare, donne un résultat en grammes par litre de sang, aussi noté « pour mille » (‰). La loi fixe chaque seuil dans les deux unités (art. 34).
| Seuil | Sang | Air expiré | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|
| Conducteurs professionnels | 0,2 g/l | 0,09 mg/l | Infraction pour les conducteurs de camion, de bus et certains transports de personnes (art. 34, § 3) |
| Limite générale | 0,5 g/l | 0,22 mg/l | Infraction pour tous les conducteurs ; interdiction de conduire de 12 heures (art. 34, § 1er, et 60) |
| Seuil aggravé | 0,8 g/l | 0,35 mg/l | Amendes beaucoup plus lourdes ; retrait immédiat du permis de 15 jours en pratique (art. 34, § 2) |
| Plus de perception immédiate | 1,2 g/l | 0,50 mg/l | Au-delà, l’affaire va directement devant le tribunal de police |
| Éthylotest antidémarrage | 1,8 g/l | 0,78 mg/l | Le juge doit en principe l’imposer (art. 37/1) |
Attention à l’examen : 0,22 est un chiffre en milligrammes par litre d’air expiré. Il correspond à 0,5 g/l de sang, pas à 0,22 g/l. Retenez les paires : 0,09 = 0,2 ; 0,22 = 0,5 ; 0,35 = 0,8.
Qui doit respecter cette limite ?
La loi vise toute personne qui conduit « un véhicule ou une monture » dans un lieu public. La limite s’applique donc en voiture, à moto, à cyclomoteur, mais aussi à vélo et à cheval. Elle s’applique aussi au guide qui accompagne un apprenti conducteur (voir plus bas).
Chauffeurs professionnels : 0,2 g/l
Le seuil abaissé de 0,2 g/l vise deux groupes : les personnes qui conduisent un véhicule pour lequel un permis C1, C, C1+E, C+E, D1, D, D1+E ou D+E est exigé, et celles qui transportent des personnes avec un véhicule soumis aux mêmes exigences médicales (art. 34, § 3). C’est le véhicule et l’activité qui comptent, pas la personne. Un chauffeur de bus qui rentre chez lui dans sa voiture personnelle est soumis à la limite ordinaire de 0,5 g/l.
Jeunes conducteurs et permis provisoire : pas de taux spécial
Contrairement à une idée répandue, le texte en vigueur ne prévoit pas de taux plus bas pour les jeunes conducteurs ni pour les titulaires d’un permis provisoire. Votre limite est la même que celle de votre guide : 0,5 g/l. En revanche, les conséquences d’une condamnation sont plus lourdes si vous avez votre permis B depuis moins de 2 ans (voir plus bas).
Pourquoi cette limite existe
L’alcool agit sur tout ce qui sert à conduire. Le SPF Mobilité et Transports cite quatre effets principaux :
- un temps de réaction plus long, donc une distance d’arrêt plus longue : la voiture roule plus de mètres avant que vous ne freiniez (voir la leçon Distance de réaction, de freinage et d’arrêt) ;
- des troubles moteurs : gestes moins précis, trajectoire moins stable ;
- des troubles visuels, dont la vision en tunnel : votre champ de vision se rétrécit et ce qui arrive sur les côtés vous échappe ;
- une surestimation de vos capacités : vous vous sentez en forme et vous prenez plus de risques.
Ces effets commencent tôt. Selon Bruxelles Mobilité, 0,2 g/l suffit déjà à altérer la conduite. La limite de 0,5 g/l n’est donc pas une frontière entre « sans danger » et « dangereux » : c’est le seuil à partir duquel la loi punit.
Le risque d’accident grave augmente très vite avec le taux. Le SPF Mobilité et Transports publie les ordres de grandeur suivants :
| Taux d’alcool dans le sang | Risque d’accident grave |
|---|---|
| De 0,5 à 0,8 g/l | 2 à 10 fois plus élevé |
| De 0,8 à 1,2 g/l | 5 à 30 fois plus élevé |
| Plus de 1,2 g/l | 20 à 200 fois plus élevé |
Le même document indique que plus de 38 % des conducteurs gravement blessés ont un taux d’au moins 0,5 ‰. À Bruxelles, l’alcool et/ou les drogues sont impliqués dans 11 % des accidents qui font des tués ou des blessés graves, selon la Région. Ces chiffres expliquent pourquoi la loi durcit les sanctions par paliers.
