La distance d'arrêt est la distance de réaction, parcourue à pleine vitesse avant de freiner, plus la distance de freinage. Elle passe d'environ 13 m à 30 km/h à environ 26 m à 50 km/h, et à environ 64 m à 90 km/h. Le Code de la route vous impose de pouvoir toujours vous arrêter devant un obstacle prévisible : votre distance d'arrêt doit rester plus courte que la route que vous voyez libre.
Dans cette leçon, vous allez apprendre à :
- Distinguer la distance de réaction, la distance de freinage et la distance d'arrêt.
- Calculer une distance de réaction avec la règle « vitesse ÷ 3,6 » et raisonner en facteurs pour la distance de freinage.
- Savoir ce qui allonge chaque distance : vitesse, état du conducteur, route, pneus, freins et charge.
- Appliquer l'obligation de pouvoir s'arrêter devant un obstacle prévisible en ville, la nuit, par mauvais temps et sur autoroute.
- Repérer, parmi les règles liées, celles qui comptent comme fautes graves à l'examen.
Entre le moment où vous voyez un danger et celui où votre voiture est immobile, vous parcourez toujours deux distances : la distance de réaction, pendant laquelle vous n’avez pas encore touché au frein, puis la distance de freinage. Leur somme est la distance d’arrêt. Dans une rue à 30 km/h, il vous faut environ 13 m pour vous arrêter ; à 50 km/h, environ 26 m, soit le double. Le Code de la route ne vous demande pas de retenir ces chiffres. Il vous impose une seule chose : pouvoir vous arrêter devant un obstacle prévisible, en toute circonstance (art. 10.1, 3°).
L’essentiel en cinq points
- Distance d’arrêt = distance de réaction + distance de freinage.
- Le temps de réaction d’un conducteur attentif est de près d’une seconde. Pendant ce temps, la voiture roule encore à pleine vitesse.
- La distance de réaction augmente proportionnellement à la vitesse : deux fois plus vite, deux fois plus de mètres.
- La distance de freinage augmente avec le carré de la vitesse : deux fois plus vite, environ quatre fois plus de mètres.
- Votre distance d’arrêt doit rester plus courte que la portion de route que vous voyez libre devant vous.
Trois distances, une seule question : pourrez-vous vous arrêter ?
Imaginez que vous roulez avenue de Tervueren et qu’un ballon roule sur la chaussée devant vous. Trois phases se succèdent. Vous percevez le ballon et vous comprenez qu’un enfant pourrait le suivre. Vous décidez de freiner et votre pied passe de l’accélérateur au frein. Puis la voiture ralentit jusqu’à l’arrêt. Les deux premières phases forment le temps de réaction ; la troisième, le freinage.
| Distance | Elle commence… | Elle se termine… | Elle dépend surtout de… |
|---|---|---|---|
| Distance de réaction | quand vous percevez le danger | quand vous appuyez sur le frein | votre vitesse et votre temps de réaction (attention, fatigue, alcool, distraction) |
| Distance de freinage | quand vous appuyez sur le frein | à l’arrêt complet du véhicule | votre vitesse, l’état de la route, des pneus et des freins, la charge du véhicule |
| Distance d’arrêt | quand vous percevez le danger | à l’arrêt complet du véhicule | tout ce qui précède : c’est la somme des deux |
Le Code de la route ne définit pas ces notions techniques et ne fixe aucun temps de réaction ni aucune distance d’arrêt. Les chiffres de cette leçon viennent de l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR), de la Région de Bruxelles-Capitale et de l’institut Vias.
Ce que dit le Code de la route
L’article 10.1 du Code de la route contient trois obligations qui reposent toutes sur la distance d’arrêt :
- Adapter sa vitesse (art. 10.1, 1°) à la présence d’autres usagers, en particulier les plus vulnérables, aux conditions climatiques, à la disposition des lieux, à la densité de la circulation, au champ de visibilité, à l’état de la route et à l’état et au chargement du véhicule. Votre vitesse ne peut être ni une cause d’accident ni une gêne pour la circulation.
- Garder une distance de sécurité suffisante avec le véhicule qui vous précède, compte tenu de votre vitesse (art. 10.1, 2°).
- Pouvoir s’arrêter devant un obstacle prévisible, en toute circonstance (art. 10.1, 3°).
La troisième obligation est la clé de cette leçon. Elle se traduit simplement : votre distance d’arrêt doit rester plus courte que la distance que vous voyez libre devant vous. Une file arrêtée derrière un virage, un véhicule qui attend pour tourner à gauche, un tracteur sur une route de campagne ou un piéton au bord de la chaussée la nuit sont des obstacles prévisibles. Si vous les heurtez, c’est que votre vitesse n’était pas adaptée, même si vous respectiez la limite affichée.
La distance de réaction
Le temps de réaction : près d’une seconde
Selon l’AWSR, même un conducteur attentif met généralement près d’une seconde à réagir. Face à un événement totalement imprévu, l’institut Vias cite un temps de réaction moyen d’environ 1,5 seconde. Pendant ce temps, vous ne freinez pas encore : votre voiture continue à rouler à la même vitesse.
Calculer la distance parcourue en une seconde
Pour passer des km/h aux mètres par seconde, divisez la vitesse par 3,6. Avec un temps de réaction d’une seconde, vous obtenez directement la distance de réaction.
| Vitesse | Mètres parcourus en 1 seconde | Exemple de lieu |
|---|---|---|
| 30 km/h | environ 8 m | rue de quartier à Bruxelles, zone 30, abords d’école |
| 50 km/h | environ 14 m | agglomération en Wallonie ou en Flandre |
| 70 km/h | environ 19 m | route hors agglomération en Flandre ou à Bruxelles |
| 90 km/h | 25 m | route hors agglomération en Wallonie |
| 120 km/h | environ 33 m | autoroute |
Quelques valeurs tombent juste et sont pratiques à l’examen : 36 km/h = 10 m par seconde, 72 km/h = 20 m par seconde, 108 km/h = 30 m par seconde.
Ce qui allonge le temps de réaction
Selon l’institut Vias, l’alcool, les drogues et la distraction ralentissent le temps de réaction, et un conducteur fatigué peut avoir besoin de plus de marge pour s’arrêter en sécurité. Le temps de réaction peut aussi être plus long chez les conducteurs inexpérimentés, qui doivent encore réfléchir à beaucoup de gestes, et chez les conducteurs âgés.
Chaque fraction de seconde se paie en mètres. À 90 km/h, une demi-seconde de réaction en plus représente environ 12,5 m parcourus sans freiner. Un regard sur votre GSM, la fin d’une longue journée de travail ou un verre de trop suffisent à perdre ces mètres. Les leçons Fatigue, distraction et GSM, Alcool au volant et Drogues et médicaments détaillent ces risques.
Faute grave à l’examen Tenir en main ou manipuler un GSM ou un autre appareil électronique à écran en conduisant est une infraction du 3e degré (Code de la route, art. 8.4 ; AR du 30 septembre 2005, art. 3, 2°/2). Ne pas être en état de conduire ou ne pas garder constamment le contrôle de son véhicule (art. 8.3) l’est aussi. Une erreur sur ces questions coûte 5 points.
La distance de freinage
Elle augmente avec le carré de la vitesse
L’institut Vias le rappelle : la distance de freinage augmente avec le carré de la vitesse. Concrètement, à conditions identiques :
- vitesse × 2 : distance de freinage environ × 4 ;
- vitesse × 3 : distance de freinage environ × 9 ;
- de 30 à 50 km/h : distance de freinage multipliée par près de 3 (50² ÷ 30² ≈ 2,8).
C’est pour cela que quelques km/h de plus pèsent si lourd. La distance de réaction grandit au même rythme que la vitesse ; la distance de freinage, beaucoup plus vite. La distance d’arrêt totale augmente donc plus vite que la vitesse.
| À 30 km/h | À 60 km/h | Facteur | |
|---|---|---|---|
| Distance de réaction | environ 8 m | environ 17 m | × 2 |
| Distance de freinage | environ 5 m | environ 20 m | × 4 |
| Distance d’arrêt | environ 13 m | environ 37 m | près de × 3 |
La route, les pneus, les freins et la charge
Contrairement à la distance de réaction, la distance de freinage dépend du véhicule et de la route. Le Code vous impose d’ailleurs d’adapter votre vitesse à l’état de la route ainsi qu’à l’état et au chargement de votre véhicule (art. 10.1, 1°).