Compter ses verres : pourquoi ce calcul ne vous protège pas
Selon Bruxelles Mobilité, un verre standard servi au bar contient environ 10 grammes d’alcool pur, qu’il s’agisse d’une bière pils, d’un verre de vin ou d’un whisky. Le type de boisson compte donc moins que le nombre de verres : un verre de vin n’est pas plus « léger » qu’une pils. Chaque verre fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l en moyenne.
Ce sont des moyennes. Votre taux réel varie d’une personne à l’autre et d’une situation à l’autre. Avec ces moyennes, deux verres peuvent déjà vous amener tout près de 0,5 g/l. Vous ne pouvez donc jamais être certain, en comptant vos verres, d’être sous la limite.
Erreur fréquente : penser qu’il existe un nombre de verres « autorisé ». La loi ne fixe pas un nombre de verres mais un taux, mesuré au moment du contrôle. Si vous conduisez, le choix le plus sûr est de ne pas boire du tout.
Le taux retenu est celui qui est mesuré au moment du contrôle, même le lendemain matin. La loi elle-même montre que l’alcool ne disparaît pas vite : après une interdiction de conduire de 12 heures, la police vous fait souffler à nouveau avant de vous laisser repartir, et l’interdiction est prolongée si vous êtes encore à 0,22 mg/l ou plus (art. 60, § 5). Un café ou une douche froide peuvent vous donner l’impression d’être plus alerte, mais seul le taux mesuré compte. Après une soirée arrosée, ne prévoyez pas de prendre la voiture tôt le lendemain pour aller travailler.
Le contrôle d’alcool, étape par étape
Qui peut être contrôlé ?
La police peut vous imposer un test d’haleine sans indice préalable (art. 59, § 1er) si :
- vous conduisez, ou vous accompagnez un apprenti conducteur, dans un lieu public ;
- vous vous apprêtez à conduire ou à accompagner un apprenti ;
- vous êtes l’auteur présumé d’un accident de la circulation, ou vous avez pu contribuer à le provoquer, même si vous en êtes la victime.
Le test, puis l’analyse
Le test d’haleine est un dépistage. Selon Bruxelles Mobilité, il donne un résultat S (Safe), A (Alert) ou P (Positif) ; seul un résultat S vous permet de reprendre la route. Si le test détecte au moins 0,22 mg/l, l’analyse de l’haleine mesure ensuite votre taux précis avec un appareil homologué. Vous pouvez demander une seconde analyse immédiate ; si les deux résultats concordent, c’est le plus bas qui est retenu (art. 59). La police peut aussi passer directement à l’analyse.
La prise de sang par un médecin reste l’exception : elle sert notamment quand l’analyse de l’haleine est impossible (art. 63). Si l’analyse mesure au moins 0,35 mg/l, vous pouvez aussi demander une prise de sang comme contre-expertise ; les frais restent à votre charge si l’infraction est établie.
Refuser le test : la pire option
Refuser le test ou l’analyse de l’haleine, ou refuser sans motif légitime la prise de sang, est puni comme un taux d’au moins 0,8 g/l (art. 34, § 2). Vous recevez en plus une interdiction de conduire de 12 heures (art. 60, § 3). Refuser n’évite donc rien : c’est au moins aussi lourd qu’un contrôle positif au palier aggravé.
Les sanctions, palier par palier
Le tableau ci-dessous reprend les montants publiés pour 2026 par codedelaroute.be. Ils changent chaque année : retenez surtout la logique. Plus le taux est élevé, plus la sanction est lourde, et au-delà de 1,2 g/l c’est toujours le juge qui décide.