- Route mouillée, neige, verglas : les pneus adhèrent moins bien. Selon l’AWSR, à 70 km/h sur route humide, il vous faut près de 25 m de plus pour vous arrêter que sur route sèche. Sur la neige ou le verglas, l’écart est encore plus grand.
- Pneus et freins : des pneus usés ou des freins mal entretenus allongent le freinage. Voir les leçons Les pneus et Freins, direction et suspension.
- Masse et chargement : un véhicule lourd ou très chargé met plus de distance à s’arrêter. Selon l’AWSR, à 90 km/h, un camion a besoin de 10 à 20 m de plus qu’une voiture.
- Disposition des lieux : dans une forte descente, le poids du véhicule le pousse vers l’avant pendant le freinage. Réduisez votre vitesse avant la pente, pas au milieu.
Le signal A15 annonce une chaussée glissante, le signal A3 une descente dangereuse. Message commun : votre distance de freinage va s’allonger, ralentissez avant.
Les chiffres à connaître
Retenez des ordres de grandeur : les valeurs exactes varient selon le conducteur, le véhicule et la route.
| Vitesse | Distance de réaction | Distance de freinage | Distance d’arrêt | Source |
|---|---|---|---|---|
| 30 km/h | environ 8 m | environ 5 m | environ 13 m | Région de Bruxelles-Capitale |
| 50 km/h | environ 14 m | environ 13 m | environ 26 m | Région de Bruxelles-Capitale |
| 90 km/h | environ 25 m (1 s) | le reste, soit près de 40 m | environ 64 m | AWSR (distance d’arrêt) |
À 90 km/h, l’AWSR donne la distance d’arrêt totale ; la répartition entre réaction et freinage est un calcul indicatif avec une seconde de réaction. Les valeurs à 30 et 50 km/h sont arrondies par la Région bruxelloise.
30 ou 50 km/h : la différence qui sauve
Comparez deux voitures qui roulent dans la même rue quand un enfant surgit entre deux voitures garées, à 13 m devant elles. La voiture qui roule à 30 km/h s’arrête juste à temps. Celle qui roule à 50 km/h a parcouru ces 13 m pendant le temps de réaction du conducteur : elle n’a même pas encore commencé à freiner et heurte l’enfant presque à 50 km/h.
Les conséquences sont très différentes. Selon l’AWSR, un piéton heurté à 30 km/h a environ 1 % de risque de mourir. Ce risque est environ 5 fois plus élevé à 50 km/h, et il atteint environ un piéton sur deux à 70 km/h. C’est l’une des raisons des 30 km/h par défaut en agglomération à Bruxelles depuis 2021 et des zones 30. Voir la leçon Les limitations de vitesse.
Pourquoi cette règle existe
Beaucoup de conducteurs sous-estiment leur distance d’arrêt : ils oublient la seconde de réaction et croient que la distance suit simplement la vitesse.
L’article 10.1, 3° ne donne pas de chiffre, et c’est voulu : il s’adapte à toutes les situations. Une même vitesse peut être parfaitement sûre sur une route dégagée en plein jour et dangereuse dans un virage sans visibilité, de nuit ou sous la pluie. Ce qui compte n’est pas le chiffre sur le panneau, mais la question : si un obstacle apparaît au bout de ce que je vois, puis-je m’arrêter avant ?
Appliquer la règle au quotidien
En ville : les dangers surgissent de près
En agglomération, les obstacles apparaissent souvent à courte distance : une portière qui s’ouvre, un enfant qui traverse entre deux voitures, un cycliste qui débouche d’une rue latérale, un bus qui s’arrête. Votre distance de visibilité est courte, votre vitesse doit l’être aussi. Aux endroits fréquentés par des enfants et à l’approche des passages pour piétons, des signaux de danger vous préviennent à l’avance.
Le signal A23 annonce un endroit spécialement fréquenté par des enfants ; le signal A21, un passage pour piétons. Quand vous approchez d’un passage pour piétons où la circulation n’est réglée ni par des feux ni par un agent, vous devez vous en approcher à allure modérée et céder le passage aux piétons qui y sont engagés ou sur le point de s’y engager (art. 40.4.2). Approcher à allure modérée, c’est rouler assez lentement pour que votre distance d’arrêt vous permette de vous arrêter avant le passage.
Faute grave à l’examen Ne pas approcher à allure modérée d’un passage pour piétons non réglé, ou ne pas céder le passage aux piétons qui y sont engagés ou sur le point de s’y engager, est une infraction du 3e degré (AR du 30 septembre 2005, art. 3, 27°). Voir la leçon Les piétons.
Hors agglomération, la nuit ou par brouillard
De nuit, vous ne voyez que ce que vos phares éclairent. En feux de croisement, cette distance est nettement plus courte qu’en feux de route. Par brouillard, elle peut se réduire à quelques dizaines de mètres. Or, à 90 km/h, il faut environ 64 m pour s’arrêter sur route sèche. Si vous ne voyez pas aussi loin, vous roulez trop vite pour la situation, même sous la limite.
Sur une route sans trottoir, le piéton marche en principe à gauche par rapport à son sens de marche : il vient donc souvent en face de vous, sur votre bord droit. Voir aussi la leçon Les feux du véhicule.
Sur autoroute : regarder loin devant
À 120 km/h, vous parcourez environ 33 m par seconde. Une file à l’arrêt après un virage est un obstacle fixe : il vous faut toute votre distance d’arrêt. Regardez loin devant et levez le pied dès que la circulation se densifie. Après avoir dépassé un camion, ne vous rabattez pas juste devant lui : il lui faut plus de distance qu’à vous pour s’arrêter.
Derrière un autre véhicule : distance d’arrêt et distance de sécurité
La distance d’arrêt et la distance de sécurité sont deux notions différentes. La distance de sécurité est l’écart que vous gardez avec le véhicule qui vous précède (art. 10.1, 2°). Le Code ne la chiffre pas pour les voitures ; en pratique, on applique la règle des 2 secondes sur route sèche, 3 secondes sur route mouillée et 4 secondes sur la neige ou le verglas, comme le recommande l’AWSR.
Pourquoi 2 secondes suffisent-elles alors que votre distance d’arrêt est plus longue ? Parce que le véhicule qui vous précède a lui aussi besoin d’une distance de freinage. Selon l’institut Vias, 2 secondes permettent à un conducteur moyen de réagir sans risque si ce véhicule freine subitement. Face à un obstacle immobile, en revanche, c’est votre distance d’arrêt complète qui compte. La méthode pour mesurer vos 2 secondes est expliquée dans la leçon La distance de sécurité.
Erreur fréquente Confondre distance de sécurité et distance d’arrêt. Deux secondes derrière une voiture qui roule, c’est suffisant par temps sec. Deux secondes de visibilité devant un obstacle arrêté, c’est beaucoup trop peu : à 90 km/h, vous auriez 50 m pour vous arrêter alors qu’il vous en faut environ 64.
La méthode de calcul pour l’examen
Les questions d’entraînement sur ce thème portent surtout sur les principes. Voici la démarche à suivre :
- Identifiez la distance demandée. Réaction, freinage ou arrêt ? La distance d’arrêt commence au moment où vous percevez le danger, pas au moment où vous freinez.
- Distance de réaction : vitesse ÷ 3,6 × temps de réaction. Exemple : à 72 km/h avec 1 seconde de réaction, 20 m ; avec 2 secondes, 40 m.
- Distance de freinage : raisonnez en facteurs. Si la vitesse double, la distance de freinage est multipliée par 4 ; si elle triple, par 9.
- Distance d’arrêt : additionnez les deux. Si la vitesse double, la distance d’arrêt fait plus que doubler, mais moins que quadrupler.
Attention à l’examen Une question peut vous demander ce qui influence la distance de réaction. L’état de la route, l’usure des pneus ou la charge du véhicule n’y changent rien : ils jouent sur la distance de freinage. Inversement, un conducteur distrait ou fatigué allonge la distance de réaction, pas la distance de freinage.