| Taux (air expiré / sang) | Interdiction de conduire | Perception immédiate | Retrait immédiat du permis | Amende au tribunal |
|---|---|---|---|---|
| 0,09 à 0,22 mg/l (0,2 à 0,5 g/l), conducteurs professionnels uniquement | 12 heures | 116 € | Non | 250 à 5 000 € |
| 0,22 à 0,35 mg/l (0,5 à 0,8 g/l) | 12 heures | 197 € | Non | 250 à 5 000 € |
| 0,35 à 0,44 mg/l (0,8 à 1,0 g/l) | 12 heures | 462 € | 15 jours | 2 000 à 20 000 € |
| 0,44 à 0,50 mg/l (1,0 à 1,2 g/l) | 12 heures | 636 € | 15 jours | 2 000 à 20 000 € |
| Plus de 0,50 mg/l (plus de 1,2 g/l) | 12 heures | Aucune : tribunal de police | 15 jours | 2 000 à 20 000 € |
L’interdiction de conduire de 12 heures
Depuis le 1er juillet 2026 (loi du 25 mai 2026), l’interdiction de conduire dure 12 heures dès 0,22 mg/l, quel que soit le taux. Auparavant, elle durait 2, 3 ou 6 heures selon le taux : ces anciennes durées ne sont plus valables. Elle court à partir de la constatation. Avant de vous laisser repartir, la police vous impose un nouveau test ; si vous êtes encore à 0,22 mg/l ou plus, ou si vous refusez, l’interdiction est prolongée de 12 heures (art. 60, § 5).
Exemple : vous êtes contrôlé à 23 h à la sortie d’un restaurant à Mons, à 0,30 mg/l. Vous ne pouvez pas reprendre le volant avant 11 h le lendemain, et seulement après un nouveau contrôle.
Pendant l’interdiction, vous devez remettre votre permis à la police si elle vous le demande. Si ce n’est pas possible sur-le-champ, votre véhicule est retenu à vos frais, risques et périls (art. 61). Conduire malgré l’interdiction est puni comme un taux d’au moins 0,8 g/l (art. 34, § 2).
Retrait immédiat ou déchéance : deux choses différentes
Le retrait immédiat est une mesure prise juste après le contrôle, avant tout jugement, par le procureur du Roi ou un officier de police judiciaire (art. 55). La loi le permet dès qu’une interdiction de 12 heures est imposée ; en pratique, le tableau officiel prévoit un retrait de 15 jours à partir de 0,35 mg/l. Le tribunal peut le prolonger à la demande du procureur.
La déchéance du droit de conduire est une peine prononcée par le juge. Pour l’alcool, elle est possible dans tous les cas. Elle devient obligatoire en cas d’ivresse, de récidive, ou si vous avez votre permis B depuis moins de 2 ans.
Permis B depuis moins de 2 ans
Si vous êtes titulaire du permis B depuis moins de 2 ans et que le tribunal vous condamne pour une infraction d’alcool, le juge doit prononcer une déchéance (art. 38, § 5). Votre retour au volant dépend alors en principe de la réussite de l’examen théorique ou pratique ; une formation imposée par le juge peut compléter ces examens ou, selon la Région, les remplacer. Cela ne joue que si l’affaire est jugée. Mais au-delà de 1,2 g/l, aucune perception immédiate n’est proposée : le passage devant le juge est alors la règle.
Récidive et éthylotest antidémarrage
Une nouvelle infraction grave d’alcool dans les 3 ans d’une condamnation (à partir de 0,8 g/l, ou pour ivresse) entraîne une déchéance d’au moins 3 mois. Pour récupérer le droit de conduire, il faut alors en principe réussir quatre examens : théorique, pratique, médical et psychologique (art. 36 et 38, § 6). Le juge peut aussi limiter votre permis aux véhicules équipés d’un éthylotest antidémarrage, qui empêche de démarrer dès 0,09 mg/l. Il doit en principe le faire à partir de 0,78 mg/l (1,8 g/l) (art. 37/1 et 61quinquies).
L’ivresse : punissable sans aucun seuil
Conduire en état d’ivresse est une infraction distincte (art. 35). Elle ne dépend d’aucun taux : vous pouvez être poursuivi même sous 0,5 g/l si votre état le montre. La même règle vise l’état comparable causé par des drogues ou des médicaments. La déchéance est alors obligatoire : de 1 mois à 5 ans, ou définitive. Retenez la différence : l’imprégnation alcoolique se mesure, l’ivresse se constate.
Pas au volant, mais quand même concerné
Votre guide en filière libre
La personne qui vous accompagne pendant l’apprentissage est soumise aux mêmes interdictions que vous : pas 0,5 g/l ou plus, pas d’ivresse, pas de drogue (art. 34, 35 et 37bis). La police peut la faire souffler. Exemple : votre parent vous accompagne à Charleroi après un apéritif arrosé. S’il atteint 0,5 g/l, c’est lui qui commet l’infraction, même s’il ne tient pas le volant.
Prêter sa voiture ou pousser quelqu’un à conduire
Vous êtes vous-même en infraction si vous incitez délibérément à conduire une personne qui montre des signes évidents d’alcool ou d’ivresse, ou si vous lui confiez délibérément votre véhicule (art. 37). Exemple : à la fin d’une soirée à Louvain-la-Neuve, vous prêtez vos clés à un ami visiblement éméché. Vous êtes en infraction, même si vous restez à la fête. Proposez-lui plutôt un taxi, un transport en commun ou un conducteur sobre.
À vélo aussi
Un vélo est un véhicule au sens du Code de la route (art. 2.15.1). Le cycliste contrôlé avec au moins 0,22 mg/l commet donc une infraction et reçoit une interdiction de conduire de 12 heures. S’il n’a pas de permis à remettre, son vélo est retenu à ses frais, risques et périls (art. 61). Rentrer à vélo après une soirée arrosée à Ixelles n’est donc pas une solution sans risque. Voir aussi la leçon Cyclistes, speed pedelecs et trottinettes.
Appliquer la règle au quotidien
La meilleure décision se prend avant le premier verre, quand votre jugement est encore intact. Bruxelles Mobilité conseille de confier le volant à une personne de confiance qui n’a rien bu, ou de prendre les transports en commun (à Bruxelles, les bus de nuit Noctis roulent les nuits de week-end) ou un taxi. C’est aussi le principe du conducteur désigné, le « Bob » des campagnes de sécurité routière : une personne qui reste sobre toute la soirée.
- Barbecue entre amis à Namur : vous êtes venu en voiture. Décidez dès l’arrivée : soit vous ne buvez pas, soit quelqu’un de sobre ramène la voiture.
- Mariage dans le Brabant wallon : la soirée sera longue. Désignez qui conduit avant de partir, ou réservez un logement ou un taxi.
- Afterwork à Bruxelles : laissez la voiture au parking et rentrez en métro, en tram ou en bus.
- Le lendemain d’une fête : ne prévoyez pas la voiture tôt le matin. Le taux retenu est celui du moment du contrôle.
- Un médicament et un verre : l’alcool, les drogues et certains médicaments forment un mélange dangereux. Voyez la leçon Drogues et médicaments.
Bon à savoir : si vous êtes impliqué dans un accident, même comme victime, la police peut vous faire souffler. Ce que vous devez faire sur place est expliqué dans la leçon En cas d’accident.
L’alcool à l’examen théorique
Faute grave ou pas ? À l’examen, une faute grave coûte 5 points au lieu de 1, et deux fautes graves entraînent l’échec, quel que soit votre score. Sont des fautes graves les questions sur les infractions des 3e et 4e degrés (AR du 30 septembre 2005) et sur le dépassement de la vitesse maximale autorisée. Les infractions d’alcool sont prévues directement par la loi du 16 mars 1968 : elles ne figurent pas dans cette liste. Selon les textes, une erreur sur ces questions coûte donc en principe 1 point. Les centres d’examen ne publient toutefois pas le classement de leurs questions. Par ailleurs, l’obligation générale d’être en état de conduire (Code de la route, art. 8.3) est, elle, une infraction du 3e degré : une question qui porte sur ce point compte comme faute grave (−5). Toutes les fautes graves sont détaillées sur la page Fautes graves au permis théorique.
Attention à l’examen : une réponse qui propose un nombre de verres « autorisé », un taux plus bas pour le permis provisoire ou une interdiction de 3 ou 6 heures est fausse dans le droit actuel. Lisez bien l’unité : g/l (sang) ou mg/l (air expiré).
L’alcool n’est pas le seul état qui vous empêche de conduire en sécurité. La fatigue et le GSM sont traités dans la leçon Fatigue, distraction et GSM.
Définitions utiles
- Taux d'alcool dans le sang
- Quantité d'alcool mesurée par une prise de sang, en grammes par litre (g/l), aussi notée « pour mille » (‰). La limite générale est de 0,5 g/l (loi du 16 mars 1968, art. 34).
- Air alvéolaire expiré (AAE)
- Air qui vient du fond des poumons, mesuré lors d'un test ou d'une analyse de l'haleine, en milligrammes par litre (mg/l). La limite générale y correspond à 0,22 mg/l.