Distances d’arrêt et note de l’examen
À l’examen théorique, il faut au moins 41/50. Une erreur ordinaire coûte 1 point. Une erreur sur une infraction du 3e ou du 4e degré, ou sur le dépassement de la vitesse maximale autorisée, coûte 5 points, et deux fautes graves entraînent l’échec, dans les trois régions. Adapter sa vitesse et pouvoir s’arrêter devant un obstacle prévisible sont des obligations du 2e degré (−1). Plusieurs règles voisines sont en revanche des fautes graves.
| Infraction | Référence | Degré | À l’examen |
|---|---|---|---|
| Vitesse non adaptée aux circonstances | Art. 10.1, 1° | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
| Ne pas pouvoir s’arrêter devant un obstacle prévisible | Art. 10.1, 3° | 2e | Erreur ordinaire (−1) |
| Distance de sécurité insuffisante | Art. 10.1, 2° | 1er | Erreur ordinaire (−1) |
| Freinage soudain sans raison de sécurité | Art. 10.2 | 1er | Erreur ordinaire (−1) |
| Dépasser la vitesse maximale autorisée | Art. 11 et signaux C43 | pas de degré | Faute grave (−5) |
| GSM tenu en main ou manipulé en conduisant | Art. 8.4 | 3e | Faute grave (−5) |
| Ne pas être en état de conduire ou perdre le contrôle de son véhicule | Art. 8.3 | 3e | Faute grave (−5) |
| Approcher trop vite d’un passage pour piétons non réglé ou ne pas céder le passage aux piétons | Art. 40.4.2 | 3e | Faute grave (−5) |
| Inciter ou provoquer un conducteur à rouler à une vitesse excessive | Art. 10.4 | 4e | Faute grave (−5) |
Ne confondez donc pas une vitesse inadaptée (2e degré, −1) et une vitesse excessive, c’est-à-dire au-delà de la limite (faute grave, −5). La liste complète est expliquée sur la page Fautes graves au permis théorique.
Cette leçon prépare la suivante : La distance de sécurité, où vous apprendrez à appliquer la règle des 2 secondes derrière un autre véhicule.
Définitions utiles
- Temps de réaction
- Temps qui s'écoule entre la perception d'un danger et le début de l'action, par exemple l'appui sur le frein. Près d'une seconde pour un conducteur attentif selon l'AWSR, environ 1,5 seconde en moyenne face à un événement totalement imprévu selon l'institut Vias.
- Distance de réaction
- Distance parcourue pendant le temps de réaction, avant le début du freinage. Le véhicule roule encore à pleine vitesse. Elle augmente proportionnellement à la vitesse.
- Distance de freinage
- Distance parcourue entre le début du freinage et l'arrêt complet du véhicule. Elle augmente avec le carré de la vitesse et dépend de la route, des pneus, des freins et de la charge.
- Distance d'arrêt
- Distance parcourue entre la perception du danger et l'arrêt complet : distance de réaction + distance de freinage.
- Obstacle prévisible
- Obstacle qu'un conducteur attentif doit envisager : file arrêtée derrière un virage, véhicule qui attend pour tourner, piéton au bord de la route. Le Code impose de pouvoir s'arrêter devant lui en toute circonstance (art. 10.1, 3°).
- Distance de sécurité
- Écart à garder avec le véhicule qui vous précède, compte tenu de votre vitesse (art. 10.1, 2°). En pratique : au moins 2 secondes sur route sèche. À ne pas confondre avec la distance d'arrêt.
Autorisé ou interdit ?
| Situation | Verdict | Précision |
|---|---|---|
| Rouler à 90 km/h par brouillard épais sur une route wallonne limitée à 90 km/h | Interdit | Vous respectez la limite, mais vous ne pouvez plus vous arrêter dans la distance que vous voyez : vitesse non adaptée (art. 10.1, 1° et 3°, 2e degré). |
| Rouler nettement sous la limite par brouillard, pluie forte ou verglas | Autorisé | C'est l'adaptation de la vitesse exigée par l'art. 10.1. L'interdiction de rouler à une vitesse anormalement réduite ne vise que l'absence de raison valable (art. 10.2). |
| Rouler à 50 km/h dans une rue wallonne limitée à 50 km/h où des enfants jouent près de la chaussée | Sous conditions | La limite est respectée, mais vous devez adapter votre vitesse aux usagers vulnérables et pouvoir vous arrêter si un enfant traverse (art. 10.1). |
| Freiner brusquement pour éviter un enfant qui traverse | Autorisé | Le freinage soudain est justement permis quand la sécurité l'exige (art. 10.2). |
| Freiner brusquement pour « donner une leçon » au conducteur qui vous suit de trop près | Interdit | Freinage soudain non exigé par des raisons de sécurité (art. 10.2). |
| Tenir son GSM en main pour lire un message en roulant | Interdit | Le regard quitte la route et le temps de réaction s'allonge. Infraction du 3e degré (art. 8.4) : faute grave à l'examen. |
| Rouler de nuit en feux de croisement à une vitesse qui ne permet pas de s'arrêter dans la zone éclairée | Interdit | Vous ne pourriez pas vous arrêter devant un obstacle prévisible (art. 10.1, 3°). |
| Garder 2 secondes d'intervalle sur une route enneigée | Sous conditions | Le Code impose une distance « suffisante » : sur la neige ou le verglas, l'AWSR recommande au moins 4 secondes, car la distance de freinage s'allonge. |
| Dépasser la limite de vitesse parce que la route est sèche et dégagée | Interdit | La limite est un maximum absolu. Tout dépassement de la vitesse maximale autorisée est une faute grave à l'examen. |
| Suivre de très près un conducteur pour le pousser à accélérer | Interdit | Incitation à une vitesse excessive (art. 10.4) : infraction du 4e degré, faute grave à l'examen. |
À retenir
- Distance d'arrêt = distance de réaction + distance de freinage.