- Test d'haleine
- Dépistage rapide fait par la police. Il indique s'il y a de l'alcool, mais ne sert pas à établir le taux précis (loi du 16 mars 1968, art. 59).
- Analyse de l'haleine
- Mesure précise du taux d'alcool avec un appareil homologué. Vous pouvez demander une seconde analyse immédiate (art. 59).
- Interdiction temporaire de conduire
- Mesure imposée par la police juste après le contrôle : 12 heures dès 0,22 mg/l ou en cas de refus, depuis le 1er juillet 2026 (art. 60).
- Retrait immédiat du permis
- Mesure ordonnée avant tout jugement par le procureur du Roi ou un officier de police judiciaire. En pratique, 15 jours à partir de 0,35 mg/l (art. 55).
- Déchéance du droit de conduire
- Peine prononcée par le juge. Obligatoire notamment en cas d'ivresse, de récidive ou pour un titulaire du permis B depuis moins de 2 ans (art. 35 et 38).
- Ivresse
- État du conducteur constaté notamment par son comportement, punissable quel que soit le taux d'alcool mesuré (art. 35).
- Verre standard
- Dose servie au bar (pils, verre de vin, whisky) contenant environ 10 g d'alcool pur, selon Bruxelles Mobilité. Chaque verre fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l en moyenne.
- Éthylotest antidémarrage
- Appareil imposé par le juge qui empêche de démarrer le véhicule si le conducteur présente au moins 0,09 mg/l d'alcool (art. 37/1 et 61quinquies).
Autorisé ou interdit ?
| Situation | Verdict | Précision |
|---|---|---|
| Conduire votre voiture avec 0,3 g/l d'alcool dans le sang | Autorisé | Sous la limite de 0,5 g/l, pas d'infraction d'imprégnation alcoolique. Mais la conduite est déjà altérée et l'ivresse reste punissable quel que soit le taux (art. 35). |
| Conduire votre voiture avec 0,22 mg/l d'air expiré | Interdit | C'est exactement la limite (0,5 g/l de sang) : l'infraction commence à « au moins » 0,22 mg/l (art. 34, § 1er). |
| Conduire un bus avec 0,3 g/l d'alcool dans le sang | Interdit | Pour un véhicule qui exige un permis D, la limite est de 0,2 g/l (art. 34, § 3). |
| Conduire avec un permis provisoire et 0,3 g/l | Autorisé | Aucun taux spécial n'est prévu pour le permis provisoire : la limite est 0,5 g/l. Le choix le plus sûr reste de ne pas boire. |
| Accompagner un apprenti en tant que guide avec 0,6 g/l | Interdit | Le guide est soumis aux mêmes limites que le conducteur (art. 34). |
| Rentrer à vélo avec 0,25 mg/l d'air expiré | Interdit | La limite vise tout véhicule, vélo compris : infraction et interdiction de 12 heures (art. 34 et 60). |
| Refuser de souffler parce que vous n'avez « presque rien bu » | Interdit | Le refus est puni comme un taux d'au moins 0,8 g/l, avec 12 heures d'interdiction (art. 34, § 2, et 60, § 3). |
| Demander une seconde analyse de l'haleine | Autorisé | C'est un droit ; si les résultats concordent, le plus bas est retenu (art. 59). |
| Reprendre le volant dès la fin des 12 heures d'interdiction, sans nouveau contrôle | Interdit | Un nouveau test ou une nouvelle analyse est imposé avant toute reprise ; à 0,22 mg/l ou plus, l'interdiction est prolongée de 12 heures (art. 60, § 5). |
| Prêter votre voiture à un ami visiblement éméché | Interdit | Confier délibérément un véhicule à une personne qui montre des signes évidents d'alcool est une infraction (art. 37). |
À retenir
- Limite générale : 0,5 g/l de sang = 0,22 mg/l d'air alvéolaire expiré ; camions, bus et certains transports de personnes : 0,2 g/l = 0,09 mg/l.
- Pas de taux spécial pour les jeunes conducteurs ni pour le permis provisoire, mais une condamnation dans les 2 premières années du permis B impose une déchéance, avec en principe un examen à réussir pour reprendre le volant.
- Dès la limite : interdiction de conduire de 12 heures (depuis le 1er juillet 2026), puis nouveau contrôle avant de repartir.
- À partir de 0,8 g/l (0,35 mg/l) : amendes de 2 000 à 20 000 € devant le tribunal et, en pratique, retrait immédiat du permis pour 15 jours.
- Refuser le test ou conduire pendant l'interdiction est puni comme un taux d'au moins 0,8 g/l.
- L'ivresse est punissable quel que soit le taux, avec une déchéance obligatoire.
- Les limites valent aussi pour le guide d'un apprenti et pour le cycliste ; prêter sa voiture à une personne éméchée est interdit.
- Compter ses verres ne protège pas : un verre standard fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l en moyenne, avec de fortes variations.
Attention à l’examen
- Attention à l'examen : 0,22 mg/l (air expiré) correspond à 0,5 g/l (sang). Une réponse « 0,22 g/l » mélange les unités.
- Attention à l'examen : le permis provisoire n'a pas de taux réduit. La limite est 0,5 g/l, comme pour votre guide.
- Attention à l'examen : depuis le 1er juillet 2026, l'interdiction de conduire dure 12 heures dès 0,22 mg/l, quel que soit le taux. Les anciennes durées de 2, 3 ou 6 heures ne sont plus valables.
- Attention à l'examen : refuser le test n'est jamais la « bonne » réponse ; c'est puni comme un taux d'au moins 0,8 g/l.
- Attention à l'examen : la victime d'un accident peut aussi être soumise au test d'haleine.
- Attention à l'examen : retrait immédiat (mesure prise juste après le contrôle) et déchéance (peine prononcée par le juge) sont deux choses différentes.
Erreur fréquente
- Erreur fréquente : croire que deux verres « passent toujours ». Selon les moyennes officielles, deux verres peuvent déjà approcher 0,5 g/l.
- Erreur fréquente : penser que le vin est plus léger que la bière. Au bar, un verre de vin, une pils ou un whisky contiennent environ la même quantité d'alcool.
- Erreur fréquente : reprendre la voiture tôt le lendemain d'une soirée arrosée. Le taux retenu est celui du moment du contrôle.
- Erreur fréquente : rentrer à vélo « pour ne pas risquer le permis ». Le vélo est un véhicule : même limite et 12 heures d'interdiction.
- Erreur fréquente : laisser son guide conduire ou accompagner après l'apéritif. Le guide est soumis aux mêmes limites.
Cas particuliers
Un chauffeur professionnel au volant de sa voiture personnelle
Le seuil de 0,2 g/l dépend du véhicule conduit et de l'activité, pas du métier. Un chauffeur de bus qui rentre chez lui dans sa voiture est soumis à la limite de 0,5 g/l (loi du 16 mars 1968, art. 34, § 3).
Le test est impossible
Si le test ou l'analyse ne peut pas être fait pour une autre raison qu'un refus, par exemple parce que la personne est blessée, et qu'elle présente des signes évidents d'imprégnation alcoolique ou semble en état d'ivresse, l'interdiction de conduire de 12 heures s'applique quand même (art. 60, § 4). Une prise de sang peut alors être faite par un médecin requis (art. 63).
Le taux est sous la limite, mais votre comportement inquiète
L'ivresse ne dépend d'aucun seuil (art. 35). Un conducteur sous 0,5 g/l peut être poursuivi si son état le montre. Le Code de la route vous impose en outre d'être en état de conduire et de garder constamment le contrôle de votre véhicule (art. 8.3).
Alcool et médicaments
Certains médicaments renforcent les effets de l'alcool. Un état comparable à l'ivresse causé par des médicaments est punissable : la loi ne prévoit pas d'exception pour un médicament prescrit (art. 35). Voyez la leçon Drogues et médicaments.
Les règles vont-elles changer ?
Le nouveau Code de la voie publique remplacera le Code de la route de 1975 le 1er juin 2027. Les règles sur l'alcool ne sont pas dans ce Code : elles figurent dans la loi du 16 mars 1968, qui reste en vigueur. La loi du 25 mai 2026, qui a porté l'interdiction de conduire à 12 heures, prévoit une deuxième phase, liée à l'entrée en vigueur du nouveau Code pénal, pour aligner la loi sur ce Code. Cette leçon sera mise à jour dès que de nouveaux textes seront publiés et relus.