- Le temps de réaction est de près d'une seconde pour un conducteur attentif ; pendant ce temps, la voiture roule à pleine vitesse.
- Distance de réaction : vitesse ÷ 3,6 par seconde de réaction ; elle double quand la vitesse double.
- Distance de freinage : elle est multipliée par 4 quand la vitesse double, par 9 quand elle triple.
- Ordres de grandeur sur route sèche : environ 13 m à 30 km/h, 26 m à 50 km/h, 64 m à 90 km/h.
- Route mouillée, neige, pneus usés ou véhicule chargé allongent le freinage ; fatigue, alcool, drogues et distraction allongent la réaction.
- Le Code impose de pouvoir s'arrêter devant un obstacle prévisible : votre distance d'arrêt doit rester plus courte que la route que vous voyez libre.
- Vitesse non adaptée : 2e degré (−1) ; dépassement de la vitesse maximale, GSM en main : fautes graves (−5).
Attention à l’examen
- Attention à l'examen : la distance d'arrêt commence quand vous percevez le danger, pas quand vous appuyez sur le frein.
- Attention à l'examen : si la vitesse double, la distance de freinage est multipliée par 4, pas par 2 ; la distance d'arrêt fait plus que doubler.
- Attention à l'examen : une route mouillée allonge la distance de freinage, pas la distance de réaction ; la fatigue allonge la distance de réaction, pas la distance de freinage.
- Attention à l'examen : pendant le temps de réaction, le véhicule ne ralentit pas encore ; il parcourt cette distance à sa vitesse de départ.
- Attention à l'examen : respecter la limite ne suffit pas ; une vitesse inadaptée est une infraction (2e degré, −1), à ne pas confondre avec le dépassement de la vitesse maximale (faute grave, −5).
- Attention à l'examen : la règle des 2 secondes est une distance de sécurité derrière un véhicule qui roule, pas une distance d'arrêt devant un obstacle immobile.
Erreur fréquente
- Erreur fréquente : oublier la seconde de réaction et ne penser qu'au freinage, ce qui fait sous-estimer la distance d'arrêt d'environ 14 m à 50 km/h.
- Erreur fréquente : croire qu'en passant de 30 à 50 km/h la distance d'arrêt augmente un peu ; elle double.
- Erreur fréquente : régler sa vitesse sur le panneau plutôt que sur la distance visible, de nuit en feux de croisement ou par brouillard.
- Erreur fréquente : garder 2 secondes d'intervalle sous la pluie ou sur la neige, alors que la distance de freinage s'allonge.
- Erreur fréquente : se croire assez rapide pour réagir à temps ; même un conducteur attentif met près d'une seconde.
Cas particuliers
Véhicule chargé, remorque ou caravane
Un véhicule lourdement chargé, ou une voiture qui tracte une remorque, a besoin de plus de distance pour s'arrêter. Le Code vous impose d'adapter votre vitesse à l'état et au chargement de votre véhicule (art. 10.1, 1°). Les règles propres aux remorques sont expliquées dans la leçon Chargement, dimensions et remorque.
Deux-roues et piétons autour de vous
Un cycliste, un speed pedelec ou un cyclomoteur peut arriver plus vite que vous ne le pensez, et un piéton peut s'engager sans vous avoir vu. Le Code demande de régler votre vitesse en tenant compte en particulier des usagers les plus vulnérables (art. 10.1, 1°). Voir la leçon Enfants, personnes âgées et personnes à mobilité réduite.
Conducteur débutant
Selon l'institut Vias, le temps de réaction peut être plus long chez les conducteurs inexpérimentés, qui doivent encore penser à beaucoup de gestes. Pendant vos premiers mois de conduite, gardez une marge plus grande que les chiffres de cette leçon.
Réforme annoncée
Le Code de la route de 1975 reste applicable jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau Code de la voie publique, prévue le 1er juin 2027. La numérotation des articles cités ici changera. Selon l'institut Vias, le nouveau Code devrait aussi introduire une distance minimale entre véhicules exprimée en temps ; sa formulation exacte devra être vérifiée à ce moment. Cette leçon sera mise à jour.
Questions fréquentes
Quelle est la distance d'arrêt à 50 km/h ?
Environ 26 m sur route sèche selon la Région de Bruxelles-Capitale : environ 14 m pendant le temps de réaction et environ 13 m de freinage. À 30 km/h, elle n'est que d'environ 13 m. Sur route mouillée, ces distances s'allongent.
Comment calculer la distance de réaction ?
Divisez la vitesse en km/h par 3,6 pour obtenir les mètres parcourus en une seconde, puis multipliez par le temps de réaction. À 90 km/h avec une seconde de réaction : 90 ÷ 3,6 = 25 m.
Si je roule deux fois plus vite, ma distance de freinage double-t-elle ?
Non, elle est environ quatre fois plus longue, car la distance de freinage augmente avec le carré de la vitesse. La distance de réaction, elle, double. La distance d'arrêt totale fait donc plus que doubler.
Qu'est-ce qui allonge le temps de réaction ?
Selon l'institut Vias, l'alcool, les drogues et la distraction, comme un regard sur votre GSM, ralentissent le temps de réaction. La fatigue joue dans le même sens : un conducteur fatigué a besoin de plus de marge. Le temps de réaction peut aussi être plus long chez les conducteurs inexpérimentés ou âgés.
Distance d'arrêt et distance de sécurité, est-ce la même chose ?
Non. La distance d'arrêt est la distance nécessaire pour vous arrêter devant un obstacle. La distance de sécurité est l'écart avec le véhicule qui vous précède (art. 10.1, 2°) : en pratique, au moins 2 secondes sur route sèche, 3 sur route mouillée et 4 sur la neige ou le verglas.
Rouler trop vite pour les circonstances est-il une faute grave à l'examen ?
Non. Une vitesse non adaptée aux circonstances (art. 10.1) est une infraction du 2e degré : une erreur coûte 1 point. En revanche, une question sur le dépassement de la vitesse maximale autorisée compte comme faute grave (−5), et deux fautes graves entraînent l'échec.
Sources officielles
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), art. 10 « Vitesse » (art. 10.1, 10.2 et 10.4) — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Code de la route (AR du 1er décembre 1975), version consolidée : art. 8.3, 8.4 et 40.4.2 — codedelaroute.be (SPF Mobilité et Transports / Vias institute)
- Région de Bruxelles-Capitale, « Limited speed, everyone benefits » (distances d'arrêt à 30 et 50 km/h) — Région de Bruxelles-Capitale (Bruxelles Mobilité)
- AWSR, « Distances de sécurité sur la route » — Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR)
- AWSR, « Vitesse et sécurité routière » — Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR)
- Institut Vias, Dossier thématique Sécurité routière n° 9 « Vitesse et vitesse excessive » (rapport 2020-T-01-FR), p. 7 — Institut Vias
- Institut Vias, « Mesure de comportement relative aux distances » (rapport 2023-R-30-FR), p. 9-10 — Institut Vias
- AR du 30 septembre 2005 désignant les infractions par degré, art. 2, 3 et 4 — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- AR du 23 mars 1998 relatif au permis de conduire, annexe 4 (mode de cotation, versions régionales) — SPF Justice – Moniteur belge (Justel)
- Mon permis de conduire (Wallonie), « Examen théorique » — SPW / AWSR (Wallonie)
- SPF Mobilité et Transports, « Code de la voie publique (01/06/2027) » — SPF Mobilité et Transports
Dernière vérification réglementaire : 30/10/2026
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