Questions fréquentes
Combien de verres puis-je boire avant de conduire ?
Aucun nombre de verres n'est garanti. La loi fixe un taux (0,5 g/l de sang ou 0,22 mg/l d'air expiré), pas un nombre de verres. Selon Bruxelles Mobilité, un verre standard contient environ 10 g d'alcool et fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l en moyenne, avec de fortes variations d'une personne à l'autre. Si vous conduisez, le plus sûr est de ne pas boire.
Avec un permis provisoire, la limite est-elle plus basse ?
Non. Le texte en vigueur ne prévoit aucun taux spécial pour le permis provisoire ni pour les jeunes conducteurs : la limite est de 0,5 g/l. En revanche, si vous avez votre permis B depuis moins de 2 ans et que le tribunal vous condamne, la déchéance est obligatoire, et votre retour au volant dépend en principe de la réussite de l'examen théorique ou pratique ; une formation imposée par le juge peut compléter ces examens ou, selon la Région, les remplacer (loi du 16 mars 1968, art. 38, § 5).
Que se passe-t-il si je refuse de souffler ?
Le refus de souffler est puni comme un taux d'au moins 0,8 g/l : amende de 2 000 à 20 000 € devant le tribunal (montants 2026) et interdiction de conduire de 12 heures (art. 34, § 2, et 60, § 3).
Combien de temps vais-je être interdit de conduire après un contrôle positif ?
12 heures à partir de la constatation, dès 0,22 mg/l, depuis le 1er juillet 2026. Avant de repartir, la police vous fait souffler à nouveau ; si vous êtes encore à 0,22 mg/l ou plus, ou si vous refusez, l'interdiction est prolongée de 12 heures (art. 60). À partir de 0,35 mg/l, votre permis est en pratique aussi retiré pour 15 jours.
Une erreur sur une question d'alcool est-elle une faute grave à l'examen ?
Selon les textes, les fautes graves (−5) sont les infractions des 3e et 4e degrés de l'AR du 30 septembre 2005 et le dépassement de la vitesse maximale autorisée. Les infractions d'alcool sont prévues par la loi du 16 mars 1968 et ne figurent pas dans cette liste : une erreur coûte donc en principe 1 point. L'obligation d'être en état de conduire (Code de la route, art. 8.3) est, elle, du 3e degré : faute grave. Les centres ne publient pas le classement de leurs questions.
Puis-je rentrer à vélo après avoir bu ?
Les mêmes limites s'appliquent : un vélo est un véhicule. Avec au moins 0,22 mg/l d'air expiré, vous êtes en infraction et vous recevez une interdiction de conduire de 12 heures ; votre vélo peut être retenu à vos frais (loi du 16 mars 1968, art. 34, 60 et 61).
Sources officielles
- Loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière, art. 34 à 38, 55, 59 à 63 et 61quinquies (texte consolidé) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Loi du 16 mars 1968, art. 38, § 5 (version générale et version Région flamande : formation en supplément ou en remplacement des examens) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- codedelaroute.be, « Conduite sous influence » (tableau des taux et des sanctions, 2026) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- codedelaroute.be, « Interdiction de conduire de 12 heures en cas de conduite sous l'emprise de l'alcool » (loi du 25 mai 2026) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Alcool, drogues et médicaments au volant » — Région de Bruxelles-Capitale (be.brussels)
- SPF Mobilité et Transports, fiche de sensibilisation « Au volant, pas d'alcool » — SPF Mobilité et Transports
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 2.15.1 et 8.3 — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- AR du 30 septembre 2005 désignant les infractions par degré, art. 3 et 4 — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Formation à la conduite et examens pour le permis de conduire B » (cotation de l'examen théorique) — Région de Bruxelles-Capitale (be.brussels)
- Vias institute, « Éthylotest antidémarrage » — Vias institute
- SPF Mobilité et Transports, « Code de la voie publique » (entrée en vigueur le 1er juin 2027) — SPF Mobilité et Transports
Dernière vérification réglementaire : 30/10/2026
Une erreur ou un changement de réglementation ? Signalez-le-nous.
Testez-vous : 4 questions gratuites
Question 1 / 4
Question 2 / 4
Question 3 / 4
Question 4 / 4